‹ La femme romaineChapitre 167 sur 313 · Æ QE · texte numérisé non relu

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d'humeur. Lorsque le mariage est indissoluble, chacun des époux doit, pour son propre repos, plier son caractère au Caractère de l’autre ; et l’häbitude de vivre ensemble, l’estime réciproque, et surtout ce lién que nouent les petites mains des enfants, tout cela contribuera à établir entre le mari et la femme uné harmonie souvent plus solide que celle de l’amour, Mais quand le divorce a passé dans les mœurs d’ un peuple, pourquoi se donner tant de peine pour arriver à ac concordet N'est-il pas plus facile de rompre un lien que de chercher à à le rendre plus léger? L’époux quittera donc alors la compagne de

. Sa jeunesse ; Et, contractant un autre mariage, il y

trouvera peut- être des déceptions qui lui feront regretter son premier hymen.

Les lettres de Cicéron nous laissent pénétrer dans Jun de ces ménages romains, honorables d’ailleurs, mais où ne régnait point cet esprit de conciliation qui soul rend possible la vie commune. Quintus, frère du grand orateur, a épousé Pomponia, la sœur d'Atticus, la tante de cette gracieuse Attica dont l'image nous retenait naguère. Quintus est loin d'avoir l’aimable douceur de son frère, et sa femme souffre de ses emportements.

Cicéron reconnaît que c’est à la violence de Quintus qu'est dû le trouble qui agite ce ménage. Tendre-

ment attaché d’ailleurs au frère de Pomponia, il s'ef-

force de réconcilier les deux époux. Quintus étant

venu le voir à Là caripagne, Cicéron lui parlé ‘de Pomponia, et ce que lui dit son frère Tu prouve ‘qué celui-ci ést disposé à devenir Meilleur époux. Les deux frères vont ‘ensemble a la villa ‘de Quiitus. Ce dernier se fait précéder d'un messager qui ‘doi ré veiller à la préparation du déjeuner. Pr? paraît que Le choix de cé courrier a déplu à lalmaitresse de maison. En arrivant, Quintus prie avec douceur sa compägné d’ inviter au repas les feimies de leur coriiaissahte. Mais elle répond d'un air et a" un ton Acorbes 5 x IMof! je suis ici une étranger! ". "Voilà, “it Quintus à son frère, ce que ie ai à soufrir Re jour ps GEHof algré la présence de son beau- frère, de | so de-

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table : elle réfusa ds i) goûter. Cicéron durtta la maison de Son frère avec uné ‘profonde tristesse. LS ndématin matin, Quintus : se ER ÉRAO) lui, ét à apprit que Pomponia était démeurée infexiblé .

ressentiment. En narrant ces “détails: au frère dé s belle-sœur, Cicéron dut. ayouer que cette fois” ‘é | pouse avait eu tort. RSR TRES | Nous devinons ce qu il y avait de douleur et d'a amertume dans cétte expression. « Moi, je Suis ici une

étrangère ! » Mais était-ce au moment où Pomponia

1. Ego sum, inquit, hic hospita. Écran Lettres, 189, A Atee . En, des mihi, hæc ego patior qnotdie. Id., td. Id.

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voyait revenir à elle son époux, était-ce àce moment qu’elle, devait lui adresser,une parole qui était un cruel reproche ? Peut-être que, sans la faculté du divorce, Pomponia eût, accueilli avec bonheur les affectueuses dispositions que lui témoignait son mari. Mais la femme qui pouvait se rendre libre dès qu'elle le voudrait devait se plier difficilement : a des concessions, |

La discorde continua d agiter Ja maison de Quintus. 1 année qui. suivit la scène que, nous venons de rapporter, les époux furent réconciliés par leur fils, jeune homme qui aimait et défendait sa mére. Mais environ Six années après ce rapprochement Quintus et Pomponia s'étaient légalement séparés, et le fils de la femme divorcée reprochait durement à son père de vouloir placer une autre femme au foyer qu'avait quitté sa,mère !. Ce n'était pas l’un des moins tristes résultats du divorce que la situation des enfants à l égard de leurs parents séparés, surtout quand ceuxci S0 remariaient. Cicéron vit dans son propre intérieur ce que cette dernière situation avait de pénible. Lui qui avait tant cherché à pacifier le ménage de son frère, il quitta après une union de trente années sa femme Térentia. Celle-ci épousa un ennemi

1. Cicéron, Lettres ; voir particulièrement lesnuméros 275, 703, 109. Pomponia demeura fidèle au souvenir de son beau-frère. Après la fin tragique de celui-ci, elle ordonnale supplice de l’esclave qui avait trahi Cicéron. Plutarque, Cicéron.

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