Cicéron, Philippiques
3, Voir plus haut, pages 399, 400.
été fatal à l’un et à l’autre ! ». Fulvie n’ignore certainement pas non plus que l’illustre orateur a montré le sang qui tachait sa figure au massacre de Brindes ?. Elle a dû savoir aussi que, dénonçant au Sénat les concussions de Marc-Antoine, Cicéron a dit que le trafic de tout l'empire romain se soldait au milieu des corbeilles à ouvrage qui se trouvaient dans la maison d'Antoine *. |
Nous ne croyons pas que ce soit calomnier Fulvie que de nous demander si elle ne contribua pas au meurtre de Cicéron. Quoi qu’il en fût, elleise fit apporter la tête de ce grand homme, lui infligea de honteux outrages, et, tirant cette langue éloquente qui l'avait justement flétrie, Fulvie la piqua de l’épingle qui retenait ses cheveux.
Elle vengea de moindres offenses. Un Romain ayant refusé de lui vendre sa maison, elle le fit placer sur la liste des proscrits. La tête de ce malheureux fut portée à Marc-Antoine qui, ne la reconnaissant pas, jugea qu’elle devait appartenir au sanglant butin de Fulvie, et la renvoya à sa femme.
Ici-bas déjà, Fulvie subit les atteintes du châtiment. Son mari aime la belle et séduisante Cléopâtre. À tout prix la femme d'Antoine veut rappeler en Italie l’époux infidele. Pour y parvenir, pour se ven-
1, .…., quod fuit illorum utrique fatale, Cicéron, Philippiques, u, 5. 2. Voir la page précédente.