ÉPILEPSIE ET MENSTRUATION
Le délire des épileptiques est impulsif et brusque ; il peut accompagner une attaque de petit mal, difficile à diagnostiquer et passant souvent inaperçue. L'impulsion peut même exister en dehors de toute attaque apparente et constituer à elle seule toute la maladie. C'est là une forme larvée de l'épilepsie, relativement assez fréquente et qui met bien souvent des irresponsables aux prises avec la justice.
La première période menstruelle, au dire des auteurs, est capable de juger l'épilepsie essentielle, désignée sous l'expression de mal des enfants. « Ceux qui sont pris d'épilepsie avant la puberté, dit Esquirol (p. 157), guérissent lorsque cette crise est finie. »
Beau (p. 34 i) a établi que c'est à la puberté que l'épilepsie a sa plus grande fréquence, chez la jeune fille surtout. Sur neuf femmes, la maladie s'est développée de douze à quinze ans trois fois ; de quinze à vingt ans, quatre fois.
La circonstance qui agit comme cause occasionnelle dans l'apparition de l'épilepsie, peut être suivie immédiatement de son effet ou être séparée par un intervalle plus ou moins long. A ce sujet, voici les chiffres donnés par Beau :
Épileptiques chez qui la cause a agi au moment des règles 30
chez qui l'effet a été immédiat 17
chez qui l'effet a été médiat 4
chez qui l'effet a été douteux 4
— chez qui l'effet a été nul îi
s. ICARD.
L'observation faite pour l'hystérie par Pinel Scipion et Beau, les mêmes auteurs la font pour l'épilepsie. Les chiffres les plus forts, exprimant les retours périodiques des attaques chez les malades de Beau, sent 57 et 30 : or, le premier appartient au retour mensuel, le second au retour hebdomadaire.
Tissot1 parle d'une épilepsie liée à la fonction menstruelle : il la décrit sous le nom à' épilepsie ovarique.
Voici, suivant Marotte 2, quelle est l'influence de la menstruation sur le retour et la marche des attaques épileptiques :
1° La menstruation peut n'avoir concouru en rien à la production de l'épilepsie, mais donner néanmoins une impulsion aux attaques;
2° L'épilepsie, tout en étant antérieure à l'établissement des règles, reçoit quelquefois une activité inaccoutumée des retours périodiques de la menstruation, et ses attaques deviennent plus fréquentes ;
3° L'épilepsie, quoique produite par d'autres causes efficientes que la menstruation, revient néanmoins périodiquement, simultanément, avec le retour des règles.
Les conclusions de J.-G.-F. Makonneuve 3, deSchlager, sont aussi affirmatives.
Lawson Tait 4 a constaté qu'à chaque époque les attaques d'épilepsie augmentent de nombre, d'intensité, et que la malade présente alors une agitation considérable. D'après MM. Axenfeld et Huchard, il existe une influence réciproque entre la menstruation et le mal comitial \ « On sait, en effet,
1 Tissot. Traité de l'épilepsie. Paris, 1778.
1 Marotte. Son rapport est basé sur de nombreuses observations. Revue médico-chirurgicale, 1851.
3 Maisonneuve. Recherches et observations sur la menstruation et l'épilepsie. Paris, 1803.
4 Lawson Tait. Obst. journal, I, 1873-74.
» Nous n'observons, du reste, aujourd'hui que ce qu'Hippocrate a écrit il y a près de 25 siècles : « Il est avantageux, dit-il, que les flux fémi-