Renier et Perrot, L Paintures 7 Palotin, Bfri ai
2y2 LA COIFFURE DE LA MATRONE
la maison ‘. C'est au dehors, comme nous l’avons vu?, que de nombreux ouvriers les tissent et les confec- - tionnent.
La coiffure reçut d'une manière toute spéciale l'influence de la mode. Nous en avons une preuve dans les statues des impératrices romaines. La coiffure forme souvent dans ces œuvres d'art une pièce mobile que l’on pouvait enlever et remplacer à volonté, afin que l’image même de l’impératrice ne fût pas démodée ?.
Par devant, les cheveux étaient généralement ondulés et relevés ; par derrière, ils retombaient soit en boucles, soit en tresses; ou bien ils se rassem-
blaient en un chignon que la mode plaça plus ou.
moins haut, et qui prit même la forme d’une pyramide. Les cheveux se divisaient aussi en une foule
de tresses qui s’enroulaient autour de la tête. Mais
si quelques-unes de ces coiffures rappelaient encore la simplicité antique, que dire de ces hautes perruques formées de boucles renversées, et qui semblent avoir été la suprême expression de la mode aux derniers temps de la Rome païenne ‘?
OLA bandelette, nommée witta, forme, avec la stola
. Columelle, xu, Préface.
. Voir plus haut, pages 258, 259.
. Clarac, Description des antiques du musée du Louvre.
. Id, id. Voir aussi les statues de femmes romaines au musée du Louvre. Cf. Ovide, Aré d'Aimer, 1; Juvénal, vi. Voir Tertul-
lien, De l’ornement des femmes, vu.
Es
trainante, les attributs de la matrone ‘. Cette bandelette se plaçait derrière les bandeaux relevés. Une autre bandelette, tissue de lin et d’or, pouvait se mettre sur le front pour le ramener aux étroites proportions qu'exigeait la beauté romaine ?. Les teintes vaporeuses et dorées de cet ornement devaient bien réellement faire rayonner sur la tête le nimbe dont cette bandelette avait le nom. Nous pouvons juger du gracieux effet de cette parure, d’après un buste d'Ariane reproduit par une gravure que nous avons sous les yeux *; ici les cheveux ondulés se relèvent par-dessus le nimbe, courent sous les feuilles et les grappes d’une guirlande de lierre, et retombent en boucles sur les épaules.
L'extrème importance que les Romaines attachaient à leur coiffure est attestée par le nombre des esclaves que concernait ce détail de toilette. Chacune de ces femmes, appelées cosmètes, a un office particulier, Si un ingrédient spécial n’a pas teint en blond la chevelure de la Romaine, ou si cette dernière ne porte pas une perruque de cette nuance, une cosmète soufflera de la poudre blonde sur la tête de sa maîtresse. À telle autre cosmète, il appartient de répandre la myrrhe de l'Oronte sur les cheveux de
A. Plaute, le Soldat fanfaron, 181, 788; Ovide, Art d'aimer, 1, 31, 32; 1, 483, etc.