Valère Maxime, /. c
2. Tite-Live, 1, 57; Ovide, Fastes, u,741, 743, etc. La laine que chaque esclave devait mettre en œuvre lui était donnée quotidiennement et se pesait. Du participe passé pensus, pesé, vient le nom donné à la tâche : pensum, mot qui, au grand désespoir des écoliers, devait s'appliquer un jour à d’autres travaux que ceux de la laine.
ges de Minerve, ranime la flamme assoupie sous la cendre, et ajoute la nuit à son travail. A la lumière, elle exerce ses servantes à une longue tâche, afin de se garder chaste à la foi conjugale et de pouvoir élever ses petits enfants ?. »
Mais la maîtresse de maison n’est pas toujours dans l’atrium. A cette époque comme nous le disions plus haut ?, le Romain passe aux champs la plus grande partie de sa vie. D'abord pasteur, puis agriculteur, il unit l'élevage des troupeaux à la culture de la terre. Tandis que ses bœufs, ses vaches, ses brebis, paissent l’herbe touffue, s’abreuvent aux sources pures, et que ses chèvres, bondissant sur les collines, broutent le feuillage des forêts, il s'étend à l'ombre deschênes verts. Fût-il patricien, lui-même il conduit la charrue, lui-même il porte la houe. Les blés qui couvrent les plaines; les vignes que le soleil dore sur les collines et qui s’enlacent aux ormeaux; les oliviers qui servent de tuteurs aux ceps, et sont, eux aussi, l’une des richesses du sol italien; les
1. Inde, ubi prima quies medio jam noctis abactæ Curriculo expulerat somnum; quum femina primum, Cui tolerare colo vitam tenuique Minerva Impositum, cinerem et sopitos suscitat ignes, Noctem addens operi; famulasque ad lumina longo Exercet penso, castum ut servare cubile Conjugis, et possit parvos educere natos.
ViRGILE, Énéide, vin, 407-418.
2, Voir page 41.
saules et les peupliers dont le feuillage se reflète dans l'onde, toutes ces productions de la belle nature sont cultivées par la même main qui asservit les nations.
Columelle nous dit que la matrone primitive remplissait elle-même les fonctions qui, plus tard, furent abandonnées à la métayère. En nous initiant aux labeurs de la seconde, Columelle, et avant lui, Caton, nous apprennent ainsi quelles furent les occupations de la première ‘. Avec ces guides précieux, suivons la matrone dans la villa rustique, non dans ces élégantes demeures que virent naître les siècles de luxe et de corruption, mais dans la petite ferme qui abritait les austères vertus d'autrefois.
La maîtresse de maison a sous sa garde les objets nécessaires au culte domestique, les armes du guerrier, les vêtements de la famille, les meubles et les ustensiles du ménage. Elle veille à la conservation de toutes ces choses. Recevant les provisions du ménage, elle en examine la qualité et en règle l'emploi ?. Elle scelle de son anneau ou ferme à clé les armoires, les coffres, le garde-manger *.
1. Columelle consacre aux occupations de la métayère tout Le douzième livre de son traité De l’agriculture. Bien qu'il s'inspire quelquefois ici du beau récit d'Ischomaque, dans les Économiques de Xénophon (récit que nous avons analysé dans la Femme grecque), Columelle nous donne aussi des détails essentiellement romains.