LA JEUNE FILLE AUX CHAMPS
paternelle. Son esprit seul était l’objet d’une direction virile! A la différence de la Spartiate, elle n’était pas livrée à ces exercices publics où se perdaient la grâce et la modestie de la femme. La vigueur de la Romaine n’avait pas besoin de ces luttes oymniques pour se développer. À cette époque où les patriciens eux-mêmes passaient aux champs la plus grande partie de leur vie, les Romains associaient leurs filles à leurs rustiques labeurs. Ainsi que ses sœurs de la Mésopotamie et de l’Inde védique, la jeune Romaine sait être bergère. À elle les prairies où elle fait paître ses agneaux ‘! A'elle le vaste horizon des montagnes et les vivifiantes émanations de leurs forêts ! À elle aussi les dons des jeunes campagnards? : les comgs, les paniers de mûres, les grappes de raisins revêtues de leur feuillage, les violettes et les lis destinés à sa corbeille, et l’oiseau aux nuances diaprées, fleur vivante et chantante! Au souffle puissant d’une nature encore primitive, et sous les rayons du soleil d'Italie, la jeune fille acquérait cette force et cette beauté qui devaient immortaliser le type de la Romaine. Pour parvenir à ce résultat, on ne lui avait pas fait perdre ses qualités natives; l’on n'avait pas substitué à celles-ci des habitudes masculines. Les Lacédémoniens n’élevaient leurs filles que pour la patrie : les Romains