‹ La femme romaineChapitre 259 sur 313 · Plutarque, Antoine; comte Franz de Champagny, des Césars · texte numérisé non relu

Plutarque, Antoine; comte Franz de Champagny, des Césars

but ‘. Naguère elle fut le mauvais génie de Clodius ; et, suivant la forte expression d’un ancien, le célèbre démagogue n’était que l'épée suspendue à la robe de Fulvie ?. Quand cette épée se brisa, quand Clodius fut mortellement frappé par les gens de Milon, et que son cadavre fut exposé à Rome pour animer la fureur populaire, Fulvie était auprès de ce corps; elle en montrait les blessures, elle criait; et la vue de ces plaies, le retentissement de ces cris, ne furent pas étrangers à la farouche résolution de ce peuple qui donna pour bûcher à son idole le palais même où s’assemblait le Sénat, l’aristocratique assemblée tant haïe du factieux Clodius *.

Ainsi que Clodius, Antoine fut « l'épée de Fulvie ». | Cet homme d’habitudes grossières et de mœurs dissolues, cet homme subit avec une docilité extraordinaire l’empire de sa femme. Plutarque fait spirituellement remarquer que Cléopâtre aurait dû rémunérer Fulvie pour les leçons d’obéissance que Marc-Antoine avait reçues de cette dernière, et qu’il mit en pratique auprès de lareine du Nil. On dit que Cicéron pensait au ménage d'Antoine et de Fulvie quand il écrivait : « Pour moi, est-il libre, celui à qui une femme commande ? celui à qui elle impose des lois, prescrit, ordonne, défend comme il lui plait?

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