‹ La femme supérieureChapitre 31 sur 36 · BI9LI0U · texte numérisé non relu

BI9LI0U

Et Isidore Baudoyer ?

cQLLEviLLE (^uvcc mystère).

Je ne voudrais pas le dire à d'autres qu'à Thuillier.

wmQV*

Gage un déjeuner que je le dis.

Je le paie , si vous le trouve? ?

PIXÏOU,

Vous le paierez donc^ en faisant un pouf à madame de Colleville. Isidore Baudqjrer donne : Ris d'aboyeur (foie I

ÎIXIW.

Monsieur, faites^moi l'honneur de me croire ^9wm rioba m niaiveries pfHir w pa$ dérober fseUa» de mon prochain .

BAUDOYER (entrant un dossier à la main).

Messieurs , je vous en prie, parlez encore un peu plus haut , vous mettez le bureau en trèsbon renom auprès des administrateurs. Le digne monsieur Glergeot , qui m^a feit Thonneur de venir me demander un renseignement , entendait vos propos ( il passe chez M* Ge^ dard).

Bixiou (à voix bttsse).

L'aboyeur est bien doux ce matin , nous aurons un changement dans l'atmosphère.

DUTOCQ (pas à jBixiou).

J'ai quelque chçs^ à vous dire.

â54 LA FEMME SUPERIEURE.

Bixiou {tâtant lebgikt de Dutocq).

Vous avez un joli gilet qui sans doute ne vous coûte presque rien. Est-ce là le secret ?

DUTOCQ

Comment pour rien ! je n'ai jamais rien payé de si cher. Cela vaut six francs l'aune au grand magasin du Revenant, rue de la Paix^ une^ belle étoffe mate (}ui va bien en grand deuil.

Bixiou;

Vous vous connaissez en gravures, mais vous ignorez les lois de Fétiquette, on ne peut pas être universel. La soie n'est pas admise dans le grand deuil. Aussi n'ai-je que de la laine. M. Rabourdin,M. Clergeot, le ministre sont tout laine ; le &ubourg Saint- Germain tout laine. Il n'y a que Minard qui ne porte pas de laine , il a peur d'être pris pour un mouton , nommé Lanigeren latin de Bucolique ; il s'est dispensé , sous ce prétexte , de se mettre en deuil de Louis XVIII , grand

législateur , auteur tie la charte et homme d'esprit j un roi qui tiendra bien sa place dans l'bis* toire ^ comme il la tenait sur. le trône , comme il la tenait bien partout ; car savez-vous le plus beau trait de sa vie ? non. £h bien I à sa seconde rentrée ^ en recevant tous les souverains aU liés, il a passé le premier en allant à table. coLLBViLLE (regardant Dutocq),

Je ne vois pas...

DUTOCQ (regardant Collevilk).

Ni moi non plus»

BIXIOU

Vous ne comprenez pas? Eh bien! il ne se regardait pas comme chez lui. C'était spirituel, grand et épigrammatique. Les souverains n'ont pas plus compris que vous , même en se coti-*

sant pour comprendre.

(Baudoyer^ pendant cette conversation^ est au coin de la cheminée dans le cabinet de son sous-chef^ et tous deux parlent à 9oix basse. )

!)5& Li FEAIMC SUPÉRIEURE.

BAUQQYU.

Oui, le digne homme eipire. X^ea ëtUK mi?

ilisirM y nàt pour racévoiv son denier sQupir, tM9k beaU'pève vient d'être averti de Vé^émr ment. Sk vous voulei me rendre un signalé serir vice I vous prendrez un eabriolet et vous in» prévenir madame Baudoyer, par M. Saillard ne peut quitter sa caisse et fooi je n'ose laisser le bureau seul. Mettez-vous à sa disposition : elle a y je crois^ ses vues , et pourrait vouloir faire simultanément quelques démavdies.

(Les deux fonotùmnaires sortent ensemble. )

GQDàBD.

M. BixioUy je quitte le bureau pour la jour»

née y ainsi restez*y«

BAUDQYER ( d'uu air bénin ).

Vous me consulterez, s'il y avait lieu.

BIXIOU

Pour le coup , La Biliardiére est morl ! .

LA FEMME SUPÉRIEURE. ' r^S?

Venez dans le cabinet.

{Bixiou et Dutofif jM^ent et se regardent

fiQmoQ {fHuriant 4tms Patmile de JSixiou% Êoc^mee. ^oki 4^ momeitt de nous ^eiiteiidrc {>e«r avanoer^ Que dkîez^iMifi, «i nous dciiser nions vous chef et moi sous-cbcf.

BIXI06 Chaussant des épaules )• Allons , pas de Ëirces !

DUTOCQ

Si Baudoyer était nommé , Rabourdin ne resterait pas^ il donnerait sa démission. lEntre nous y Baudoyer est si incapable que si Diibruel et vous, vous voulez ne pas Paider^ dans deux naois il sera renvoyé. Si je sais compter, nous aurons devant nous trois places vides. -

BIXIOU

Trois plfices qui no^is passerpqt 30us le pez, et qjpi ^ï!fmp donnée^ à des ventrus , à des la-

258 hk FEMME SUPÉRIEURE.

quais ^ à des espions, à des hommes de la Congrégation, à des.,...

DUTOÇQ.

A vous, mon cher, si vous voulez une fois

dans votre vie employer votre esprit logiqi]^-

ment ( il s'arrête comme pour, étudier sur la

figure, de Bixiou V effet de son adverbe).

Jouons ensemble cartes sur table.

Bixiou {impassible).

Voyons votre jeu?

DUTOCQ

Moi je ne veux pas être autre chose que souschef| je me connais, je sais que je n'ai pas, comme vous , les moyens d'être chef. Dubruel peut devenir directeur, vous serez son chef de bureau , il vous laissera sa place quand il aura lait sa pelote , et moi je boulotterai , protégé par vous , jusqu'à ma retraite.

BIXIOU

Finaud ! Mais par quels moyens comptez-vous mener à bien une entreprise où il s'agit de forcer

la main au ministre , d'expectorer un homme de talent? Entre nous, Rabourdinest le seul homme capable de la division , et peut-être du ministère. Or il s^agit de mettre à sa place le carré de la sottise , le cube de la niaiserie , là place Baudojrer !

DUTOCQ ( se rengorgeant ).

Mon cher, je puis soulever contre Rabourdin tous les bureaux ! Vous savez combien Fieury l'aime? eh bien , Fieury le méprisera.

BIXIOU

> Être méprisé par Fieury!

DUTOCQ

Il ne lui restera personne. Les employés en masse iront se plaindre de lui au ministre , et ce ne sera pas seulement notre division , mais la division Clergeot , mais la division Bois- Levant et les autres ministères.

ÎBIXIOU.

C'est cela ! cavalerie , infanterie , artillerie et le corps des marins de la garde, en avant ! Vous

36o. L4 FSHMC SUPÉRIEURE.

délire»!' mon cbçr ' Et moi j qu'ai-je à faire là-

46ddQ9 ?

PUTOCQ.

. Vm caricature; mor^apte , iin dessin à luer

un hçivBme,

BIXIOU

Le paierei-¥OUS?

WltOOQ*

Ce^tfrftnet»

Bixxou ( en luUméme )• n y a quelque chose.

DUTocQ ( continuant ).

li (audraît le représenter habillé en toucher, ipai^ bien ressemblant ^ chercher des analogies eQtre un bureau et une çuisiqe , lui mettre à la

roaîo un trandl)e')ard , peindre les principaux employés des ministères ep volailles , les encager dans une immense ^uriciére sur laquelle QQ écrirait : Exécutions, administratives , et il atffoit oenié leur couper le cou un à un. Il y

aurait des oies^ des «saMith à têtes conformées conufid ks â^resi (kB|iortratt« vagues ^ yous comprenez I il Moudrait ûù volatile k la main^ Baudoyer, par exemple « fait en dindon.

MXIOU»

Ris d'aboyeur d'oie \(Ila regardé peHdûM long-temps Dutocqt ) Vous avez trouvé cela ,

^ DtJtOCQ. I ^

Oui, moi. \Î>0B:2^

Bixiou ( se parlant à lui-même).

lirfi^Beatimeiils violenta conduiraient-iU donc eK^ joifkne but que le géi^ie ? {à Duiocf. ) Mon dMr^ je forai oela (DMùcç laisse ^çhapfier :'% mom^^ment (kjéU) , quand (point d'orgue) hMnm mv quoi m'appuyer^ aar si vous ne ffétirnssez paS) je perds on place^ et il faut qwe jf yiv^ Vous étés encore sîngalîèrement bon

ill64 tÀ ^ÊMMË SUt^ÉKÎËtKÊ^

PAULMIER

. Pnr exemple ? M. Gôcbîfi û'â peot-étre pd« trois mille ? [1 a succédé à M. Vavasseur f f)^ ik éié dit ans sous l'empire à Quatre mille ^ Jl 4 4^é remis k trois mille à là |)retnière rentrée^ 0jt e&l ittort à deux mille cinq eent^. H'Ms - par la proicctioo de son Irère ^ M* Cocbio s'est hk augmenter , il a trois mille.

dOtlIiliTlt»LBl

M. Cochîn signe E. L^ L. E. Coohin , il se nomme Émilc-Louis-Lucien-Emmanuel, ce qui anagramrfié donne 'Cochenille. Ëli bien , il est associé d'une maison de droguerie , rué Jes Lombards, laquelle s enrichit par une speculalioifi %W cette déMPéë éôlbniàlë^ U le VÀis éïez Thuilliêi'^ilèit dé lapréthlérë fôrcréèuf féVlbifH& ( A Bixiou qui ne s^est pas encore mis au travail. ) Vous devriez venir cbez ThuîUier entendre un concert , mardi prochain. On joue un quintetto de Reicha.

BlXtOtJ.

Merci , je préfère regarder la partition.

BAUDOYER (^eperuint).

M» Chaaetië fl '^t pa» e^icore tenu , yow lui fiirts mes compiifneiis^ Measitfiirftr

I^AiLMtfeii (^tt/ d mlÉun èhttptàttà hpluée ttè Ùkazéik nh mteHddHt tè pas tlt Bûïl^

t^a^(lon , Monsieur , il est aile demaiïdeV un dossier chez les Rabôurdm.

CHAZELLE (entrant sans s>oir Baudojrer).

Le père La Billardièi^ est enfonce, Messieurs) Rabourdin est chef de division , maitre des ret{(léleë ! il h'a pas Vdlë. sbM «VéAcénlëht , «etUi-^St....

BAUDôYEfe (à Chàzétte).

Vous avez trouvé cette nomination danS votre second chapeau, Monsieur, n'est-ce pas? (// lui montre le chapecùZ ifièiest à saptace.)

â66 LA. FEMME SI]P£rI£URE.

Voilà la troisième fois depuis le commencement du mois que vous venez après neuf heures; si vous continuez ainsi , vous ferez du chemin , mais savoir en quel sens ! (à Bixiou qui lit le journal). Mon cher monsieur Bixiou^ de grâce laissez le journal à ces messieurs qui s'apprêtent à déjeûner, et venez prendre la besogne d'au^ jourd'hui. Je ne sais pas ce que M. Rabourdin fait de Gabriel ; il le garde^ je crois^ pour son usage particulier. Je l'ai sonné trois fois. (Bçm* dojrer et Bixiou sortent.)

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