‹ La femme romaineChapitre 79 sur 313 · LA COMMUNAUTÉ DES BIENS TERRESTRES · texte numérisé non relu

LA COMMUNAUTÉ DES BIENS TERRESTRES

main, au lieu d’une association dont l’homme est le chef, l’on trouve un gouvernement despotique dont la femme est la victime. En pensant que l'épouse peut être vendue ou tuée par son mari, l’on s’effraye de cette puissance souveraine attribuée à l'époux, et qui lui confère les pouvoirs d’un maître, d’un juge et d’un exécuteur. Ce n’est pas seulement lorsque sa compagne lui est infidèle que le Romain a le droit de la faire mourir. N’eût-elle commis d'autre crime que de boire du vin, il lui est permis de la tuer. Cependant une institution vient prévenir et corriger les excès du pouvoir marital : c’est la formation d’un tribunal domestique qui, réunissant les cognats! des deux époux, sauvegarde dans une certaine mesure les intérêts de l’épouse. Il est vrai que ce tribunal n’a aucune valeur légale; mais ses décisions sont revêtues d’une autorité morale que l’époux ne saurait braver sans encourir le blâme de l'opinion publique 2.

D'ailleurs là vertu des Romaines ne dut pas alors souvent permettre à l’époux d'exercer ses droits les

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