ACTE SECOND (Troisième Tableau
La maison du docteur Oliva n ayant absolument aucun rapport avec la pièce, il serait inutile de suivre ce très brillant remplissage dans tous ses détails. — C'est l'acte des toilettes.— - Les comparses, la figuration des plus jolies actrices de la troupe, faisant assaut de parures, et sortant leurs écrins ; le défilé des types grotesques de tous genres, expliqués par Froulin-Narcisse à Béchamel, comme en un spirituel tableau de revue... La baronne étrangère, la vieille cocotte retraitée, l'Espagnol intrus, chamarré de plaques et de cordons qui dit : — « Yo m'en vas!... » quand on le met à la porte ; le ménage commerçant de la rue Saint-Denis... Ce divertissement n'est qu'un ravissant intermède, pour occuper le tapis, jusqu'au moment psychologi([ue qui doit enfin aborder le sujet de la pièce. Deux seules scènes de tout cet acte tiennent à l'action. 1" La scène de Philippe et d'Odette, qui sert à dévoiler les tristesses, les amertumes, les regrets de la mère oublieuse et de la femme égarée... (Fiam. pages 73 à 80). Philippe, qui est avec le comte dans un théâtre tout voisin, vient apprendre à Odette que son mari est à Nice. Le
comte sait tout ; et, pendant un entr'acte, il envoie proposer à sa iemme de quitter la France, en y laissant son nom... Odette renvoie Berton se promener. 11 y va... Suit l'horrible esclandre, et l'exécution de l'amant de la comtesse, trichant au jeu...
2° Scène d'Odette et du comte de Glermont. Le précipice est ouvert devant la femme coupable.
Restée seule : — Qui me sauvera ? s'écrie-t-elle accablée.
— Moi ! dit le mari vengeur, qui, profitant d'un autre entr'acte, tombe à sou tour, sans invitation, à la soirée du docteur Oliva, moment très propice pour une explication d'affaires aussi sérieuse.
Trois tableaux, sont joués, sans autre résultat que ce simple fait d'exposition, à savoir :
« Le comte et ia comtesse de Glermont séparés, se retrouvent au bout de quinze ans... »
Inutile d'essayer de détourner l'attention sur les trorape-l'œil habilement employés juscjne-là. Le prologue n'est qu'un épisode détaché, le carnaval de Nice un hors-d'œuvre charmant, les personnages interlopes, les scandales de tripots, les expulsions de grecs... tout cela n'est que ce fonds d'accessoires que l'auteur sait si bien manœuvrer dans toutes ses productions...
— Di'haptiaer les personnages, et diamjer le. lieu .. » a dit lui-même le prestigieux auteur do Divorçons.
Le fait, c'est que, de par la plus stricte analyse de ce qui constitue le théâtre, les trois premiers tableaux d'Odette n'ont fait que tourner, retourner et allonger ce simple fait d'exposition :
« Le comte et la comtesse de Clermont sont séparés, et ils se retrouvent après quinze ans. »
Que cette exposition soit racontée en une seule scène, au début de ma pièce, ou répétée en trois scènes noyées dans les trois premiers actes de mon éminent confrère, le masque tombe dès qu'il lui faut enfin en venir à un sujet.
Or, une fois dans l'action réduite à ses seuls acteurs, il n'y a, dans Odette, absolument aucun autre sujet de pièce que le sujet de la Fiammina, purement et simplement emprunté. Les personnages débaptisés ne peuvent plus être déguisés. Le même père, ayant élevé un enfant, que la même mère coupable n'a jamais revu. Le même instant précis d'un mariage... que l'arrivée de ladite mère vient rompre, pour les mêmes causes, identiquement développées dans les deux ouvrages. Dès les premiers mots de cette scène du comte de Clermont et d'Odette, qui aborde forcément la fable du drame : comme l'a écrit Sarcey, le public n'a eu (|u'iin cri : '( (^est la Fiammina!...