‹ La femme romaineChapitre 222 sur 313 · ORAISON FUNÈBRE D’UNE MÈRE · texte numérisé non relu

ORAISON FUNÈBRE D’UNE MÈRE

augmenté par l'honneur du testament. Pour me rappeler la mémoire de mon père et y ajouter le souvenir de sa prudence et de sa fidélité (maternelles), elle me prélégua, après estimation faite, des propriétés déterminées, non qu’elle eût l'intention de me montrer une préférence injurieuse pour mes frères ; mais, en souvenir de la libéralité de mon père, elle décida qu’elle me rendrait ceux de mes biens patrimoniaux qu'elle avait reçus par le testament de mon père, pour que les biens que, suivant l’ordre de celuici, elle conservait sur cette propriété, me fussent restitués. Elle fut d'accord avec elle-même afin que, par la déférence et la probité dont elle usa à l’égard des époux auxquels ses honorables parents l'avaient mariée, elle devint une épouse plus agréable ; qu’elle leur fût plus chère par sa fidélité; que, par le testament qu'elle laissait, elle fût plus honorée; et qu'après sa mort elle fût louée du consentement des citoyens. Comme, dans la répartition de ses devoirs, elle eut l’âme reconnaissante et fidèle, et qu’en vérité elle fut équitable envers ses époux, juste envers ses enfañts, pour ces motifs. et bien qu'il convienne que l’éloge de toutes les qualités des femmes soit simple et identique, parce que les qualités naturelles propres à faire observer la vigilance ‘ne demandent pas une grande variété de mots et qu'il suffit que ma mère ait tout fait pour être digne d’une bonne réputation ; cependant comme les choses or-

Page 1