Cf. Plaute, Casina
La mère de famille va à l’étable quand les pâtres s'occupent de traire les vaches, les brebis, les chèvres, ou de faire allaiter les petits des animaux. La tonte des bêtes à laine se fait sous ses yeux, et la matrone vérifie le compte des toisons. Elle ne néglige pas non plus la basse-cour qui doit être peuplée de coqs, de poules et de poulets, et qui doit fournir une grande quantité d'œufs.
La maîtresse envoie les esclaves aux champs, et retient à la maison ceux qui y sont nécessaires. Lorsque ses gens sont partis, elle visite la métairie pour s'assurer que nul paresseux n’y est resté contrairement à ses ordres. Mais si la maladie ou la fatigue a retenu un esclave à la ferme, la mére de famille doit lé soigner ou lui prescrire Le repos.
Le temps est-il froid ou pluvieux, lamatrone n’emploie pas ses servantes aux rustiques labeurs; elle les retient à la maison, et partage avec ces femmes le travail de la laine.
La matrone demande à chaque temps de l’année les provisions qui doivent être préparées dans la métairie même. Elle fait confire les herbes, les haricots, la laitue, les oignons, les raves, les olives, les raisins, les prunes, les poires et les pommes; elle fait aussi sécher ces deux dernières espèces de fruit, ainsi que les figues. Sous son active surveillance, les raisins, les grenades, les coings, les noix, sont conservés; le miel que les abeilles ont déposé sur l’en-
g UN SOUVENIR BIBLIQUE 127
tablement du toit’ est mis en œuvre et donne aussi la cire et l’hydromel; le porc salé sèche sur la claie, les fromages sont livrés par le berger.
Grâce aux précautions qu’a prises la mère de famille, les ustensiles nécessaires à la vendange et à la cueillette de l’olive ne manquent pas aux travailleurs. La matrone surveille aussi ces deux importantes récoltes, ainsi que la préparation du vin et de l'huile. Par ses soins, ces deux produits sont gardés dans des celliers; les grains des céréales s’entassent dans des greniers secs, et fournissent une délicate farine ?.
Nous comprenons maintenant toute l’étendue des devoirs que remplissait la matrone, et nous savons de quelle manière la femme partageaitavec son mari le gouvernement de la maison et l'administration des affaires domestiques. Columelle le fait justement remarquer : chacun des époux ne travaillait que pour les intérêts communs du ménage; l’action extérieure du mari et l’action domestique de la femme convergeaient au même but : la prospérité du foyer; et la matrone, elle aussi, enrichissait le fonds commun par son activité et son exactitude. Devant ce salutaire et fortifiant exemple que nous avons voulu admirer dans les plus humbles détails,