PITIÉ DUE À LA VESTALE COUPABLE
elle avait été arbitrairement désignée, belle et intelligente comme devait l'être toute vierge de Vesta, que de luttes pouvaient agiter son cœur si le besoin des affections domestiques venait à s’éveillerenelle ! Certes, si son âme était forte, sa vertu devait suffire pour la faire triompher dans ce combat intérieur, et la crainte du châtiment était superflue. Mais si la Vestale ne savait pas se vaincre, si dans sa faiblesse et son aveuglement elle oubliait plus encore que l’imminence du supplice : le respect d'elle-même... certes elle était coupable, bien coupable; et cependant quelle pitié ne mérite pas à nos yeux cette malheureuse créature à laquelle une tâche sévère avait été imposée, ét qui, pour l’accomplir, ne pouvait s'appuyer sur cette foi ardente et éclairée que seule inspire la religion du vrai Dieu!
. Mais il est temps de quitter l’atrium de Vesta, et de rentrer dans l’atrium domestique pour y retrouver la jeune fille qui n’a pas eu à échanger les douceurs du foyer paternel contre les périlleux devoirs du foyer national.