DÉCADENCE DE LA TUTELLE
sa puissance, mais à laquelle il eût donné un tuteur testamentaire. Or nous savons que ce genre de tutelle n’était guère que fictif, et c’est précisément celui-ci qui prit alors le plus d'extension. L'empereur Claude supprima même la tutelle des agnats ; il laissa toutefois subsister celle des ascendants: mais ce dernier pouvoir était destiné à disparaître sinon des lois, au moins des mœurs ‘.
Les législateurs avaient cru que la loi Voconia ne réprimerait pas seulement le luxe des femmes; mais qu’elle contre-balancerait encore l’affaiblissement de la tutelle. Cette loi fut éludée. Le père qui voulait laisser ses biens à sa fille les léguait à un ami qui devait les remettre à l’orpheline; le droit romain <anctionna même ce fidéicommis ?.
À une époque qui précéda la législation impériale, l'insuffisance de la loi Voconia fit donner à celle-ci, par les jurisconsultes, une interprétation qui excluait même des successions ab intestat, non pas les filles, il est vrai, mais les agnates autres que les sœurs. La coutume adoucit aussi cette jurisprudence, et l’édit du préteur appela les femmes à une succession lorsque, l’ordre des agnats étant épuisé, elles se
. 1. Gaïus, Instit., 1,157, 171, 190; Ortolan, /nstit. de, Justinien, à la suite du commentaire qui explique le titre xt du livre I. .. 2. Cicéron, Des vrais biens et des vrais maux, u, 11,18 ; Gaïus,
Instit., u, 274 : Laboulaye, ouvrage cilé.