‹ La femme romaineChapitre 179 sur 313 · 262 ; L'HYMNE NUPTIAL · texte numérisé non relu

262 ; L'HYMNE NUPTIAL

coup de jeunes gens, beaucoup de jeuties ‘filles la souhaitent: mais cueillié par l’onglé ténu, at-elle perdu sa fraicheur, nul des jeunes genS, nulle des jeunes filles ne la désire. Ainsi la viérge,tant qu'elle demeure libre, est chère aux siens. Mais quand elle

a perdu son éclat virginal, elle ne démeurc ni agréa-

ble aux jeunes gens, ni chère aux jeunes’filles. Hymen, à Hyménée, Hymen, viens, Ô Hyménée tt »

Aux plaintes de ces jeunes filles qui, tout én”maudissant l'hymen, en APRES lé diéu, lé£ ais de l'époux répondent ? A es A TE SN ar Telle la vigne veuve! qui croît däns 16 éhamp privé d'arbres : jamais elle ne & ‘élève. , jamais élle ne

produit le doux raisin; mais, fléchissant sou$ lé poids

qui fait péncher son tendre corps, bientôt elle touche

à sa racine par Son sommétle plus élevé -Nul/des la-

boureurs, nul des jeunes taureaux ne là cultivé: mais

s'unit-elle à l’orme protecteur qui se marie à elle, beaucoup de laboureurs , beaucoup de jéütiés taureaux

5 la cultivent. Ainsi la vierge, tant’ qu'elle! demeure

‘. libre, Janguit négligée : mais lorsque est arrivé pour

ellele temps propice au mariage, ‘chérie dé son époux,

elle est aussi mieux vue desamère.. Et toi, vierge, ne sois pas contraire à un tél époux... Ne sois pas

1. Ut flos in septis secretus nascitur hortis, : Ignotus pecori, nullo contusus aratro, Quem mulcent auræ, firmat sol, educat imber,. etc.

CATULLE, Chant nuptial, 21-36.

ei --Contraire aux, parents qui ont ensemble cédé 2 à à leur ofl- RSA leurs droits avec ta dot. Hymen, Ô Hyménée, . Hymen, viens, Ô Hyménée !! ! ue ù oo , Mais, de même que, les usages nuptiaux qui prési- P. a L entrée de l'épouse dans sa nouvelle demeure n'ont que trop souvent perdu leur haute signification 4H ue de même. ces chants qui parlent de tendresse | . conjugale | et de protection domestique sont, trop Souvent aussi, vides de. sens pour la “jeune femme. Ne, eût, valu pour. elle demeurer « la fleur solitaire », que de devenir « la vigne », qui ne {rouve | sidans l’ormequ' un appui passager, et qui, so détachant res elle-même de çe tuteur, “tombe | jusque dans la id. ‘n 4 0} Noyens maintenant, au sein n de saluxueuse demeure off derses, nouvelles habitudes, cette mafrone que nous es :admirions alors. qu ‘elle filait la, laine : sous T'humble 11, toit,qu'elle gardait.… sue na ne EUR ARE suntTons dans le vestibule que forme HR là mai-

691 À eYUS1TodEl ‘

gfie

sr $0 romaine la saillie des bâtiments quil la terminent?. : 4Y0q Fr a porte d de. marbre ou de bronze nous donne accès dans un couloir dont l'extrémité opposée < S ‘ouvre sur

DIV LIU Vidua ii nudo-vitis quæ ne arvo; T zi .Minquam. si extollit, nunquam mitem educat uvam, etc. CATULLE, Chant nuptial, 37-54.

2. Pour la description de la maison romaine ou de ses accessoires, voir en général : Gell, Pompeiana; Mazois, le Palais de Scaurus ; Dezobry, Rome au Siècle 'd'Augusté; Renier et Perrot, les Peinitur es ‘du Palalin; ea RSR archéologiques de Smith ét de Rich- ‘Chéruel:" |

pes

l’atrium. L’atrium! qu'est-il devenu maintenant? Les

mosaïques qui le pavent, les colonnes qui entourent, .

au milieu de la salle, l'espace découvert par lequel pénètre la lumière et par lequel aussi les eaux du toit coulent dans un bassin; les statues qui peuplent les entre-colonnements, tout, dans ce riche atrium corinthien, nous reporte bien loin de ce simple atrium toscan qui était à la fois le sanctuaire des dieux domestiques, le foyer de la famille, la chambre des époux, la salle de réception, le réfectoire et même la cuisine! Il nous faudra chercher ailleurs mainte-

nant le siège de la vie intime. Si la porte qui fait face a celle du couloir est ouverte, nous yoyons.se

dérouler une colonnade entourant un vaste espace: à

ciel ouvert, et au centre duquel s'étend un riant

parterre décoré d’une fontaine jaillissante : c’est le

péristyle ; et c'est autour de cette cour intérieure! que sont placées la plupart des salles qui, servent, ,

aux usages de la vie domestique.

Cependant l’atrium est demeuré sinon le siége, du ; moins le symbole de cette vie domestique. Le lit y... a été dressé au jour. de l'hymen, et. il y demeurera.

jusqu’à ce que le divorce ou la mort ait rompu le

mariage '. Ce lit, tout d'apparat, est, sans doute, :

l’une de ces couches somptueuses qui, taillées dans

un bois précieux, ornées d'ivoire ou d’écaille. de:

1. Horace, Épitres, I, 1, 87; Properce, AV, xt, 85, 86; Becker- Rein, Gallus. Die Frauen.

Page 1