LE FILS OBÉIT À SA MÈRE
l'histoire et la poésié nous disent ce que futce senti-
ment. Le Romain était exercé, sous le toit paternel, à
cette sévère discipline qui était alors la force de sa patrie, et qui, en lé courbant sous les'loïs de son pays, lui apprenait à commander aux nations.
: Gémissant des vices de ses contemporains, Horace
‘dira : «Elle n’était pas née de tels parents, la jeu-
nesse qui teignit du sang punique la plaine liquide, et battit et Pyrrhus, et le grand Antiochus; et leredoutable Annibal; mais, mâle descendance de rusti-
‘ques soldats, elle avait été instruite à retourner la
glèbe avec le hoyau sabellique ;'et, d'après les-ordres d'une mère sévère, à apporter le bois coupé, quand le soleil change l'ombre des montagnes et que; amenant par la disparition de son char l'heure propice, il enlève le joug aux bœufs fatigués 1: »
Couvert des plus hautes dignités/le Romain d'alors
incliné son pouvoir devant l'autorité maternelle. : Nous ne tarderons pas à en rappeler le plus célèbre
exemple.
La mère tempérait par sa tendresse la souveraine puissance qu’elle exerçaitsur son fils. Elle n’eutjamais la cruauté de la mère $partiate. Certes, lorsque son fils sortait de l'enfance, et que, devant les dieux, elle lui rétirait l’ornement du jeune âge, la bulla, et le
1. Non his Juventus orta parentibus Infecit æquor sanguine punico, etc.
Horace Odes, IT, vi, 33-44.