‹ La femme romaineChapitre 74 sur 313 · LA MATRONE ET LES LARES · texte numérisé non relu

LA MATRONE ET LES LARES

plir par sa femme, à son ancien foyer, les rites qui doivent lui rendre propices les dieux domestiques. Même à une époque de décadence morale, Plaute fera suivre cette coutume à l’un de ses personna-

ges : «Je veux que notre Lare soit décoré d’une cou-

ronne. Femme, prie-le pour que cette habitation nous devienne bonne, favorable, heureuse et fortunée. Et que je te voie morte le plus tôt possible ..», ajoute ici l'époux. Mais ce charitable souhait appartient au temps où les mœurs commençaient à se corrompre. Ne nous y arrêtons pas maintenant. Lorsque le Romain des vieux jours, c’est-à-dire le laboureur, sacrifie aux dieux après la moisson, il a près de lui sa fidèle compagne et ses enfants. Il immole une victime à la Terre qui à fait fructifier ses sueurs. Sylvain, l'antique génie des forêts, le protecteur des pâturages et du bétail, reçoit du laboureur le lait dont les troupeaux se sont gonflés en broutant l'herbe qu’il donne. Au génie qui veille sur son existence, l’homme des champs offre des fleurs et du vin ?, les fleurs, emblème des joies passagères de la vie, le vin, dont la séve généreuse soutient le travailleur.

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