‹ La fiammina contre Odette, un dossierChapitre 7 sur 18 · PROLOGUE D'ODETTE · texte numérisé non relu

PROLOGUE D'ODETTE

« Odetlc rentre de l'Opéra, suivie, comme il est d'usage dans le monde, lorsqu'un mari est absent, de

quelques messieurs qu'elle ramène, à cette seule fin : de renvoyer, ostensiblement devant eux, son amant, qui va revenir par la porte secrète, à l'aide d'une clé du jardin. Tout nalurelloment elle se retire, laissant ces messieurs tout seuls dans son salon, et l'on apprend, par leur causerie, qu'Odette est, et a toujours été (ce qui se voit) une personne fort légère, que le comte de Clermont a commis la faute d'épouser, malgré son frère le général. Là-dessus, désertant par hasard la bâtisse de son château, pour faire une heureuse surprise à sa femme, le comte survient avec son frère. Il ne paraît nullement étonné, du reste, de trouver deux messieurs solitaires, devisant chez lui à deux heures du matin. Son frère, le rude et austère général, n'en est pas plus interloqué... Pendant un échange des nouvelles du jour, à l'arrivée du maître, comme dans toute maison économe et bien tenue, malgré la présence des invités, les valets ont éteint les lumières... et ces messieurs dialoguent à peu près dans la nuit, lorsque tout â coup, un grattement se fait entendre dci-rière la porte secrète... C'est l'amant qui entre, naturellement sans voir personne.. . Le mari lui saute à la gorge. . . — C'est bien ! à vos ordres, Monsieur !

» L'amant déconcerté s'en retourne par le jardin, puisqu'il en a la clé.

» Le comte, que n'embarrassent nullement des étrangers, dans l'arrangement de cette petite affaire de ménage, appelle la gouvernante, qui, malgré l'heure avancée, se trouve toute prête à déméuagcr son élève endormie, qu'on la voit transporter à l'instant chez le général. M. de Clermont se dirige alors vers la chambre à coucher de sa femme. . . Odette, qui avait, paraît-il, tout à fait oublié ses hôtes, entendant enfin quelque bruit, ouvre justement sa porte; mais comme, par malheur, la rampe baissée fait la nuit, elle se jette étourdiment dans les bras de son mari... avec des paroles d'amour qu'elle croit adresser à son amant... Scène... Parade, le rude général, à cheval sur l'honneur, tombe sur un fauteuil... Le rideau tombe aussi. »

En ce clair résumé que je recueille, [en partie, chez un de nos critiques, il ne m'appartient pas de consigner les inconséquences d'Odette, qui « du matin jusqu'au soir, ou même plus tard encore, pouvant aller chez son amant ; sans danger, sans, témoins, sans courir aucun risque d'être trahie par ses gens ; préfère s'exposer, dans son hôtel môme, à une do ces fâcheuses surprises, sous le toit conjugal, que certains retours subits... »

Ce (ju'il importe de relever de cette aventure, c'est que, comme élément de pièce, ce prologue

veut dire que le comte et la comtesse de Clermoiit se sont séparés.

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