ACTE DEUXIEME
L'an se passe...
« Attendez jusqu'au printemps ».
Du printemps voici la veille :
La réponse... Frée l'attend...
GUDULE, ceignant son tablier et d'un ton larmoyant, à Kerlîn .
Dans la tempête, hélas, mon Dieu !
Avec Arry sombra la barque aussi, Notre seul bien !
Depuis, pour nous, c'est la misère...
Songe à tout cela !
WULFF, étant ses souliers et chaussant ses bottes de pêche.
J'ai pris la mer sur un bateau
Que j'ai loué à Frée.
La chance ne m'a point souri.
Bientôt l'hiver fut là,
Et puis... mauvaise mer.
Je dois trois mois et plus à Frée...
Il sort pour un instant par la droite. OU DU LE, coiffant le bonnet à larges ailes du littoral flamand.
Bénissons Frée !
S'il a perdu sa barque, Il répondit pour nous.
"VY'ulff rentre avec un grand panier rempli de Blets et de cordages. Gudule l'aide à charger le panier sur son dos et lui passe les sangles aux épaules.
GUDULE, mettant sa mante à gros capuchon.
Je vais, chez Marianne, emprunter quelque chose. Ah ! mon Dieu, C'est la fin de tout !
WULFF, à Kerlîn'.
S'il vient, dis oui, Deviens sa femme :
Tu nous sauves... sinon, quoi ?
Qu'un mien parent Me donne une barque, Ce don ne me fait pas courber la tê.te... Mais pas d'aumône à Peter Wulff !
G U D U L E , avec aigreur.
Il a raison. Finissons-en !
Assez tergiversé !
WULFF, affable.
Enfant, réfléchis bien ; Écoute la raison.
Il sort, précédé de Gudule.