‹ La femme romaineChapitre 132 sur 313 · LOI VOCONIA · texte numérisé non relu

LOI VOCONIA

On crut pouvoir combattre le luxe des femmes en restreignant leur fortune. La loi Voconia (169 ans

av. J.-C.) établit que tout Romain qui, avant son

décès, aurait été inscrit sur les registres du cens pour une somme de cent mille as d'airain au moins, ne pourrait instituer une femme son héritière, cette femme fût-elle sa fille unique. Il avait cependant la faculté de faire un legs à une femme, mais ce legs ne devait point être supérieur à la part qu'il laissait à son héritier ‘. Par un contraste qui, au premier abord, semble bizarre, la femme succédait à son père et à ses agnats si ceux-ci étaient morts sans avoir fait de testament ?. Mais, dans ce dernier cas, elle n’héritait que si elle était restée dans les liens de l’agnation; et, suivant la conjecture d’un jurisconsulte ?, c'était peut-être pour ce motif que le législateur lui abandonnaït une fortune dont elle ne devait jouir que sous la tutelle intéressée de ses agnats. Ceux-ci, au contraire, eussent été exposés à voir sacrifier leurs droits si le parent qu'ils avaient perdu avait fait un testament, parce qu'il aurait pu instituer soit une fille ou une parente qui fût déjà sortie de sa famille; soit encore une fille placée sous

4. Cicéron, Seconde action contre Verres, 1, 41-44; République,

a, 10; Gaïus, Instit., u, 226, 274; Aulu-Gelle, xx, 1; Saint Augustin, Cité de Dieu, in, 21; Gide, étude citée. Ù 2. Gide, éfude cilée.

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