‹ La femme romaineChapitre 23 sur 313 · VESTALE ACQUITTÉE · texte numérisé non relu

VESTALE ACQUITTÉE

Au temps du désastre de Cannes, les Vestales Opimia et Floronia, accusées de s'être déshonorées, furent condamnées au supplice prescrit. L'une le subit; l’autre y échappa en se donnant la mort. Les Romains, voyant sans doute dans le crime de ces deux prêtresses l'origine de leur défaite, cherchèrent à apaiser les dieux; et, d’après les prescriptions des livres sibyllins, ils enterrèrent vifs deux couples d’innocents : un Gaulois et une Gauloise, un Grec et une Grecque ‘. Quelle que fût la cruauté qui, trop souvent, se mêla aux vertus des Romains, les sacrifices humains étaient rares dans leur culte. Il est permis de supposer qu’en cette circonstance le désespoir d’une défaite qui ne leur était pas habituelle leur fit perdre toute notion du sens moral.

La Vestale Postumia éveilla les soupçons par la recherche de son ajustement et la vivacité de son esprit; mais elle fut acquittée par le collége pontifical, non sans avoir reçu l’avis de ne jamais se départir, aussi bien dans son costume que dans son langage, de cette austère simplicité qui seule convenait au culte de sa chaste déesse ?.

Les lois qui châtiaient la Vestale infidèle étaient d'autant plus barbares qu'elles punissaient la violation de vœux que la prêtresse n'avait pas librement prononcés. Enchaïnée a un sacerdoce pour lequel

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