INSCRIPTIONS FUNÉRAIRES CONSACRÉES A DES VIERGES
Comme Cicéron, bien des Romains eurent à pleurer leurs filles. Nous en voyons un touchant témoignage dans les inscriptions de ces monuments funèbres décorés de colombes, de lauriers et de guirlandes ‘, et qui s'étaient ouverts pour recevoir les cendres de ces jeunes vierges dont la mort prématurée arrachaït des larmes à Juvénal lui-même?. Il savait, le poëte, qu’un fils est cher à son père, et cependant il trouvait « une fille plus douce * » encore. Et c'est cette impression d’ineffable suavité que retracent les épitaphes : « fille tres-douce. » Mais bien que ce soit cette expression qui se retrouve le plus fréquemment sous le burin du graveur, elle n’est pas la seule. Lisons plutôt quelques-uns de ces textes qui proviennent, les uns de Rome même, les autres de régions asservies à la maîtresse du monde et imprégnées de son influence.
«Aux dieux mânes d’Aurélia Lucidia, agreable, tres-douce, adolescente très-chaste et tres-belle, M. Aurélius Lucidius, père très-malheureux, a consacré ce tombeau inattendu, et leur offre les derniers devoirs *. »
Ailleurs un père et une mère dédient une in-
4. Clarac, Description des antiques du musée du Louvre. 2. Juvénal, xv, 138, 139.
7 Filia dulcior. Id., v, 139.
..D. M. Aureliæ Lucidiæ gratæ dulciss. adolese. integerr. veare M. Aurel. Lucidius infeliciss. pater insperatos ture dedit. mis. q. ult. dona. Orelli, 4582. )
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