JALOUSIE, MENSONGE ET CALOMNIE
qués et même les détournements dont on prend le soin habile de faire tomber les soupçons sur autrui.
Observation GGXXX. — M"0 de Merlac, âgée de dix-huit ans, déclare avoir été victime d'un grand nombre de viols commis sur sa personne par des prêtres et avec l'intermédiaire de sa cousine. Le mobile de toutes ces inventions parait être la jalousie : elle s'est imaginée que le père spirituel avait des préférences pour sa cousine. Elle alla jusqu'à se donner des coups de couteau dans une sacristie, et prétendit ensuite que, pendant une syncope occasionnée par ses blessures, elle avait été violée par un abbé. Le père, devant les souillures dont sa lille se disait avoir été victime, s'était lue. Les professeurs Cavallieret Estor (de Montpellier) constatèrent que, quoique venue à l'âge de la puberté de très bonne heure, MUe de Merlac n'avait pas encore subi la complète transformation qui fait la femme et qu'elle était à l'époque de l'influence transitoire par laquelle passent d'habitude les jeunes filles avant d'avoir leur tempérament entièrement formé. L'enquête démontra qu'elle était vierge et l'abbé fut acquitté. (Gazette de Tribunaux, 20 juin 1873.)
Observation CCXXXI. — G..., trente-trois ans, bonne santé, régulièrement menstruée, laborieuse, est intelligente, aime sot. mari et ses enfants ; douce, patiente, elle fait preuve, en un mot, d'un bon caractère, quand elle est dans son état ordinaire. Mais à partir du début et jusqu'à la tin de l'écoulement menstruel, elle n'est plus la même: constamment agacée, excitée, elle murmure si on ne lui parle pas, et si son mari ou toute autre personne lui fait une observation, même la plus juste, elle s'emporte et elle injure si on veut lui tenir tête. « Ah ! que je suis malheureux ! me disait son mari, ma femme a comparu en justice de paix pour avoir dit à une voisine des vérités qui n'étaient pas à dire. C'est que, voyezvous, quand elle a ses règles, elle dit tout ce qui lui passe par la tête. » (Liegey, Courrier Médical, 17 octobre 1868.)
Observation CGXXXII. — L... n'a pas d'antécédents héréditaires.
A quinze ans, elle veut dominer au sein de sa famille et y met le désordre à cause du ton impérieux avec lequel elle commande. A dix-huit ans, la culture des livres religieux, jointe à une pratique immodérée de ses devoirs ayant trait à la religion, devient sa principale préoccupation, et dans l'entraînement de ses idées mys-
tiques, exagérant un éloignement déjà marqué pour le travail, elle abandonne presque entièrement sa profession de couturière.
C'est seulement à dix-neuf ans que ses règles paraissent pour la première fois, mais elles coulent mal et ne se montrent plus pendant plusieurs mois. « Cette fonction, dit le certificat du médecin habituel de L.., a toujours été d'une exécution difficile et désordonnée; j'ai même remarqué que les accidents nerveux et les bizarreries de la maladie s'exagéraient sensiblement à ce moment. »
Ainsi L .. traîna longtemps une existence pénible, et à quarante ans seulement, époque où les règles cessèrent, son état, après avoir subi des exacerbations et des rémittences nombreuses, prit un caractère alarmant. Agitation, incohérence des idées, délire des persécutions, tristesse profonde entretenue par des idées religieuses exagérées et mal entendues. A quarante-deux ans, accès de fureur: la malade devint très bavarde, menaça tout le monde, et se prit de haine pour plusieurs ecclésiastiques contre lesquels elle proféra publiquement des accusations dépourvues de toute vraisemblance. Elle se rendit même à l'évèché où elle donna le scandale par un langage peu en harmonie avec les idées mystiques dont elle faisait naguère un si brillant étalage. A la suite de cette extravagance, elle fut amenée à l'asile. (Dauby, Thèse de Paris, 1866, p. 41.)
Observation CCXXXIII. — Une dame d'une haute naissance, parvenue à l'âge de quarante-cinq ans, au moment de la ménopause, sans aucun trouble psychique antérieur, s'échappe un soir de chez elle, et disparaît pendant plusieurs jours sans qu'on sût ce qu'elle était devenue. A force de recherches, on la trouva un soir dans une des rues les plus fréquentées de Paris, faisant des propositions aux hommes de la plus basse classe.
Conduite dans une maison de santé, elle fut soumise à l'observation. Rien dans ses paroles, dans ses actes, ne mettait sur la voie de cette perversion de l'instinct génésique. A son ton plein de décence, à ses manières empreintes de la plus haute distinction, à la nature de ses entretiens, au choix des mots et des sujets, il eût été impossible de soupçonner le moindre désordre. Sous les apparences d'une politesse exquise, de sentiments de bienveillance, elle jetait le trouble parmi les pensionnaires en répandant les médisances et les calomnies les plus adroites, en inventantune
foule de mensonges, en débitant île faux rapports qu'elle confiait sous le sceau du secret.
Dans les premiers temps, l'empire que cette dame avait sur son raisonnement, ses promesses, ses engagements, lui firent obtenir sa liberté, mais de nouveaux actes d'un cynisme révoltant contraignirent à la séquestrer de nouveau. (Brierre de Boismont, Ann. méd. psz/c/t., t. XV, p. 600.)
Observation CGXXXIV. — Femme de quarante-cinq ans, mère de dix enfants qu'elle avait tous allaités et élevés, dont l'âge de retour fut signalé par les péripéties les plus tristes. Les premiers troubles de l'intelligence se montrèrent sous forme de soupçons concernant la fidélité de son mari. Elle l'accusa ensuite de tentative de meurtre sur sa personne et sur celle de ses enfants. Elle semblait jouir de toute la lucidité de son esprit et colportait en tous lieux ses accusations insensées. Elle refusa obstinément le debitum conjugale et plus tard elle fut en proie à desexacerbations erotiques. (Morel, Traité des maladies mentales, Paris, 1860, p. 197'.)
Je n'ai pas à insister sur l'importance qu'offre l'étude des illusions et des hallucinations au point de vue médico-légal. L'illusionné et l'halluciné dont la volonté est fatalement déterminée par une fausse perception des sens, ne sauraient être des responsables : chez eux, l'acte le plus criminel peut s'allier aux intentions les plus nobles et les plus pures.
Les illusions et les hallucinations, lorsqu'elles sont d'origine menstruelle, se présentent le plus souvent sous la forme erotique et sous la forme lypémaniaque. La malade déclare éprouver des sensations voluptueuses qu'elle interprèle à sa manière ou se croit en butte à des persécutions imaginaires qui l'attristent et la rendent mélancolique.
Obskkvatiun (ICWXV. — Hallucinations de l'ouïe et de la vue cbez une jeune tille de treize ans, à la suite d'une frayeur. Elle
1 Voir également les observations 53, 00, 204.
248 PSYCIIOSES MENSTRUELLES EN PARTICULIER
était si convaincue de la réalité de ce qu'elle croyait voir et entendre, qu'elle poussait des cris de terreur et que rien ne pouvait la rassurer.
Observation CCXXXVI. — Berthe est née d'un père épileptique ; à quatorze ans, au milieu de la première menstruation, pendant la nuit, elle a eu sa première attaque d'épilepsie. Hallucinations diverses : elle voit un homme coupant la tète à une femme au moyen d'un grand couteau.
Observation CCXXXVII. — MUe X..., âgée de quatorze ans, formée depuis six mois, aussi grande et aussi forte qu'une femme de vingt ans, souffre beaucoup des régions ovariques au moment des époques menstruelles. Hallucinations sensorielles, hallucinations de l'ouïe et de la vue, illusions diverses. (F. Bouchul, Hallucinations chez les enfants, Thèse de Paris, 1886, p. l'a, 21, 27.)
Observation CCXXXVIH. — Une femme de vingt-deux ans est témoin, au moment de ses règles, d'une dispute très vive, suivie de coups de couteau. Elle rentre effrayée et poursuivie par l'image de ces hommes. Pendant la nuit, hallucinations : elle se lève, s'agite dans sa chambre et trouble le repos de ses voisins. (Baillarger, Mémoires de l'Académie de Méd., mai, 1842.)
Observation CCXXXIX. — A la vue d'un assassinat, Alexandrine, âgée de trente ans, est saisie d'effroi, ses règles se suppriment. Depuis elle a des frayeurs sans motifs, des visions terribles, entend des voix qui l'appellent au moment où elle va s'assoupir et s'endormir. A la suite d'une application de sangsues faite aux cuisses, les règles supprimées depuis trois mois reparurent, et le délire et les hallucinations cessèrent. (Baillarger, loc. cit., Obs. IV.)
Observation CGXL. — Julie D..., réglée à quinze ans, époque à laquelle se manifestèrent les premiers symptômes de l'hystérie. A vingt-cinq ans, suppressions des règles ; à la suite, hallucinations multiples et troubles nymphomaniaques : c'est ainsi qu'on la contraint de coucher avec des hommes qui n'ont pas « de bonnes mœurs ». Une puissance invincible, dit-elle, la rend inerte et paralyse tous ses mouvements, etc., etc. (Taguet, Thèse de Paris, 1872, p. 26.)
Observation CCXLT. — Une femme, pendant ses règles, ne pouvait se livrer au sommeil, tant elle était tourmentée par des rêves effrayants, qui ne lui laissaient aucune trêve ; elle voyait des spectres, des visages sanglants, elle se sentait étouffée, sur le
point de périr. (Brierre de Boismont, Ann. méd. psych., 1851,
Observation CGXL1I. — Femme de quarante ans, jusque-là bien portante ; à cette époque, elle eut une métrorrhagie : à peine en convalescence, elle fut prise d'hallucinations terrifiantes. (Taguet, Thèse de Paris, 1872, p. 31.)
Observation CCXLIII. — Pal... a quarante-deux ans. Depuis l'âge de vingt-deux ans et consécutivement à un accouchement, elle est sujette à des attaques d'hystérie, se traduisant sous forme d'un état syncopal avec effets délirants consécutifs: hallucinations de la vue, de l'ouïe, apeurement. Elle croit voir des individus qui viennent pour lui faire du mal, et entendre le bruit de la pluie. Ces troubles psychiques ne sont que momentanés, et tout rentre dans l'ordre après quelque temps. Ils reviennent généralement une fois par mois et sont en rapport avec la menstruation qui est cependant assez régulière au point de vue de son moment d'apparition et de son abondance. (Mairet, de Montpellier, Leçons sur la folie post-opératoire. Bulletin médical, 28 août et 1er septembre 1889.)
Observation CCXL1V. — Une femme de quarante-deux ans, forte, sanguine, mais très impressionnable, éprouvait, depuis quelques mois, les symptômes du temps critique, lorsqu'en passant dans la rue Saint-Martin," elle aperçoit un enfant qu'elle croit être le sien ; à l'instant, elle se précipite sur lui, Je serre dans ses bras, l'accable de caresses, en fondant en larmes et en poussant des cris de joie. Un rassemblement se forme autour d'elle; les véritables parents veulent avoir leur enfant, mais l'état d'exaltation de P... est si grand, qu'il y a lieu de craindre pour la vie de l'être qu'elle tient pressé contre son sein. 'On la suit jusque chez elle ; à peine est-elle arrivée dans sa chambre, que son délire est dissipé; elle ne peut s'expliquer son action que par la ressemblance de l'enfant avec le sien, car il y a six ans que sa fille est morte. Jamais elle n'a eu d'accident semblable. Cette femme, qui a de l'intelligence et rend très bien compte de sa position, attribue cette excitation à l'époque critique; tout annonce, en effet, que nous ne devons pas lui chercher d'autre cause. (Brierre de Boismont. De la menstruation, Paris, 1842, p. 237.)
Observation CCXLV. — G..., quarante-trois ans, pas d'antécédents héréditaires, réglée à treize ans, menstruation présentant des irrégularités depuis quelques mois. Lypémanie avec idées de
persécution, hallucinations, troubles de la sensibilité génésique: « elle reçoit des fluides électriques clans les parties génitale; on lui procure la « sensation de la nature ». (Ricard, thèse de Paris, 1879, p. 13.)
Observation CGXLVI. — Mme M..., âgée de quarante-quatre ans, n'a eu ses règles que deux fois dans l'espace de deux ans. « La première fois, dit la malade, j'ai tellement souffert que j'ai cru devenir folle. » La santé fut bonne jusqu'à la seconde apparition du flux menstruel qui s'accompagna d'hallucinations terrifiantes de l'ouïe et de la vue. Quelques jours après, la malade était dans un état de stupidité le plus complet. Sous l'influence d'un régime tonique, elle ne tarda pas à recouvrir la raison. (Taguet, thèse de Paris, 1872, p. 31.)
Oservation CGXLVII. — S..., quarante-cinq ans, depuis deux ans voit l'hémorrhagie cataméniale ne se produire qu'à de très rares intervalles. Elle est en proie à un accès de lypémanie avec hallucinations de l'ouïe, qui lui font croire que certaines personnes qu'elle désigne, veulent l'assassiner. Elle porte constamment sur elle un couteau pour lui permettre de vendre chèrement sa vie. (Bruant, Mélancolie à la ménopause, thèse de Paris, 1888, p. 69.)
Observation CGXLVIII. — Mil... (Maria), dix-sept ans, entre à la Charité le 15 novembre 1857, pour une chorée intense généralisée, due à une frayeur durant les règles. Insomnie complète; la malade garde le lit. Etat semi-comateux, sanglots hystériques, réveils en sursaut, cris: elle voit des diables,rhomme qui l'a effrayé. Déplétion sanguine, guérison après deux mois de maladie. (Marcé, Du Irouhle mental dans la chorée. Mémoires de l'Académie de médecine. Avril 1857.)
Observation GGXL1X. — Une fille de quinze ans, réglée depuis dix-huit mois, éprouvait, à chaque époque menstruelle, de petites attaques convulsives hystériformes. Celles-ci furent bientôt remplacées par une espèce d'imbécillité accompagnée devisions plus ou moins erotiques. Une fois les règles parues, la raison revenait. (Brochin, Ann. mél. psych., 1857, t. IV, p. 120.)
Voir également les observations 11,55, 104, 163, 176,204,224,228.
La mélancolie n'est qu'un degré plus élevé de cet état de
tristesse, d'ennui mal défini qu'éprouvent presque toutes les femmes pendant la période menstruelle. Mendel (de Berlin)1 affirme qu'elle s'accompagne presque toujours d'hallucinations visant le système génital. « Un des phénomènes les plus remarquables de cette affection, dit-il, c'est un onanisme très prononcé, des désirs sexuels très intenses. »
Pour Lorry 2, il n'existe aucune cause plus fréquente de mélancolie chez la femme que l'éruption difficile, le retard et la suppression des règles.
Esquirol {loc. cit., p. 215), dans le tableau des causes de la mélancolie, fait figurer les troubles de la menstruation dans la proportion de 6 p. 100 et l'époque critique dans celle de 9 p. 100.
Dagonet3 signale également la suppression des règles comme une circonstance fâcheuse favorisant l'éclosion de la mélancolie ; et leur cessation, d'après le professeur Bail v, en est un des symptômes les plus communs.
La mélancolie peut s'observer pendant la période active des fonctions génitales, surtout lorsqu'il existe des troubles de la menstruation 3 ; la puberté et la ménopause sont néanmoins ses époques privilégiées.
Nous n'avons pas à revenir sur l'état mental de la jeune fille lors de la première éruption des règles. Bien que fort variées et fort complexes nous savons que cet état se distingue surtout par sa note mélancolique, dont il n'est pas
1 Mendel. Société de médecine interne de Berlin, séance du 4 février 1889.
2 Lorry. De Melancholia et morbis melanc/tulicis. Lutetiœ Parisiornm, 1705.
3 Dagonet. Maladies mentales. Paris, 1876, p. 215.
4 Bail. Maladies mentales. Paris, 1883, p. 224.
5 Voir : Dysménorrhée à la suite de rétroversion utérine comme cause de mélancolie, in Xew-Y'orker médical Presse, 1887, n° 6 ; el : .Melancliolia suicide during llie catamenial molimen, in Boston Médical and Surgicaljovrnal, 1864, l. I..W, p. 189-200.
toujours facile, je le reconnais, de saisir toutes les nuances. Ce n'est tantôt qu'une douce rêverie entrecoupée de soupirs et de larmes, une poétique langueur mêlée à un peu d'érotisme, un amour exagéré de la solitude ; d'autres fois, c'est le désespoir avec toutes ses craintes et ses découragements, le désespoir sans consolation et n'ayant d'autre issue que la mort : la fréquence du suicide chez la jeune fille à l'époque de la puberté en est la conséquence.
« La mélancolie apparaît assez fréquemment pour la première fois à l'époque de la ménopause. » Telle est la conclusion de l'excellent travail de Bruant ' et que l'auteur se croit autorisé à tirer de ses richesses personnelles et de celles des principaux aliénistes dont il a analysé et discuté les opinions. La forme de mélancolie la plus communément observée à cette époque est celle décrite par le professeur Bail et appelée par lui mélancolie avec conscience, parce que la malade comprend son délire, bien qu'il lui soit absolument impossible de réagir contre lui. a Les malades de cette catégorie, dit le maître, ne se rencontrent presque jamais dans les asiles, ni dans les maisons de santé particulières ; mais on les voit souvent dans le monde, et la pratique civile nous offre à cet égard de sérieux avantages. »
Le délire de la mélancolie ménopausique, en effet, rarement violent et aigu, à invasion lente et graduée ne nécessite pas souvent l'internement des malades. Il est caractérisé par des craintes, des préoccupations exagérées relatives à la santé, par des troubles de la sensibilité générale et spéciale, par des illusions et des hallucinations de toute sorte, par des idées de perséculion et de suicide. La femme abandonne les siens pour ne plus être exposée, dit-elle, à leurs insultes, ou bien elle va se plaindre à la police. Cet état mental, selon
1 Bruant. De la mélancolie survenant à la ménopause. Thèse de Paris, 1888. Voir aussi llarreaux : Essai sur une variété d'hypochondrie particulière aux femmes de l'âge critique. Thèse de Paris, 1837.
Bruant, serait souvent l'origine de discussions et de séparation entre mari et femme.
Observation GGL. — Mmc D..., nervoso-sanguine, ayant été bien réglée depuis l'âge de treize ans, se marie à vingt ans, et voit ses règles avancer chaque mois de cinq jours et devenir plus abondantes. Dis lors, tous les mois, le caractère s'exalte; elle devient triste, irritable, ne veut voir personne; la plus petite résistance à ses volontés la fait tomber en convulsions; les marques d'amitié, de tendresse lui sont insupportables; elle s'emporte surtout contre ceux qu'elle affectionne le plus, et s'ils cherchent à la calmer, sa colère n'a plus de bornes. Tout cesse avec la fin du flux menstruel. (Brierre de Boismont, Traité de la menstruation, p. 98.)
Observation CGLI. — Pendant plusieurs années, Michel a été très malade; à chaque instant le sang lui jaillissait parle nez; la moindre contrariété la mettait en fureur, et lui donnait des attaques de nerfs. A l'âge de dix-sept ans, ses règles la surprirent, et il y eut une amélioration notable dans ses symptômes; puis à dixneuf ans, elle fut définitivement bien menstruée. Elle a maintenant vingt-cinq ans : pendant les trois jours que durent ses règles, elle est irritable, triste, mélancolique, s'impatiente, s'emporte pour un rien. Dans les intervalles, elle retrouve son caractère normal et se trouve transformée. (Brierre de Boismont, Traité de la menstruation, p. 97.)
Observation CGL1I. — Une jeune femme de vingt-quatre ans, très estimée pour son caractère et sa conduite, devient apathique,, triste, morose. Elle se plaint d'avoir perdu tout sentiment moral, les objets les plus chers lui sont devenus indifférents, la religion n'a plus le pouvoir de la soutenir, tout est changé pour elle. Après quelques informations, j'appris que ses règles avaient disparu quelque temps avant le développement des symptômes indiqués. Une première application de sangsues aux grandes lèvres rétablit la santé; les sécrétions reprirent leur cours naturel, et cette femme se porta parfaitement bien. (W.-C. Ellis, Traité de l'aliénation mentale. Trad. d'Archambault, p. 122.)
Observation GCLIII. — Gelin, âgée de vingt-sept ans, d'un tempérament sanguin, rit et parle seule, tient des propos décousus, même en travaillant, excepté pendant sept ou huit jours, avant. pendant, après l'époque menstruelle. Pendant ces temps, il y a de la mélancolie, la malade est muette, ne mange plus, cesse ses occu-
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pations et aime à rester couchée. (P. Berthier, Asile d'aliénées de Bourg, 1864.)
Observation CCLIV. — Mlle N.... vingt-sept ans. Aménorrhée ; accidents hystériques et mélancolie ; rétablissement du flux menstruel, guérison. (Perfect, Annales de la Folie, Londres, 5e édition.)
Observation CCLV. — Suppression brusque des règles chez une demoiselle à la suite d'une vive frayeur. Aussitôt tristesse profonde faisant un contraste frappant avec la gaieté d'autrefois. La menstruation ne paraissant pas, les facultés intellectuelles furent bientôt altérées. Tous les mois, en outre, il se manifestait sur le visage une grande quantité de boulons. (Reydelet, Dictionnaire en 60 vol., art. Métastase.)
Observation CGLVI. — Mélancolie avec délire chez une femme de vingt-huit à trente ans à la suite d'une suppression des règles. (Ghambon, Maladies des femmes, Ve partie, p. 387.)
Observation CCLVII. — Accès de mélancolie chez une femme de quarante ans, n'ayant aucun antécédent héréditaire et ayant toujours eu une menstruation très régulière. Si on cherche la cause du trouble mental, on n'en trouve d'autre qu'un retard de quatre ou cinq jours dans l'apparition des règles. (Baillarger, Ann. méd. psyeh., 1882, t. VII, p. 416.)
Observation CGLVIII. — MUe B..., ne présente aucun antécédent ni héréditaire, ni personnel. Elle a toujours joui d'une bonne santé. Réglée à douze ans et demi, la menstruation a toujours été régulière jusqu'à l'âge de quarante-six ans, époque où elle fut brusquement arrêtée et remplacée par des métrorrhagies qui survenaient tous les quatre à cinq mois. Elle devint progressivement mélancolique au point qu'on fut obligé de l'interner; hallucinations, craintes, frayeurs, insomnie. Elle se reproche des fautes qu'elle ne peut préciser disant que le Ciel l'abandonne et qu'elle est une grande coupable. Son amélioration fut assez rapide et, en dix mois, elle se rétablit presque complètement. (Bruant, Tbèse de Paris, 1888, p. 35.)
Observation GGLIX. — Femme D..., quarante-six ans. Depuis six mois, ses règles paraissent très irrégulièrement. Lorsqu'elles ont du retard ou qu'elles sont peu abondantes, D... éprouve un malaise général, caractérisé par de la céphalée, etc. Pendant que s'effectuait ce changement, elle reçut de mauvais traitements de
la pari de son mari. C'est alors qu'éclata le délire. Elle racontait ses malheurs, se croyait coupable de grands crimes, prétendait que son mari voulait l'empoisonner, pour se délivrer d'elle et épouser ses maîtresses. Sous l'influence de cette idée délirante, elle voulait noyer ses enfants, brûler sa maison et se détruire ensuite pour mettre fin à sa pénible existence. (Bruant, Thèse de Paris, 1888, p. 68.)
Observation CCLX. — Mme X..., quarante-six ans, réglée à quatorze ans, a toujours été menstruée avec régularité et pendant cinq à six jours à chaque époque. Ces hémorrhagies se manifestent sans vives douleurs, mais non pas sans angoisses nerveuses générales. « A ces époques, dit-elle, j'ai des vapeurs, des ennuis. » (Négrier, loc. cit., p. 11.)
Observation CCLXI. — Femme de cinquante ans dont les règles se supprimèrent presque subitement sans cause connue et ne reparurent plus ; id}es tris.les qui prirent bientôt le caractère de persécution avec tœdium vitœ et tendance au suicide. Elle sortit guérie après un séjour de dix mois à l'asile. (Pages, Thèse de Nancy, 1876.)
Voir également les observations : 11, 17, 93, 105, 114, 120, 127, 130, 141, 180, 229, 247.
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