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Tune des mille petites misères de sa vie littç- . raire , et qui sans contredit est le seul point qu'il puisse avoir de commun avec un des plus beaux génies des temps modernes , Walter Scott , sur l'autorité duquel il va essayer d'appuyer sa justification. Selon lui, si cette anomalie de l'esprit est critiquable, l'illustre Écossais serait sans excuse, tandis que le pauvre auteur français se présente avec un touchant cortège de circonstances atténuantes devant l'aréopage personnifié si comique-* ment par l'ingénieux Écossais, dans ses pré^* Êices , en capitaines Clutterbuck , docteurs Dryadust, et autres charmantes fantûâes auxquelles il rendait ses comptes, caché soas ses pseudonymes, autres figures non moins charmantes. Avant le désastre qui ^npoisonna ses derniers jours , sir Walter Seott
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vivait en genlilhomme dans son château d'Âbbotsford au milieu d'une ma^îficence digne de sa royauté littéraire, dotée d'une liste civile de trois cent mille francs. Il écrl^ vait à son aise et à sa guise un ouvrage par six mois , sans autres engagemens que ceax qu'il prenait avec la gloire. Dans cette siHiKi^' tion, un écrivain est tenu de ne publier que des chefs-d'œuvre complets. L'auteur fran»çais n'a qu'une liste incivile et des engagemens aussi sérieux que ceux inscrits par les» jeunes filles sur le vélin de. leurs éventails-, au bal. Ainsi, les différences qui existent entre lui et ce beau géoie dans l'ordre spirituel, m» sont pas de moindre étendue dans l'ordre physique.
Walter Scott aurait pu peut-être éviter ce prétendu défout qu'il a défini lui-même en
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répondant à des critiques empressés de convertir ses plus brillantes qualités en vices , étemelle manœuvre de la calomnie littéraire.
Ce vice consistait à ne pas suivre ses plans primitifs, construits d'ailleurs avec cette profondeur qui distingue le caractère écossais, et dont la charpente se brisait sous les développemens donnés aux caractères de quelquespersonnages. En travaillant d'après ce flamboyant carton que tout peintre littéraire se dessine sur la toile de son cerveau , il voyait grandir, comme aux ombres chinoises, une figure si attrayante, des existences si magnifiques, un caractère si neuf, qu'au lieu d'une place mesquine, il les laissait sa carrer dan& son œuvre. La changeante déesse, la Fantaisie, l'invitait d'un mouvement si persuasif en remuant ses doigts blancs et roses,.
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elle lui souriait d'un sourire si fascinateur, elle se faisait si coquette dans Fenella, si profonde dans le laird de Dumbidikes, si variée aux Eaux de Saint-Ronan, que lui, enfant aussi naïf qu'il était grand homme, allait et la, suivait dans les coins obscurs qu'elle se plaisait à illuminer. Ce grand génie, dupe de sa propre poésie, furetait avec la déesse : il retournait les pierres des chemins sous lesquelles gisaient des âmes de licencié, il se laissait emmener au bord de la mer pour voir une marée, il écoutait les délicieux bavardages de cette fée, et les reproduisait en arabesques feuillues et profondément fouillées, en longs préparatifs, sa gloire aux yeux des connaisseurs , et qui doivent ennuyer des esprits superficiels ; mais où chaque détail est si essentiel , que les person-
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nages , les éYénemens seraient incomprélieiKSÎbles si l'on retranchait la moindre page. Anssi, voyez comme il lance ses railleurs personnages de préÊiee sur les critiques? Comme dlB beaux chiens de chasse, ils courent sus a la bête , et d'un coup de gueule mordent à fcHid ces ditsarisiarques. Cesit^ënieusespréfaces, sans fiel et malicieuses > ironiques avec bonhomie , où brille la raison comme savait la foire resplendir Molière, ces préfoces sont des chefe-d'oMvre pour les ei^rits studieux qui ont conservé le goût de l'atticisme. Sir Walter Scott , homme riche , Écossais plein de loisii^s, ayant tout un horizon bleu devant lui , aurait pu , s'il l'avait jugé convenable , mûrir ses plans et les composer de manière à y sertir les belles pierres précieuses trouvées durant l'exécution ; il pensait que les
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clioses âaient hiem comme il les produisait, et il avait raison.
Si le pauvre et infirme auteur français avait routrecuid^yace de penser ainsi, il sorait grand tort : il n'est , comnfê nous venons de l'expliquer, ni moralement ni physîquexneiit dans les conditions où les dons du génie , ceux de la fortune, et la ruse écossaise , ruse innocente d'ailleurs , avaient placé sir Wal~ ter Scott« D*di>ord , il est d'un pays où l'on se donne le moins de peine possible ; il n a ni dbàteau d'Âbbotsford ^ quoiqu'il y ^n ait de iA&a beaux dans ce pays, ni les magnifiques jDdeubies , ni les domaines, ni les chiens de chasse de Waller Scott : il est sorti de ison natUKl en travaillant, comme il est sorti de sa ,province en devenant quasi-Parisien. Puis, il ae« rin^rudence de se montrer dans l'arëne