ACTE PREMIER
La scène se passe à Nice, quinze ans après.
Comme il faut reprendre à nouveau la situation des héros de ce drame, Philippe (Berton) témoin de la scène du prologue, et nouvellement marié, raconte à sa jeune femme, ravie de leur voyage de noce, les événements déjà connus, qu'il résume dans une exposition si lucide et si complète que, pour les théâtres de province qui joueraient la pièce le même jour que Monte-Ci isto, le prologue d'Odette (comme l'a fort bien fait remarquer AVeiss), peut être carrément supprimé, sans que la trame lumineuse de l'intrigue y perde un atome de sa clarté. Berton Philippe révèle à M'i^ody la terrible explication qui a foudroyé le général, hélas ! mort pendant l'cnlr'acte. « Le comte de Clcrmont s'est battu pour étouffer le scandale. Odette s'en est allée courir le monde...» Mais, par un hasard tout à fait imprévu, elle se trouve eu ce moment à îSice ; ainsi qu'on l'apprend de Béchamel Dieudonné, qui vient agrémenter le récit par ses racontars de blasé, sur ce si\join' de poitrinaires, ses villas de carton, ses palmiers de fer-blanc...
UN DOSSIKK
Arrive alors le comte de Clermont avec sa fille. Bérengère... qui, tout d'une haleine, explique en entrant le caractère de son père et le sien, par la touchante liistoire de son enfance... Resté seul avec ces amis, qui savent tous ses malheurs, le comte s'épanche. — Scène des trois hommes, sur la question sociale : Les inconvénients de la séparation.
Il interroge, et les amis lui apprennent aimablement : qu'Odette fait les beaux, soirs des tripots avec uu mauvais sujet, véritable chevalier d'industrie ; lequel, du reste, par un coup de théâtre absolument le même que l'entrée de lord Dudley, (page 28 de lu Fiammina) survient, devant le père et la fille qu'il ne connaît pas, pour demander à Berton un échange de tickets des fenêtres louées pour les curiandoU. — Sur cet effet de scène, le comte, Berton et Dieudonné décident qu'ils iront en calèche. . . Le rideau tombe.
Quels que soient la grâce des toilettes, les mots heureux sur Nice, son carnaval, le pittoresque des dominos lilas, et toutes les habiletés de l'émuicnt auteur de ce tableau charmant, à ce moment de la pièce, il ne ressort que ce seul fait: à savoir que, au point de vue du sujet, le prologue et cet acte aboutissent à cette simple exposition :
« Le comte et la comtesse de Clermont sont sépa-
LA FI A M. MIN A Co.NTKK (tDKTTi; tU
rés depuis quinze ans. Ils se trouvent à Nice. Ils vont se rencontrer. »
Que les dominos soient roses, ou qu'ils soient supprimés, que le carnaval et les cvriandoli soient remplaces par une promenade en bateau, avec coslumes marins pour les dames, que les scènes soient transposées au hasard dans un ordre inverse, ce qui lient à la pièce, à l'action, se compose uniquement de deux scènes, plaquées dans les trompcl'œil, qui reproduisent identiqiiement l'exposition et la situation du premier acte de la Fiammina.
EXPOSITION nr PREMIER ACTE DE
LA FIAMMINA Daniel Lambert a élevé son fils, qu'il adore, en lui laissant croire que sa mère était morte. Henri retrace le souvenir des tendresses dont son père a entouré son berceau...
ce qu'il résume en l'appelant : « Ma mère. »
Henri aime la fille de leur ami Duchàtcau; mais l'arrivée de la Fiammina dcvicntun obstacle à l'aecomplissemcnt d'un mariage projeté.