‹ La femme romaineChapitre 293 sur 313 · LA MÈRE DE TIRÈRE ET LA MÈRE DE NÉRON · texte numérisé non relu

LA MÈRE DE TIRÈRE ET LA MÈRE DE NÉRON

la vie. En vain eut-elle recours à la ruse, si familière à Livie: plus d’une fois le:masque tomba, et mit à découvert un visage plein de passion.

L'un des bustes d’Agrippine ‘, en quelque mauvais état qu’il nous soit parvenu, reproduit bien le vrai caractère de cette femme. Ce buste nous mét en pré-

sence d’un visage presque masculin et tout à fait

composé; mais le trouble de l'âme ne réussit pas à s’y dissimuler. Quelque chose d’inquiet et de contracté se découvre dans cette physionomie, et nous reporte bien loin du calme superbe et de la grâce souriante de Livie. | | La femme d’Auguste n’est homicide que pour détruire les obstacles qui s'opposent à sa domination ; elle ne les renverse pas bruyamment : elle les fait disparaître avec tant de mystère, que l’histoire ne peut même établir d’une manière certaine sa culpabilité. “ -Agrippine commet plus ouvertement la plupart de ses crimes. Sans doute, comme l’a fait Livie, c'est dans l'ombre que cette veuve, devenue femme d’empereur, substitue sa propre race à celle de son second mari ?; comme a pu le faire Livie, c’est encore dans l'ombré qu'elle trame la mort de l'époux impérial, quand elle a surpris en lui le regret d’avoir sacrifié son

1. Voir deux de ces bustes au musée du Louvre, saile des empereurs romains.

Page 1