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NÉCESSITÉ DE LA DIRECTION

Vous serez persuadées de sa nécessité^ en réfléchissaut aux considérations suivantes. Le principe de la

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direction spirituelle se rattache à un autre plus général, à savoir que nous avons tous, ici-bas, besoin les uns des autres : la société ne vit que de mutuels services, elle est fondée sur de continuels échanges.

Dans l'ordre matériel, vous recevez des services de tous vos fournisseurs et vous leur en rendez. Ils vous donnent en nature, vous leur donnez en espèces. Vous échangez votre argent contre des aliments, des vêtements et d'autres objets à votre usage.

Les médecins vous apportent la santé, ou du moins le soulagement dans vos maladies et vos souffrances physiques. En retour, vous leur donnez les honoraires dont ils vivent.

Les notaires, avoués, avocats, vous donnent leurs conseils en échange de votre confiance. Les professeurs et les éducateurs vous donnent leur science, leur dévouement; vous leur donnez vos esprits et vos âmes à cultiver.

Ainsi, la société vit de continuels échanges; et, dans l'ordre intellectuel et moral, ces échanges deviennent une véritable direction, si vous avez confiance en celui dont vous recevez les leçons. Quoi de plus élevé et de plus beau que cette communication mutuelle que les hommes se font entre eux des biens qu'ils possèdent? Quoi de plus admirable que ces échanges fraternels qui nous unissent entre nous comme les membres d'une môme famille, et nous apprennent à nous aimer ?

Mais, y a-t-il des intérêts plus importants que ceux de notre âme et de notre éternité, que ceux qui touchent à la gloire de Dieu et à notre salut ? Y a-t-il des échanges plus nécessaires que ceux qui se font dans Tordre moral, dans l'ordre de la religion et de la piété ? La direction spirituelle n'est-elle pas le plus

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noble, le plus élevé^ le plus admirable de tous les secours?

Vous vous honorez de la conversation d'un lettré, d'un savant, d'un homme réputé maître dans la pensée. Combien ne devez-vous pas attacher plus de prix aux entretiens d'un prêtre qui représente Dieu, qui est rempli de sa pensée, et dont les paroles et les maximes ne seront autres que celles de Jésus-Christ! Avez-vous jamais songé à cela, pauvres têtes légères, vous qui êtes tentées de sourire lorsqu'on vous parle de direction ? Mais la direction n'est pas seulement une des fonctions les plus nobles et les plus relevées, c'est une des fonctions les plus nécessaires. Quand Marie-Madeleine aux pieds du Sauveur écoutait sa parole, elle recevait sa direction, et le Divin Maître disait: a Une seule chose est nécessaire, Marie a choisi la meilleure part. » Cet unique nécesaire, c'est la ferveur; or la direction spirituelle est une des manières les plus efficaces d'y travailler, a Cherchez un bon guide, dit saint François de Sales, c'est de tous les avertisse* ments le plus nécessaire et le plus important. »

En effet, la direction vous éclaire sur vous-mêmes. Elle vous rend cet immense service de vous aidera vous connaître. Quoi de plus utile ? Les païens l'avaient compris ; et, sur le temple de Delphes, on pouvait lire cette inscription, qui est comme le résumé de la sagesse antique : a Connais-toi toi-même I » Mais comment se connaître ? Rien de plus difficile. L'amourpropre, l'intérêt, la crainte, la lâcheté, l'habitude vous aveuglent. Vous êtes les dernières à remarquer vos défauts. Vos parents, vos amis, vos serviteurs, le monde, les voient : on en parle, on en rit. Vous ne vous en doutez pas.

La direction oblige à se regarder soi-même,

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à sonder attentivement sa conscience pour en rendre compte. Elle vient à votre aide aussi par les lumières que le Directeur puise dans sa clairvoyance et son expérience, et qu'il vous communique.

Les âmes sans direction sont des âmes sans lumières, soit qu'elles fuient la lumière, soit que, la cherchant, elles ne la trouvent pas, faute d'un guide. Au contraire, les âmes qui se font diriger marchent dans la lumière et progressent dans la connaissance d'ellesmêmes.

La direction rend à Vim^ un second service, qui n'est pas moindre que le premier: elle Vhumilie. L'orgueil est le plus grand obstacle à la ferveur, parce que le Saint-Esprit nous avertit que a Dieu résiste aux orgueilleux » et leur refuse sa grâce, et que la ferveur est impossible sans la grâce. Or, quel meilleur moyen de vaincre l'orgueil, d'abaisser l'amour-propre, et de s'humilier sincèrement, que la direction ?

Déjà la confession rend ce service d'humilier. Mais la direction l'étend et le complète par les aveux plus détaillés, et l'ouverture de conscience plus grande qu'elle demande et qu'elle provoque.

C'est pourquoi les orgueilleuses surtout et les indépendantes redoutent la direction; l'humiliation leur fait peur. Mais c'est justement ce qui serait pour elles le meilleur remède et le salut. Plus elles la craignent, plus elles en ont besoin. Les âmes qui ont le courage de recourir à la direction gagnent vite de ^humilité et de la simplicité ; elles attirent sur elles l'abondance des grâces divines.

La direction renferme un troisième avantage : elle exerce à lahnigation. En effet, elle demande l'obéissance; elle exige le soumission; elle oblige au renoncement le plus difâcile, le plus méritoire, le plus

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