‹ La femme seule, comédie en trois actesChapitre 40 sur 49 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

THÉRÈSE, une longue blouse blanche nar-dcssus sa robe. LUCIENNE, en tenue d' automobile, puis LA MÈRE BOUGNE , et VINCENT.

THÉRÈSE, très gaie.

Je ne t'ai pas dit ce que j'ai fait après avoir quitté le journal de madame Nérisse. Tu crois que je suis revenue directement ici : ce n'est pas vrai. J'ai été

trois mois à chercher un emploi avant de me décider à quitter Paris^Âh! ce n'est pas drôle, le sort d'une fille de bourgeois, lorsqu'elle veut gagner sa vie... ! Une femme seule! Ma chère, on est comme un paria!... Tu vas en juger par un tout petit détail : j'ai eu toutes les peines du monde à trouver une chambre à louer... L'ai-je entendue des fois, la phrase peu aimable : « Nous ne louons pas aux femmes seules. » Et un jour que j'ai insisté, le portier a dit à sa femme, derrière mon dos, celte phrase monumentale : (( Elle n'est pas assez laide pour être honnête... »jEt puis... et puis... et puis! Tu ne t'en es pas doutée, ma pauvre Lucienne! J'ai failli délmler au Grand Guignol...

LUCIENNE, sursauianl.

Hein!

TIIÉISÈSE

Sous le nom de Thérèse de Morfonlaine! Tmil, simplement.

LUCIENNE

Au Grand (Juignol!

TIIKliÈSE

Oh! j'avais d'abord demandé à cnlrer à hi Comédie Française !

LUCIENNE

Tu es folle!

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