ENCORE UNE MÈRE ANTIQUE D'APRÈS VIRGILE
revêtait de la toge virile!, elle devait être fière .d’avoir donné un homme à sa patrie. Ellé savait envoyer son fils à là bataille et l’armer de sa main?. Ses lecons avaient contribué à former le citoyen étle soldat. Cependant, que d’angoisses Iorsqu’ellé voyait
partir le guerrier! Et quel désespoir s’il'était tué!
Virgile n’a pas craint de placer aux plus lointaines origines de Rome l'une de ces inénarrables douleurs. C’est: dans l'admirablé épisode de’ Nisus et d'Euryale. 9 Seule de toutes les'mères troyennes, la mère d'Euryale à suivi dans le Latium son'fils/'lé ‘plus beau des enfants d'Ilion. Elle aurait pu démeurer en sécurité dans l'asile offert aux Troyennes par un' prince dé Sicile; mais elle n'aurait pu vivre Sans son fils! Elle a donc brave, pour l'accompagner, les hasards des batailles et la rude vie des camps. L'image dé cette tendremère n’éempèche pas le bouillant jeune homme
de vouloir suivre, dans une périlleuse éxpédition, .
Nisus, le plus cher de ses amis. Un rejeton de cette
vieille race qui allait être la souche du peuple ro-
main devait savoir immoler à la gloire des armes les résistances mêmes de l'amour filial.
Et cependant Euryale n’a pas eu la force d'annoncer à sa mère son généreux dessein, ni de lui faire un adieu qui pouvait être le dernier... En prenant