LA MACHINE EN MOUVEMENT
Il faut pvoir bapté l6« hurç^ux paur rçccmn^Hr^ Il quQl point la vie y f*e9^inl>lp k celle d(^$ collèges ; ipaU partout où lç# hommes vivant collectivement , cette similitude <^st frappante : ^11 régiment, dans le# tribunaux, vqus retrouve;^ le poUége plus ou moins agrandi. Tous ces em*ployés I réunis pçfidant l«urs s^fuices de huit
heures dans les bureaux , y voyaient une espèce de classe où il y avait des devoirs à faire , où les chefs remplaçaient les préfets d'études , où les gratifications étaient comme des prix de bonne conduite donnés à des protégés , où Ton se mo« quait les uns des autres , où l'on se haïssait et où il existait néanmoins une sorte de camaraderie ; mais déjà plus froide que celle du régiment , qui elle-même est moins forte que celle des collèges, .car^ à mesure que l'homme s'avance dans la vie, l'égoisme se développe et relâche les liens secondaires en affection.
En ce moment , la division de M. le baron de La Billardière était en proie à une agitation extraordinaire bien justifiée par l'événement qui allait s'y accomplir, car les chefs de division ne meurent pas tous les jours , et il n'y a pas de tontine où les probabilités de vie ou de mort se calculent avec plus de sagacité que dans les bureaux. L'intérêt y étouffe toute pitié comme chez les enfans , mais avec Phypocrisie de plus«
LA FEMME SUPÉRIEURE; 2^g
Vers huit heures , lés employés du bureau Baudoyer arrivaient à leur poste , tandis qu'à neuf heures cieux de Rabburdin comcnençai^dt à peine à se montrer, ce qui n'empêchait pas d'expédier la besogne beaucoup plus rapidement chez Rabourdin que chez Baudoyer. Dutocq avait de graves raisons pour être venu de si bonne heure. Entré furtivement la veille dans le cabinet où travaillait Sébastien , il l'avait vu copiant un travail pour Rabourdin ; il était resté secrètement y avait vu sortir Sébastien sans papiers : sûr . alors de trouver cette minute assez voltmiineuse et la copie cachées en un endroit quelconque , il avait fouillé touà les cartons l'un après l'autre , et trouvé ce terrible état. Il s'était empressé d'aller chez le directeur d'un établissement autographique faire tirer deux exemplaires de ce travail au moyen d'une presse à copier, et possédait ainsi l'écriture même de Rabourdin. Pour ne pas éveiller le soupçon , il s'était hàtê de replacer la minute dans le carton^
en M rendant le premier au bureau. li^^nu jufl^u^à mÎQuit njo Duphot, Sébastien avait été devancé par la haine , malgré sa diligence; la haine demeurait^ me SaîntrLouî«-^ift{;-)io* noré y tandis qqe la dévouement demeurait: rue du Roi-Doré au Marais. Ce simple retç^rd pes^ sur toute la viedeRabourdin. Sébasiieq , prea/aç d'ouvrir le carton , y trouva sa flopie înacti^vée^ la minute eq ordre , et les serm d^ns Ift min/i de son chef^ Vers la fin de déçM^bpe , |t fi^t sopvent peu dair le matin dans les bMf^fWK j il en est même plusieurs ou l-0n gêf dait des lam*^ pes jusqu'à diin hnures , ^bfli»t|#n n9 pv^ dçnf^ i^emarquer la pression do i^iÛ^P^ §ur jfi ppi^i
Mais quand . vers 1ns Huit hmre» ^1 é§mf t R^^ bourdin examina sa minute o il PRPrçpt dVHtAfîf mieux i'eflTet produit par I^n procéii^ii 49 Vunr tograp})ie, qu'il s'en était b^nenup oopupé pPUf vérifier si les presses aiitographiq4ie.s reinpl^ge' raîMt jea expéf^tionnairps* h^ çi^f 49 b9P99V s^assit dans son fauteuil^ pril mk pînçj^^^ et m
LA FEBIME SUPÉKIEURE. lail
mit ^ arranger métho(li(|u^Tipnl; sqq feu ^ tant il fqt absorbé nar ses réflexions. Curieux de sayoiir «trç }^9 nRaIns de qi» se trQ4vai( son secret , il inonda §^i)a«ti$ij.
— Quçlt^u'im e^t venu ^Y^Ptyçus ^t) biirçsip, loi c(eiQ$in4a-t-n.
— Oui, dit Sébastien 2 M. Dutocq.
— Biçiî, il ^st çixaçt;, EnyQyez-.îngi Antoine.
Trçp ijrand ppur affliger inutilement Sébastien en li)i reprochant un malheur consommai RabflunJio ne Ipi dît rjen. Antoinp vîçt, Rgbourdin lui demanda si la veille il n'était nas resté (juelqiiea employés après, quatre heures jj le garçpii de )3ureai| Iq i non^m^ Dutocq comme vpioXf tfayaillé plus ta.r4 que M. de la Roche. RsiîQHrdin Qopgédia te garçon pgr un sijjrne de tête, et rfjpril; |e fipmr# de ses r^éfleaçions^
-^ A d^ux fois , j'ai empêché s^ destjtutipn , se dJHl- VQJlà ma réçogipepse,
Çettç matinée devait être ppur le chef de bu-r Tjp^^ çoinine le momept solçnnçl pu les grands
capitaines décident d'une bataille en pesant tou-» tes les chances. Connaissant mieux que personne I^esprit des bureaux , il savait qu^on ii'y pardonne pas plus ià qu'on ne le pardonne au collège ni à l'armée , ce qui ressemble à ta délation , à Tes* pionnage ; qu'un homme capable de fournir des notes sur ses camarades est honni , perdu , vilipendé ; que les ministres abandonnent en ce cas leurs propres instrumens. Un employé doit alors donner sa démission et quitter* Paris , son honneur est à jamais taché : les explications sont inutiles 9 personne n'en demande ni n'en veut écouter. Â ce jeu , un ministre est un grand homme , il est censé choisir les hommes ; mais un simple employé passe pour un espion , quels que soient ses motifs. Tout en mesui^nt le vide de ces sottises , il les savait immenses , et s'en voyait accablé. Plus surpris qu'attéré, Rabourdin chercha la meilleure conduite à tenir dans cette circonstance. Il resta donc étranger au mouvement des bureaux mis en émoi par la
inort de M. de La Blllardiére , et iie l'apprit que par le secrétaire particulier du ministre.
Or donc, dans le bureau de^Baudoyer, Bixiou racontait les derniers moinens du directeur de la division à Minard y à Desroys , à M. Godard qu'il avait fait sortir de don bureau, à Dutocq accouru prés de lui par un doublé motif. Colleville et Chazelle manquaient.
Bixiou ( debout devant le poêle , à la bouche
duquel il présente alternativement la semelle de chaque botte pour la sécher ).
Ce matin , à sept heures et demie , je suis allé savoir ded nouvelles de notre digne et respectable chef, chevalier du Christ , etc., etc., etc., etc., Mon Dieu oui, messieurs! il était encore hier vingt et cœtera ; mais aujourd'hui ii n'est plus rien , pas même employé. J'ai demandé les détails de sa nuit. Sa garde, qui se reiid et ne meurt pas , me dit que , le matin
dés cinq heures , il s'était inquiété de la famille
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vQyûe- Il 3'était h\% \in les Qopis di» om% qui veqaie^t du bureau savoir do s^ uouvf lies, Çn- % , Il dvgît ^t : — « JSmplissesi m^ tabatière^ donm^-moi k Journal , apport^z^moi ww kesiçks ; isfum^^z nwn mban 4^ la Légion-' i'ffoTwsur^ il ^t bim sak* » Vous fe savez, il porte ses ordrep au Ut. Il avait donc toute sa counaissance ^ toute sa tête ^ toutes sçs idées habituelles. Mais bah ! dix minutes après , l'eau avait gagné , gagné , gagné le c(wr , ga* gné la poitrbe , il s-était senti mourir en sentant les kystes crever. En ce moment fatal, il a prouvé cMobi^n il avait la tâte forte et çombieu était vaste wu îutelligencç ! Ah I nous n§ Tavons ps apprédé > mm autres ! Nous qou$ moquions de lui , nou$ le regardions compte UU0 ganache, tout ce qu'il y a de plu$ gau^che, n'est-ce pas , M» Godard ?
G0P4Iin.
^Iqî, j'estimais les tdleiis dç M. de La pi{lar- Jière mieux que qui quçce soit.
LA FEMME SUPÉntâDRà. ^4^
BIXIOU
Vous VOUS compreniez I