NÉVROSES ET MENSTRUATION : HYSTÉRIE
pas une seule forme de l'hystérie qui ne puisse reconnaître pour cause efficiente et occasionnelle l'acte de la menstruation. » Il conclut de son travail que :
1° La menstruation a une marche incontestable sur le développement de l'hystérie;
2° L'arrêt subit peut déterminer des accidents d'hystérie aiguë ;
3° Le praticien doit surtout s'attacher à rétablir le flux cataménial.
Meyer (de Berlin) ' enseigne que l'hystérie est le résultat d'une irritation qui, de l'utérus ou de tout autre organe, mais surtout de l'utérus, va se réfléchir sur la moelle épinière pour aller jusqu'au cerveau.
Négrier rapporte avoir vu quelquefois des sujets encore très jeunes atteints d'accès hystériques peu prolongés et cependant accompagnés de pertes de l'intelligence : « Ces accès, dit-il2, se manifestent aux approches des époques menstruelles. » Il ajoute avoir constaté également l'hystérie chez des jeunes filles dont la menstruation avait été excessivement précoce.
Suivant Landouzy, la menstruation en dehors de toute anomalie, de toute irrégularité, de tout désordre, peut être la seule cause de l'hystérie ; et il rapporte un grand nombre d'observations où les accès coïncidèrent avec une menstruation parfaitement normale3.
Legrand du Saule reconnaît les troubles menstruels comme prédisposant à la névrose hystérique. « Ce genre de prédisposition, dit-il (loc. cil., p. 51) se reconnaît à l'insistance du trouble menstruel et à l'absence d'autres causes, à des douleurs dans le bassin et à des hémorrhagies supplémentaires. »
' Meyer. Journal de physiologie de Wirchow, vol. IX.
* Négrier. Faits pour servir à l'hisloire des ovaires, 1858, p. 107.
* Voir cuire autres dans son Traité de l'hystérie, Paris, 1816, les Obs. 14, 107, 124, 137, 138, 180, 211, 224, 259.
Il fait remarquer que, dans ces cas. le retour des menstrues si longtemps qu'ait duré leur suppression, est le signal de la guérison complète de l'hystérie1. La folie hystérique, d'après F. Voisin, s'observe à la puberté et souvent aussi après une suppressionbrusque des règles. Suivant Axenfeld et Huchard2, les troubles menstruels prédisposent surtout à l'hystérie lente et graduelle.
2. Retour des accès hystériques et menstruation. — L'hystérie, une fois établie, la menstruation fait encore sentir son influence sur le retour et la marche des accès alors même que la névrose se serait développée en dehors de toute cause génitale.
Beau a constaté que le retour menstruel des accès est le plus fréquent : il est aux autres retours périodiques comme 8 est à 1 .
Pinel Scipion fait la même remarque.
La recrudescence des symptômes à chaque époque est telle que souvent la menstruation par le coup de fouet qu'elle donne chaque mois à la maladie devient une cause d'incurabilité.
D'après Brierre de Bois:nont3, les symptômes hystériques sont susceptibles, sous l'influence de la menstruation, de prendre les formes les plus variées, de se compliquer de crises épileptiformes, extatiques, cataleptiques, et il déclare que, plusieurs fois, il a constaté dans ce cas quelques-uns des phénomènes du magnétisme animal.
M. le professeur Bail (loc. cit., p. 523) pense de même. Après avoir fait un tableau saisissant de l'état mental de
1 Voir dans Landouzy plusieurs observations d'hystérie due à la rétention des règles el guérie par la disparition de l'obstacle à l'écoulement sanguin; entre autres les obs. 328, 329, 331,339.
4 Uxenfeld et Huchard. Traité des névroses, Paris, 1883, p. 1080.
3 Brierre de Boismont in Ann. iVhyg. de médec. légale, 1850, t. .\. p. 386.