LA FI A MM T. M (.ON TRI' ODRTTF
En effet, dès cet instant, plus d'ambages, plus de détours, plus de longueurs inutiles. Après trois actes d'alibi, le nœud de la pièce d'Odette, c'est le nœud de la Fiammina. L'action pathétique qui va se jouer : c'est l'action de la Fiammina, dont les situations capitales vont être ramassées en trois scènes, copiant, un à un, les mêmes effets, pour en arriver au même dénouement. Il suffit de reprendre ici les citations textuelles, contenues dans ma première lettre h Sardou, pour réduire à néant toutes ces allégations puériles, qui essayent d'invoquer les hasards d'une rencontre d'inspiration sur un même sujet, tout accidentellement choisi.
L'argumentum d'Odette, c'est, mot i\ mot, l'argumentum de la Fiammina.
Le nœud de la pièce dans Odette, c'est la scène du mari et de la femme, se retrouvant après (luinze
ans.
Or, jusqu'ici, que l'on me permette celle imago bizarre; en supposant possible .le soumelliv Odette à l'opération d'affinage d'un (•ril)^-, qui, laissant passer toutes les scories inutiles, ne retiendrait que les personnages et les scènes qui constituent la pièce et formenl son sujet, voici ce (lui nous resterait :
1" Scène de Philippe (Rerton) et de Juiielle.
(31"« Lody) au lever du rideau du premier acte, à Nice. Laquelle scène est l'explication du sujet do la pièce. (Fiam. pages 36 et 37.)
2' Scène de l'entrée du comte de Clermont et de sa fille, qui raconte son enfance, et les soins maternels dont son p^re l'a entourée, et qui dit : « Merci maman. » {Fiam. pa^^Q SS ci passim.)
3" Entrée de l'amant d'Odette, venant faire un échange de tickets... (Fiam. page 28.)
4° Au second acte (troisième tableau), scène d'Odette et de Philippe. (Fiam. pages 74, 75, 76.)
En dehors de ces quatre scènes, unique trame de la fable, et qui toules quatre se retrouvent dans la Fiammina, il n'est point un seul des accessoires nombreux placés dans Odette qui puissent, de prés ou de loin, se rattacher à l'action.
C'est en vain que l'auteur invoquerait les différences de formes, ou la longueur do ses scènes. Que la scène du comte et d'Odette, qui constitue le nœud, à la fin du troisième acte, ait un plus grand développement que la mienne, elle est fondée sur la môme thèse, sur le même débat : la môme mère rejetant sa faute sur son mari, en l'accusant de l'avoir séparée de son enfant.
Daniel. — Je ne pouvais plus pardonner, il était trop tard.
La Fiammina. — L'épouse ne peut vous reprocher votre sévérité, je le sais, mais la mère?., la mère avait au moins le droit de voir son enfant.
Daniel. — Quand je vous revis, vous aviez perdu ce droit. Vous aviez d'autres liens, que mon fils ne devait pas connaître, par respect pour vous-même.
La Fiammina. — Oui, mais n'a-t-il pas appris à me maudire?
Daniel. — Non, j'ai voulu qu'il gardiU pur lo souvenir de sa mère. Il la croyait morte, puisqu'il ne l'avait jamais vue.