‹ La femme pendant la période menstruelleChapitre 18 sur 46 · HYSTÉRIE ET MENSTRUATION · texte numérisé non relu

HYSTÉRIE ET MENSTRUATION

Je n'ai pas à insister sur l'e'tat mental des hystériques : la question est classique. Rien n'est plus fréquent chez elles que la rapidité et la soudaineté des impressions et des actes (Bail). Elles deviennent subitement homicides, voleuses, incendiaires, etc., etc. Ellessontsurtoutsimulatrices, feignent le suicide, quelquefois même le recherchent. Elles ont des hallucinations des sens, et plus spécialement du sens génital; elles présentent aussi des perversions des sentiments religieux.

La véritable formule de l'état mental des hystériques a été donnée par M. Huchard, dans son intéressant travail publié dans les Archives de Neurologie, 1882. « Les hystériques, ditil, ne savent pas. ne peuvent pas, ne veulent pas vouloir. » Ce qui constitue en effet le fond propre de cette névrose, c'est la faiblesse de volonté, jointe à un besoin perpétuel de s'agiter, d'intriguer, de faire parler autour de soi. Pour arriver à ce but, les hystériques ne reculent devant aucun moyen, tous sont bons; mais elles emploient de préférence le mensonge et la calomnie : elles en possèdent en quelque sorte le génie, c'est là leur arme favorite et elles la manient avec la plus grande habileté. Morel nous dit qu'elles trompent aussi bien leurs maris, leurs parents, que leurs confesseurs ou leurs médecins. Lassègue insiste sur leur duplicité; il en a rencontré chez qui le besoin de tromper s'exaltait jusqu'au délire. Très tenaces et audacieuses, pleines de ruse et de sagacité, elles savent donner de la vraisemblance à tout ce qu'elles racontent, et finissent souvent par convaincre ceux-là mêmes qui sont en garde contre leurs artifices.

« Cette déplorable tendance à la calomnie, dit le professeur Bail (loc. cit., p. 525), peut atteindre, chez les hysté-

riques les proportions d'un crime. L'une des accusations le plus fréquemment proférées, estcelle de viol.» Des procès en ont souvent été la conséquence, et nombreuses sont les victimes des hystériques. Or, dans la plupart des cas, la menstruation n'a pas été l'objet d'un examen sérieux de la part du médecin expert, lorsque toutefois, celui-ci n'a pas omis d'y porter son attention. C'était là une très grande faute ; on en conviendra par ce qui suit.

1. Début de l'hystérie et menstruation. — D'après le; recherches de Georget, de Beau, de Landouzy et de Briquet, c'est dans l'intervalle compris entre dix et vingt ans, c'est-àdire vers la puberté ou à une époque plus ou moins rapprochée ou éloignée de celle-ci, que l'hystérie fait sa plus fréquente apparition. Sur un total de 821 malades examinées par ces auteurs, plus de la moitié ont eu leurs premières attaques à cette époque : 157 entre dix et quinze ans, 259 entre quinze et vingt ans, 39 seulement sont devenues hystériques au moment de la ménopause ou après la disparition des règles.

La statistique de Briquet i se compose de 392 hystériques de tout âge jusqu'à soixante-cinq ans. Sur ce nombre 221 doivent invoquer l'influence de la puberté dans l'étiologie de leur maladie. Bien que cet auteur ne soit pas favorable à la théorie de l'influence menstruelle sur le développement de l'hystérie, il n'en conclut pas moins d'une façon générale que la menstruation chez les 3/8 des femmes peut être considérée comme cause prédisposante. Il a constaté, onze fois sur vingt, la suppression subite des règles immédiatement suivie d'accidents hystériques; il cite 22 femmes chez lesquelles l'apparition des premiers phénomènes de la maladie coïncida avec une époque menstruelle': 7 avec la première époque, 15 avec des époques ultérieures.

1 Briquet. Traité clinique et thérapeutique de l'hystérie. Paris, 1859,

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