‹ La femme pendant la période menstruelleChapitre 42 sur 46 · TS · texte numérisé non relu

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Il faut savoir beaucoup pardonner à la femme qui souffre et qui est deveflue exceptionnellement plus impressionnable.

Professeur Stolz, in Dict. de Jaccoud, yoL XXU, art. Menstruation, p. 3"25.

La fonction menstruelle peut, par sympathie, surtout chez les prédisposées, créer un état mental variant depuis la simple psychalgie, c'est-à-dire le simple malaise moral, la simple inquiétude de l'âme jusqu'à l'aliénation, à la perte complète de la raison, et modifiant la moralité des actes depuis la simple atténuation jusqu'à l'irresponsabilité absolue.

Cette proposition que j'énonçais en débutant sous forme dubitative et interrogative, je la répète ici sous forme affirmative et comme l'unique et grande conclusion de tout mon travail. Je crois en avoir rigoureusement établi la démonstration, grâce à des preuves reposant sur les bases les plus solides. Je dois la faire suivre de quelques considérations pratiques. Bien que celles-ci ressortent d'elles-mêmes, de la manière la plus nette, de tout ce qui précède, et que le lecteur les ait certainement présentes à son esprit, je veux, une dernière fois, les rappeler brièvement, car elles sont capitales. Les unes ont trait à la médecine légale : ce sont

les plus importantes ; les autres, et c'est par elles que je commencerai, se rapportent à la conduite pleine de tact, de délicatesse, de respect et de prudence, que doivent garder vis-àvis des femmes pendant leur époque menstruelle, ceux qui, parleur situation de famille, leur position sociale ou un hasard quelconque, se trouvent en commerce journalier avec les personnes du sexe.

Les organes et les fonctions de la génération exercent une grande influence sur l'état général de la femme et plus particulièrement sur son état psychique. En dehors de la grossesse, de l'accouchement, de l'allaitement, des différents états pathologiques de l'utérus et des ovaires, cette influence se fait surtout sentir aux trois grandes époques de la vie sexuelle de la femme : la puberté, la période active, la ménopause.

1° La. puberté. — C'est le moment de la formation physique et morale de la jeune fille: d'où hygiène phyùque et hygiène morale.

L'hygiène physique est en défaut dans la plupart des maisons d'éducation et quelquefois même dans la famille. La jeune fille grandit dans l'ignorance de ce qui doit lui arriver : surprise par l'écoulement sanguin, souvent elle se trouble, presque jamais elle ne s'inquiète de sa toilette intime e manque des soins de propreté les plus élémentaires.

Au lieu d'habituer la jeune fille à regarder comme quelque chose de bas et de honteux tout ce qui a trait à la génération, il serait à désirer qu'on lui fît moins de mystère et qu'au moment opportun on lui apprît, avec prudence, tout ce que doit savoir une femme soucieuse de sa santé.

Dans quelques rares pensionnats modèles, il existe des régis1 res où se trouve consignée, mois par mois, dans tous ses

-détails et toutes ses péripéties, l'histoire menstruelle de chaque élève. C'est là une excellente mesure hygiénique qui devrait être mise en vigueur dans toutes les maisons d'éducation.

Ce registre renseignerait les maître.-ses sur l'époque critique de chaque élève, et il y a grand intérêt à ce qu'elles en connaissent le moment précis, ne serait-ce que pour user de plus de bonté et pour ne pas astreindre aux exigenees du règlement une jeune fille qui ne peut sauter, courir, aller à la promenade, etc., etc., comme ses autres compagnes plus jeunes ou non menstruées. Par là encore la jeune fille aurait tous les soins de toilette nécessaires : à la directrice seule, dont le rôle est ordinairement plus maternel, incomberait la tâche délicate d'avertir celles qui négligeraient de les demander. Combien de métrorrhagies, de cas de dysménorrhée et d'aménorrhée que l'on pourrait soigner et guérir, grâce à cette sage précaution, et qui, sans elle, passent inaperçus !

Bien plus, à la sortie du pensionnat, une note, extraite du registre et remise à la famille, deviendrait pour le médecin une source précieuse de ^enseignements sur les antécédents menstruels de sa cliente et pourrait lui servir de base à une bonne thérapeutique.

Tandis que l'hygiène physique pèche par défaut, l'hygiène morale pèche par excès: on s'occupe trop de l'intelligence au détriment du corps. L'éducation actuelle vise à faire des diplômées et non des femmes robustes et fortes capables de remplir dignement le rôle d'épouse et de mère. Aux victimes du surmenage intellectuel, je dois encore ajouter celles du surmenage sentimental dont les conséquences sont tout aussi meurtrières. M ens sana in corpore sano, telle doit être la devise qui doit présider à toute bonne éducation.

La note dominante du caractère de la jeune fille pendant tout le temps de l'évolution pubérale, c'est la mélancolie jointe à une facile exaltation et à une légère teinte d'éro-

tisme. Cet état qui peint très bien le trouble inconscient de son âme et résulte de la surprise occasionnée à l'organisme par l'introduction d'un nouveau rouage, dont le fonctionnement n'est pas encore assez bien assuré, il faut savoir le respecter ou le dissiper habilement. Un rien, une réprimande légère, une peine insignifiante infligée même à propos, suffit quelquefois pour jeter la jeune fille dans le désespoir et lui faire rechercher la mort. Les nombreux cas de suicide que j'ai rapportés, n'ont pas eu de causes plus importantes.

2° La période active. — La plupart des femmes, au temps de leurs règles, deviennent plus susceptibles, plus impressionnables et d'humeur non toujours commode. Les maris, certes, n'iront pas à l'encontre de cette assertion. Point ne leur est besoin d'un aveu ; ils savent bien deviner, comme ils disent dans le vulgaire, le moment de la lune : les changements de caractère qui surviennent et dont ils sont les premiers à souffrir, leur apprennent que l'heure est venue de se surveiller et de faire preuve d'intelligence et de bonté.

Les règles constituent momentanément, chez la femme, un état de prédisposition, de vulnérabilité, de réceptivité morbides. La cause la plus futile est capable de lui faire éprouver les plus vives émotions ; elle réagit sous l'excitation la plus légère, tout est pour elle motif de crainte, de tristesse, de colère. C'est ce qui explique pourquoi certaines femmes se plaignent constamment de leur peu de chance et ne cessent de répéter que tout ce qui peut leur faire du mal ou leur être désagréable, leur arrive toujours lorsqu'elles ont leurs affaires: c'est qu'un événement qui, dans toute autre circonstance, n'eût pas même attiré leur attention, alors les tourmente et les bouleverse.

Il en est pour qui chaque époque menstruelle est une véritable crise psychique. Elles sont sujettes à des caprices, à des penchants ; deviennent acariâtres, jalouses ; se fâchent pour le plus petit motif, dénaturent Jes meilleures intentions,

s'offensent des plaisanteries les plus innocentes. Certaines ne peuvent garder des domestiques plus d'un mois, elles renouvellent presque mensuellement leur personnel et rendent la vie très difficile à ceux qui les entourent.

C'est à ceux-ci et plus particulièrement aux maris à user des plus grands ménagements. Du reste, l'orage passé, la femme est la première à reconnaître ses torts, à demander pardon, à faire des promesses pour l'avenir; mais quelles que soient la sincérité de sa parole, &a bonne volonté, sa force de caractère, il lui est presque impossible de se maîtriser, et une nouvelle menstruation amène de nouveaux écarts.

Comme le dit le professeur Stolz, il faut savoir beaucoup pardonner à la femme qui souffre; qu'elle soit l'objet tout particulier de nos soins, de notre bienveillance et de notre sollicitude ; protégeons-la contre toutes les causes physiques et morales qui peuvent si facilement la troubler en ces heures plus douloureuses encore pour l'âme que pour le corps.

Les règles sont les prémices de la maternité; elles nous disent que la femme peut devenir mère, elles expriment en miniature ce même état de souffrance qui nous valut la vie. Plus respectueux encore que les anciens, ayons pour la femme en travail menstruel, le respect religieux que ceux-ci témoignaient pour la femme enceinte et la femme récemment accouchée1. S'attaquer alors à elle, c'est s'attaquera la source même de l'existence, c'est nuire aux générations futures.

L'outrage fait à la femme pendant la période menstruelle, acquiert du fait même de cette coïncidence une gravité exceptionnelle: nous avons vu les règles se suspendre brusquement à la suite d'une injure, les plus grands désordres se manifester aussitôt, quelquefois même la mort.

1 A Athènes et à Carthage, il était défendu de faire du bruit aux alentours de la maison d'une femme enceinte ou en couches ; les meurtriers qui parvenaient à s'y réfugier n'étaient pas poursuivis. A Rome, une couronne était suspendue à la porte des nouvelles accouchées, pour indiquer que leur demeure était un asile sacré.

La chronique des journaux parisiens racontait récemment l'histoire d'un mari qui, sous prétexte que sa femme n'avait pas procédé à certains soins de toilette, se porta envers elle à la dernière brutalité en l'obligeant de recevoir sur la région génitale une douche d'eau glacée: la malheureuse, qui avait ses règles, mourait le lendemain.

De Sauvage rapporte l'observation d'une servante qui, dans le temps de ses règles, ayant été vivement attaquée par un jeune homme, vit l'évacuation menstruelle s'arrêter aussitôt. Le jeune homme imprudent ayant renouvelé ses tentatives quelques heures après, survint un délire violent. Malgré la médication la plus active et la mieux dirigée, la malade mourut trois jours après2.

Brierre de Boismont affirme que « sans aucun doute la menstruation est la cause d'une foule de froideurs, d'inimitiés, de procédés étranges dont il est impossible de se, rendre compte ». Que de ménages, en effet, troublés par cette cause passée inaperçue! Que d'incompatibilités de caractère qui ne ressortent qu'à ce moment-là, et deviennent l'origine d'une rupture qu'il serait pourtant si facile d'éviter!

Si nous en jugeons par les faits relatés dans certaines de nos observations, la menstruation peut jouer un rôle dans les affaires de divorce et de séparation, soit que le mari plaide contre sa femme, soit que celle-ci ait à se plaindre de son mari; la recherche de son influence ne doit pas être négligée dans l'appréciation du bien fondé des doléances de chaque partie.

L'état physique et psychique de la femme pendant la période menstruelle me paraît une des raisons principales qui doivent la tenir éloignée de la gestion des affaires publiques. On ne saurait, en effet, se reposer sur une santé aussi délicate et si souvent troublée; les erreurs de jugement et les appré-

1 De Sauvage. Nosologie méthodique, traduit par Nicolas. Paris, 1771, t. XI, p. 70i.

26i CONCLUSION ET CONSIDÉRATIONS PRATIQUES

dations fausses dont elles donnent alors si souvent la preuve, ne peuvent lui permettre de s'occuper convenablemen t et avec succès de ce q;ii doit être l'apanage exclusif du sexe fort.

3°. La ménopause. — Nous avons expliqué les troubles de la ménopause parla pléthore nerveuse et parla pléthore sanguine. Pour celles dont la vie s'est passée dans les plaisirs du monde et dans l'adulation perpétuelle de leur beauté, nous avons ajouté une antre explication : l'ennui de vieillir et de se voir tous les jours repoussées avec plus de dédain par une société injuste et égoïste, toujours prête à sacrifier ses anciennes idoles pour offrir son encens à des divinités nouvelles .

Sous l'influence de la pléthore nerveuse, instinctivement la femme cherche un débouché à l'influx qui la travaille. On la Yoit se démener et intriguer partout; elle se jette dans les œuvres de charité, aimant et pratiquant la bienfaisance sous ses formes les plus originales. Un grand nombre deviennent plus religieuses, souvent même tombent dans le mysticisme, et comme, chez certaines, il existe en même temps une violente excitation génésique, nous voyons apparaître, engendrés par la lutte de la conscience contre les sens, des scrupules, des craintes de damnation, des tendances au suicide. Ces troubles étant le plus souvent cachés, c'est à la personne choisie comme confidente (le plus ordinairement un prêtre) qu'incombe le devoir d'une direction sage et prudente.

La pléthore sanguine est du ressort du médecin et de l'hygiène privée de la femme.

Quant à la troisième cause, c'est à la femme elle-même et à son entourage qu'il appartient d'en atténuer les effets, et mieux, de la faire disparaître complètement.

La femme n'attendra pas sa disgrâce; elle renoncera d'ellemême à des succès auxquels elle ne saurait plus prétendre

sans se couvrir de ridicule et ne recueillir que des humiliations et des déboires. Elle se créera d'autres occupations suivant son rang et plus en rapport avec ses nouvelles aspirations; elle cherchera dans la famille les joies calmes et tranquilles qui conviennent à son âge et qui la dédommageront amplement des autres plaisirs qu'elle aura spontanément abandonnés.

L'entourage redoublera de précaution et de bienveillance. Non seulement il ne froissera pas dans son amour-propre une femme qui n'a plus rien à donner (les convenances les plus élémentaires lui en font un strict devoir), mais il sera encore assez indulgent pour flatter la coquetterie de certaines femmes trop habituées aux succès mondains et leur laisser croire quelquefois à l'empire des charmes qu'elles n'ont plus.

1° Témoin, accusée, prisonniers. — La femme légalement ne saurait se prévaloir de son état menstruel pour se soustraire à un appel devant les tribunaux.

J'estime cependant qu'une femme en pleine période menstruelle, surtout si la fonction est en détresse et s'accompagne du cortège morbide habituel, ne devrait comparaître ni comme témoin ni comme accusée et échapper momentanément à toute action du ministère public l.

a. Témoin. — La mise en scène d'un tribunal ou d'une cour d'assises, le grand nombre de spectateurs, l'ennui de se voir l'objet de la curiosité publique, les questions embarrassantes des juges et plus souvent celles de l'avocat qui

* A Harlem, il existait une loi qui ordonnait de mettre un signe sur les maisons des nouvelles accouchées pour leur servir de sauvegarde contre les huissiers et tout fonctionnaire du ministère public.

essaie de mettre en contradiction et d'embrouiller les réponses, tout dans l'apparat solennel de la justice est fait pour troubler, impressionner une femme, ordinairement illettrée et timide, et chez laquelle, dans un moment aussi critique, les violentes émotions peuvent avoir les plus graves conséquences pour sa santé physique et sa santé morale.

Ajoutez l'éloignement du tribunal qui oblige parfois la femme à de grandes fatigues, alors qu'elle a besoin d'un repos absolu et qu'elle ne saurait se soustraire un instant aux lois de l'hygiène la plus rigoureuse.

C'est dans l'intérêt de la femme, mais aussi dans celui de la justice que je formule cette opinion. Le tribunal, en effet, ne saurait s'appuyer sûrement sur la déposition d'une femme soumise au molimen menstruel. Nous avons vu combien la jalousie est fréquente à cette époque et comment plusieurs, dévorées du besoin de nuire ou de faire parler d'elles, ne reculaient devant aucun mensonge ni aucune calomnie.

Bien plus, il en est qui, pendant le temps intermenstruel, n'ont aucun souvenir de ce qu'elles ont fait pendant leurs règles*; d'autres au contraire qui, pendant leurs règles, perdent tout souvenir de ce qu'elles ont fait pendant le temps intermenstrueli

Pyl cite l'exemple d'une femme qui, à chaque période menstruelle, oubliait ce qui lui était arrivé précédemment. Une fois, durant l'intervalle des règles, elle avait injurié gravement, devant témoin, une personne avec qui elle se querellait. Appelée en justice, peu de jours après, alors qu'elle avait ses menstrues, contre l'avis de son médecin qui connaissait son indisposition périodique, elle répondit à la citation. Elle prêta le serment qu'on exigea d'elle et nia le fait qui lui était imputé. La plaignante, condamnée aux frais, produisit des témoins qui confirmèrent sa déposition. Le

1 Voir entre autres les observations 81, 94, 96, 225,

professeur Berends, chargé d'examiner l'état psychique de l'accusée, démontra que, sous l'influence du molimen menstruel, elle avait nié par serment, quoique sans mauvaise foi, une chose qui était vraie, et conclut à l'irresponsabilité '.

Une observation semblable a été rapportée par Dumoulin2: le trouble psychique s'était ^développé à la suite d'une suppression3.

La déclaration d'une jeune fille traversant la crise pubérale est également fort suspecte et ^ne mérite qu'une confiance très limitée. Il en est qui poussent le mensonge jusqu'à s'accuser elles-mêmes de crimes qu'elles n'ont pas commis *.

b. Accusée. — La loi du 28 germinal an 111, abrogée lors de la rédaction du Gode Napoléon, voulait qu'une femme prévenue d'un crime comportant la peine de mort ne pût être mise en jugement avant qu'il eût été vérifié qu'elle n'était pas enceinte, et cela, non seulement à cause des émotions qui pourraient compromettre la vie de l'enfant, mais encore parce qu'une femme dans cette situation pourrait ne pas avoir toute la présence d'esprit nécessaire pour se défendre. L'oubli de la visite fit casser plusieurs jugements.

Pareil amendement légal devrait intervenir en faveur de la femme menstruée. Elle ne devrait être traduite devant le tribunal que pendant la période intermenstruelle; si elle n'a pas, en effet, à craindre pour la vie d'un enfant, elle a à craindre pour sa propre santé, et l'état de trouble, d'instabilité psychique dans lequel elle se trtuvp. r.e lui permet pas d'assurer pleine et entière la défense à laquelle elle a droit et que comporte toute justice vraiment digne de ce nom.

t. Prisonnière. — La femme retenue prisonnière devrait,

1 Voir Hofl'baucr. Médecine légale relative aux aliénés et aux sourdsmuels, traduit de l'allemand, par Chambeyren, p. 81. "Dumoulin. Traité du rhumatisme et des vapeurs. Paris, 1703, p. '292, 3 Voir OIjs. M.

* Voir OIjs., in Annales d'hyg. cl de médecine légale, t. X, p. 162.

pendant toute la durée de la période menstruelle, avoir droit aux dispositions bienveillantes du règlement qui s'adressent à la prisonnière malade.

L'administration lui évitera toute cause capable de procurer un dérangement de la fonction et veillera tout au moins à ce qu'elle puisse procéder facilement à sa toilette intime.

Uue fille, détenue à la prison de Bourg, donna tout à coup des signes d'aliénation mentale. Elle devint agitée, loquace, puis finit par être prise d'un délire général. Tous ces symptômes coïncidèrent avec la cessation des menstrues arrêtées par une imprudence ».

Si le geôlier ou toute autre personne de l'établissement remarquent par hasard, chez une détenue, des phénomènes nerveux ou psychiques insolites, il sera de leur devoir d'en avertir le médecin. Une enquête, immédiatement ouverte et dans laquelle l'examen de la menstruation aura une part importante, mettra peut-être la justice sur la voie de certains troubles morbides qu'elle n'avait pas soupçonnés et qui l'empêcheront de condamner une irresponsable.

2J Responsabilité et menstruation. — a. Responsabilité morale. — Je n'en dirai qu'un mot, caries hommes n'ont rien à y voir, la loi et la société n'ont rien à démêler avec elle, nous n'en devons compte qu'à Dieu et à notre conscience. Seuls les confesseurs ont charge de l'apprécier chez ceux qui s'adressent à leur tribunal, et pour ce faire, lorsqu'il s'agit d'une femme, ils ne devront pas oublier les faits suivants.

Les femmes adonnées aux pratiques de la dévotion présentent fréquemment, durant leurs époques, des scrupules exagérés, des craintes non motivées de culpabilité et de damnation, aboutissant au désespoir, chez quelques-unes même pouvant aller jusqu'au suicide; des obsessions intel-

1 Observation communiquée au Dr Berthier par le directeur de la prison de Bourg, en juin 1860.

lectuelles, émotives et instinctives, dont elles s'accusent et se croient coupables, auxquelles elles opposent une lutte de chaque instant, n'ayant d'autre résultat que de les déprimer et d'augmenter leur état psychique; des troubles très marqués de la sphère génitale pouvant devenir une occasion de chute pour les personnes les plus chastes; parfois un véritable délire religieux, presque toujours faussement interprété, considéré comme d'origine divine ou diabolique, alors qu'il n'est que la manifestation d'un état pathologique.

La femme qui fait l'objet de l'observation LXI. ne manquait jamais, après chacun de ses vols coïncidant avec une époque menstruelle, de courir chez son directeur de conscience pour lui confesser sa faute, montrer le plus grand désespoir, et, en fin de compte, refuser le pardon dont elle se croyait indigne.

Les confesseurs prudents et sages auront soin de distinguer la part de la maladie et celle du libre arbitre. Ce n'est qu'ainsi qu'ils pourront donner un remède efficace, se réservant de traiter la seule part qui leur revient et renvoyant au médecin celle de la maladie.

b. Responsabilité légale. — En bonne justice, devant les tribunaux comme devant notre conscience, nous ne devrions être absolument responsables que si nous avions été absolument maîtres des circonstances qui ont pu influencer notre liberté et nous déterminer à l'acte criminel ou délictueux : la responsabilité est en raison directe de notre liberté et de l'intervention de notre volonté.

C'est sur ce principe de morale élémentaire que paraît être basé l'article 64 du Code pénal : « 11 n'y a ni crime ni délit lorsque le prévenu était en état de démence au temps de V action ou qu'il a été contraint par une force à laquelle il ne pouvait résister. »

Que cette force soit physique ou morale, que le prévenu ait cédé à une impulsion irrésistible ou à une force étrangère,

qu'importe ? dans l'an et l'autre cas, il doit bénéficier des dispositions de la loi et ne saurait être condamné.

Le 20 juillet 1830, sur la déclaration du jury du Calvados, le tribunal condamnait à la peine capitale une jeune fille âgée de dix-neuf ans, coupable du crime d'incendie; or, cette infortunée était enceinte et en proie à une monomanie religieuse patente. Depuis les idées ont changé, et je ne pense pas qu'on puisse aujourd'hui constituer un jury capable de perpétrer une pareille forfaiture. Entraînés par le mouvement scientifique, les tribunaux se sont enfin rendus à l'évidence et à la force des faits : ils acceptent générale m 3iit l'influence puerpérale.

La menstruation faisant partie de l'état puerpéral, mieux encore, constituant à elle seule un état puerpéral en petit (Pajot), peut, au même titre que la grossesse, l'avortement, l'accouchement, la lactation, engendrer un état mental, et mérite en conséquence toute l'attention des juges.

Les observations nombreuses et dûment contrôlées que j'ai rapportées, l'autorité et la bonne foi des auteurs à qui je les ai empruntées, la compétence des maîtres à qui j'ai demandé mes arguments, les noms illustres sur lesquels je me suis appuyé, l'étude comparative que j'ai faite des phénomènes du rut et de ceux de la menstruation, me permettent de regarder comme suffisamment démontrée et d'admettre comme certaine l'existence de psychoses menstruelles.

Un magistrat éclairé disait qu'en toutes causes de femme, les tribunaux devraient s'assurer de l'assistance permanente d'un jury médical. Sans aller jusque-là, je pense qu'un juge ne doit jamais négliger de s'éclairer des lumières de la science avant de se prononcer sur le sort d'une accusée dont l'action, restée inexpliquée, est en contradiction flagrante avec un passé des plus honnêtes et laisse présumer un dérangement des facultés mentales : condamner une femme en pareilles circonstances, sans examen médical préalable, serait manquer

aux premiers devoirs de l'équité. Et, certes, la faute a été commise bien souvent : on n'a qu'à ouvrir les Annales judiciaires, et c'est par milliers que l'on comptera les procès où l'intervention de l'homme de l'art était indiquée et ne fut pas réclamée par le tribunal.

L'expert qui, appelé dans ces circonstances, oublierait de porter son attention sur la fonction menstruelle, commettrait une faute non moins grave : il s'exposerait à faire condamner une innocente1. Cet oubli n'a été que trop fréquent ; on en a la preuve par la lecture de la Gazette des Tribunaux, des Annales médico-psychologiques , des Annales d'hygiène et de médecine légale.

Tardieu insiste sur la nécessité de cet examen et déclare « qu'il y a pour l'expert un intérêt considérable à interroger chez la femme l'état de la menstruation ».

Briand et Chaude nous disent dans leur Traité de médecine légale (t. I, p. 142). « Le s jin avec lequel des hommes de la valeur de Tardieu, Talmouche,Moreau (de Tours), Galmeil, etc., etc., interrogent la menstruation, le cas qu'ils font de la régularité, de l'abondance des flux menstruels, de l'époque première de leur apparition, etc., nous montrent qu'une enquête relative à une hystérique serait incomplète, si le médecin s'en tenait à la constatation des actes et des paroles délirantes sans en chercher sinon la cause, du moins l'occasion dans l'état anatomique et le fonctionnement des organes de la généra lion. »

Brierre de Boismont enseigne que, sous l'influence de la menstruation, les troubles de la raison peuvent être assez forts

1 L'examen de la menstruation présente encore comme avantage celui de mettre sur la voie d'une grossesse ignorée et de trouver ainsi l'explication de certains troubles psychiques. Voir l'observation suivante : Délire mélancolique détermine par une grossesse passée inaperçue de tous, même de la malade, et jugé par un accouchement et une délivrance simultanés, également accomplis à l'insu de la malade, in Gazette médicale deLyon,îBb9, p. 116.

pour déterminer des actes repréhensibles, coupables même, sans que la volonté puisse y apporter le moindre obstacle. La femme pourra lutter dans quelques circonstances, mais, dans d'autres, elle sera subjuguée, entraînée. Et il ajoute : « Ces désordres du système nerveux ne sont pas seulement utiles à connaître sous le rapport médical, mais ils offrent encore des considérations de la plus baute importance en morale et en médecine légale. »

Raciborski, S.-C. Vogel et tous ceux qui ont étudié la question, sont absolument de cet avis.

« Les médecins légistes, dit Berthier, sont persuadés que l'instinct de la destruction se remarque presque toujours chez les jeunes filles de douze, quinze, vingt ans et surtout, comme le fait remarquer Tauffiel, à l'époque de la menstruation. »

L'Ecole allemande est celle qui a le plus appuyé" cette opinion, et, à sa tête, se place la Faculté de Leipzig. Souvent consultés sur le fait de la responsabilité, les éminents professeurs affirmèrent le rôle de la menstruation dans l'étiologie des troubles psychiques, et le plus souvent les inculpées furent acquittées. Leur avis cependant ne fut pas toujours goûté, et, devant leur déclaration la plus formelle, le tribunal quelquefois passa outre.

De semblables faits se sont passés en France : bon nombre d'accusées ont dû leur liberté, leur honneur, peut-être même leur vie, à l'habileté et à la science d'un médecin expert. Dans certaines observations que j'ai rapportées, l'influence menstruelle parut si évidente que le tribunal n'hésita pas un instant à admettre l'irresponsabilité. Mais, trop souvent aussi, les conclusions du médecin furent rejetées, et de malheureuses femmes durent expier comme un crime la perte momentanée de leur raison. Marc insista longuement sur l'influence que la menstruation avait dû avoir dans le crime d'Henriette Cornier; celle-ci n'en fut pas moins condamnée à vingt ans de travaux forcés et à la marque infamante du feu.

Est-ce à dire qu'il suffît à l'expert de constater la coïncidence de la menstruation avec l'acte coupable pour conclure à l'irresponsabilité? Non, certes! car ce serait protéger ouvertement le vice et lui ouvrir un chemin bien facile. N'at-on pas vu des femmes enceintes s'autoriser de leur grossesse pour se croire tout permis ? Bientôt nous verrions aussi d'autres femmes profiter du moment de leurs époques pour se livrer librement à tous leurs instincts pervers, et se prévaloir ensuite de leur état menstruel pour réclamer l'impunité.

C'est toute une enquête que l'expert devra faire, étudiant avec le plus grand soin et dans tous ses détails l'histoire physiologique et pathologique de la menstruation chez l'accusée.

La précocité des règles, comme leur apparition tardive, est un signe de nervosisme : c'est une des conclusions du travail de Boussi1 ; Lombroso 2 a constaté que la menstruation paraissait plus précoce chez les criminelles. L'expert n'oubliera pas ces faits et s'informera de l'époque de la première menstruation.

Il insistera sur les phénomènes morbides qui l'ont accompagnée, en déterminera la nature, se rappelant que les troubles psychiques de la puberté constituent une puissante prédisposition pour les époques subséquentes et surtout pour la ménopause.

Il notera les accidents des époques qui ont précédé ; dira quel est l'état actuel de la menstruation et son état antérieur (dysménorrhée, aménorrhée, ménorrhagie, hémorrhagies supplémentaires).

Pour obtenir tous ces renseignements, il s'adressera non seulement à l'accusée, mais à ses parents, à ses amies, à son médecin ordinaire et surtout à ceux qui ont vécu ou vivent

1 Boussi. Thèse de Paris, 1880, p. 12i.

* Lombroso. Les caractères anthropologiques des criminels; Congrès international. Paris, du 10 au 17 août 1889.

s. icard. 18

encore dans quelque intimité avec elle. Ceux-ci, en effet, mieux que tous autres, sont à même d'observer les changements survenus dans le caractère sous l'influence de la menstruation, « changement, dit Trousseau *, qui n'est pas toujours appréciable pour le médecin, mais qui l'est pour les personnes qui vivent dans l'intimité de la femme ».

Dans certains cas, avant de se prononcer, l'expert demandera un sursis de plusieurs mois. Durant ce temps, à chaque époque, il surveillera la femme à son insu, notant et étudiant tous les phénomènes menstruels : il pourra ainsi se faire une conviction et arriver à un bon diagnostic. Tel fut le moyen employé par Westphall et Hitzig clans les cas intéressants que j'ai rapportés.

Nous avons constaté l'existence de psychoses menstruelles chez des femmes ne présentant aucune prédisposition acquise, congénitale ou héréditaire ; le plus souvent néanmoins elles s'observent chez des prédisposées. La menstruation n'est alors qu'une cause occasionnelle : elle est la goutte d'eau qui fait verser le vase, l'étincelle qui met le feu aux poudres, la goutte de rosée qui fait éclore la semence prête à germer dans un terrain déjà tout préparé -.

Les antécédents nerveux héréditaires seront donc recherchés avec minutie : l'arbre généalogique sera remonté aussi haut que possible et dans les branches directes et dans les branches collatérales. Les descendants seront aussi examinés : l'état nerveux et psychique des enfants (imbécillité, idiotisme, crétinisme, surdi-mutité, rachitisme), la cause de leur mort

1 Trousseau. Clin. mêd. Paris, 1885, vol. III, p. 639.

" Voici quelle est l'opinion du Collège de santé de Copenhague sur l'influence menstruelle chez les prédisposées : « Le Collège de santé est d'avis que conformément aux faits qui précèdent, ainsi qu'à l'expérience généralement acquise de l'influence de cette excrétion, l'interruption des menstrues a été la cause principale des accidents. Il regarde donc comme très probable que, malgré la prédisposition innée de l'inculpée, sa maladie morale n'aurait pas donné lieu à un résultat aussi grave, si la suppression des règles n'y avait contribué. »

seront étudiés et savamment interprétés. Les antécédents personnels (convulsions, paralysie, attaque hystérique ou épileptique, etc., en un mot tout accident nerveux ou psychique observé à n'importe quelle époque) seront consignés et appréciés dans le rapport.

S'il existe une anomalie anatomique, une asymétrie faciale ou crânienne, un tic quelconque, l'expert aura garde de les laisser passer sans les relever : pareils signes, en effet, peuvent devenir un indice précieux, et lui apprendre qu'il est en présence d'une dégénérée.

Il analysera également et mettra en relief toutes les circonstances du crime ou du délit qui seraient de nature à jeter un certain jour sur l'état mental de l'accusée : sa position sociale ses antécédents moraux, son état pécuniaire (surtout s'il s'agit d'un vol), sa conduite immédiatement avant et après l'acte, la soudaineté ou la préméditation de celui-ci, la futilité ou l'importance du mobile '.

Chacun de ces signes, pris séparément n'a pa< grande valeur, mais envisagés dans leur ensemble, rattachés les uns aux autres, ils pourront devenir la base d'une preuve sérieuse

4 L'importance du mobile ne doit pas éloigner l'idée d'impulsion : l'irrésistibilité et l'intérêt peuvent très bien marclierensemble. Ilfautdu reste accorder peu de crédit au mobile avoué; car le mobile conscient n'est pas toujours le mobile vrai. Il n'est pas rare de rencontrer des irresponsables qui obéissent à une impulsion et ne manquent pas pourtant d'excellentes raisons pour motiver et justifier leur action folle, Le 18 août 1839, treize ans après le procès d'Henriette Cornier, alors que la croyance à la monomanie avait gagné du terrain et qu'il était question de réhabiliter la malheureuse condamnée, on apprit tout à coup que celle-ci avait eu des relations avec le père de sa victime, et que par conséquent c'était pour se venger d'avoir été abandonnée de lui, qu'elle avait tué son enfant. Les journaux ne manquèrent pas de dire que cet aveu tardif d'Henriette donnait un éditant démenti •< aux conjectures avenUu-euses de la science ». Le projet de réhabilitation fut rejeté de ce chef. Marc riposta victorieusement (loc. cil., t. II, p. 72), et démontra de la manière la plus péremptoire, que la vengeance n'avait été pour rien dans la détermination d'Henriette. Mais supposons que celle-ci, en accomplissant son crime, ait eu réellement l'intention arrêtée de se venger de l'abandon de son ancien amant. Lst-ce à dire pour cela que l'influence mjustruelle ne devait pas entrer en ligne de

qui permettra l'expert, dans le plus grand nombre des cas, de se prononcer sur les degrés de responsabilité de l'inculpée.

c. Responsabilité sociale. — L'irresponsabilité pénale n'implique pas l'idée d'irresponsabilité sociale. La société a le droit de se protéger contre les attaques d'un aliéné que la loi ne peut condamner ; il est même de son devoir de le soustraire à sa propre direction, de lui imposer son appui, de le défendre contre lui-même et contre sa propre volonté.

On a vu des femmes venir, à chaque époque menstruelle, demander elles-mêmes leur internement ; d'autres, pour se soustraire à l'orage dont elles se sentaient menacées par l'arrivée des règles, réclamer la camisole de force 1, implorer l'aide de leurs parents et amis et se mettre sous leur sauvegarde.

Le plus souvent il ne sera pas nécessaire d'avoir recours l'internement : une surveillance bien faite et surtout beaucoup d'indulgence et de bonté permettront à la malade de subir la crise calameniale sans de trop graves dangers pour elle et son entourage. Mais si les manifestations psychiques de la sympathie menstruelle dépassent certaines limites, s'il y a crainte pour la société et péril pour la femme elle-même, dans l'intérêt de l'une et de l'autre, le séjour clans un asile est nettement indiqué.

M. le professeur Bail2 enseigne qu'un médecin ne doit jamais signer l'exéat d'un aliéné homicide : toute sa vie

compte dans l'appréciation des causes multiples qui pesèrent sur la volonté d'Henriette et la déterminèrent à son acte coupable? Non certes ! car telle femme qui aujourd'hui est dévorée de la soif de se venger, parce qu'elle a ses règles, n'y songera plus demain alors que l'écoulement menstruel aura cessé, et cela, bien que sa vengeance ne soit qu'une juste représaille et puisse s'expliquer par des motifs très graves.

1 Voir les observations 81 et 106.

* Bail. Enseignement oral de Sainte-Anne, et Congrès international des maladies mentales. Paris, 5 août 1889.

durant, présenterait-il les signes d'une guérison certaine, il doit être soustrait à sa liberté d'action. La doctrine de l'éminent clinicien de Sainte-Anne est la vraie : des exemples par trop célèbres lui ont donné maintes fois raison. Elle seule assure d'une manière certaine la protection de la société et arrête cette épée de Damoclès toujours menaçante et dont un rien peut à chaque instant couper le fil.

Ne pourrait-on pas cependant proposer en faveur de la femme devenue criminelle sous l'influence unique du nervosisme menstruel, une modification qui sût mieux allier le respect de la liberté individuelle avec celui de la sécurité publique? Ici nous connaissons les circonstances de l'acte ; la cause du crime est nettement déterminée. Intimement liée à la fonction menstruelle, il est à craindre que l'impulsion première ne se réveille à des époques ultérieures et surtout à l'âge critique ; mais, à ce moment, toute crainte cessant par le fait même de la cessation de la menstruation, il me semble que, tous les accidents de la ménopause passés, la coercition n'a plus sa raison d'être et la femme devrait être rendue à sa vie privée.

Dans l'affaire de Marie-Anne Lorentzen, le tribunal de Copenhague poussa trop loin le sentiment de l'équité. Au lieu de faire enfermer la malade pour la surveiller et prévenir toute récidive, comme la monomanie homicide s'était développée'chez cette jeune servante à la suite d'une suppression des menstrues, le tribunal se contenta, avant de l'absoudre et de la renvoyer, de lui faire jurer solennellement que, partout où elle se trouverait, en cas de cessation des règles, elle irait immédiatement consulter un médecin autorisé* Cette décision ne me paraît pas assez sûre, elle respecte trop l'individu aux dépens de la collectivité et offre certainement moins de garantie que la mesure que je propose.

Telles sont les quelques considérations que je soumets à l'appréciation du lecteur. Exprimées par ma voix,

elles paraîtront peut-être un peu hardies, et jouiront probablement de bien peu de crédit; mais qu'on le sache bien, je ne suis que le faible écho d'autres voix pleines d'autorité qui se sont élevées, nombreuses et puissantes, pour défendre la thèse que je soutiens. Si, à mon tour, je me suis trompé, ce sera encore un grand honneur pour moi de me trouver en si illustre compagnie; si, d'autre part, en prouvant que la fonction menstruelle exerce une grande influence sur les déterminations de la femme, j'ai pu éclairer la conscience de certains juges et arracher une infortunée malade à la vindicte publique, mon travail aura été utile et j'aurai eu toute ma récompense.

Introduction. — Il existe beaucoup de malades parmi les criminels. C'est par l'étude de l'aliénation mentale et celle de la médecine légale que nous apprenons à les connaître. But et importance du sujet traité.

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