I.A FÊTE I) K MOLIÈRE
Gaillard et vert encore, — il porte avec gaieté Les cinquante-neuf ans dont le ciel l'a doté;
Mais il a la manie étrange et singulière De n'aimer qu'un seul homme — un seul homme — Molière. Il cite à tout propos son maître - et se complaît A parler comme au temps de Molière on parlait.
Trouvant mesquins les noms de ce siècle, — il s'attriste De ne point rencontrer Oronte, Alceste, Arisle,
Et se montre si lier de s'appeler Jourdain,
(Ju'il ne se nomme pas sans s'incliner soudain.
Alphonse!
Bizarre original !
CEORCETTE.
11 doit à son poète
Les noms doses enfants. — L'alnée est Henriette, La cadette , Isabelle. — Et le lrasard a fait De chacune en son genre un souvenir parfait Du type que son nom au théâtre désigne.
OCTAVE
Oui, la bella Henriette a la tendresse digne,
Le sens droit, l'esprit fin, la bonté, la douceur De celle qu'on admire et qu'on aime.
ALPHONSE
Sa sœur.
Espiègle autant que bonne et bonne autant que belle, E.-t le portrait de la pupille à Sganarelle.
GEORGETTE
Monsieur Jourdain, ravi de ces rapprochements, Aime à les constater elles trouve charmants;
Enfin sa passion et l'èga’re et le grise Au point que ce matin, malgré le froid, la bise,
Mal gré certains efforts faits par certaines gens...
— Efforts qui sont pour vous assez encourageants, — On a quitté Paris, son coin du feu tranquille,
Pour venir célébrer au sein de cette ville La fête de l'auteur du Tartufe.
OCTAVE
Entre nous,