LS EM PS NN ET AE LES BACCHANTES ROMAINES
Jupiter, subsistait-il plusieurs vestiges de l’ancienne Pudicité, ou, du moins, quelques-uns! »
Ce qui ressort principalement du caractère que Juvénal prête à ses concitoyennes, c’est l'alliance de la superstition, de la cruauté et de l’impudicité. Ces
traits dominants se retrouvent dans les scènes lugu-
bres qui se rattachent à l'introduction des Bacchanales chez les Romains.
Avant de pénétrer à Rome, les Bacchanales avaient traversé l'Étrurie, et avaient plu au génie à la fois sombre et voluptueux de cette nation. Ces mystères ne se montrèrent pas publiquement à Rome : ils s’y glissèrent dans l’ombre. D'abord les femmes seules purent participer à ces fêtes étranges qu’elles présidaient tour à tour; et les initiations, qui n’avaient lieu que pendant trois jours de l’année, se faisaient à la clarté du soleil; mais une Campanienne, étant devenue prêtresse, fit initier ses deux fils, et décida que désormais cinq jours par mois seraient consacrés aux initiations, et que celles-ci s’abriteraient au sein des ténèbres nocturnes. Tout ce que l'imagination peut se figurer de monstrueux se joignit dès lors à ces rites qui avaient pour théâtre le bois sacré de Simila. L'ivresse entrainait les ini-
4. Credo Pudicitiam, Saturno rege, moratam In terris, visamque diu, quum frigida parvas Præberet spelunca domos, ighemque Laremque, etc. JUVÉNAL, V1, 1-10, 14, 15,