‹ La fiancée de la mer, drame lyrique en trois actesChapitre 40 sur 62 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

WULFF.

Simple propos d'enfant !

Quand nous n'y serons plus, morbleu !

Le mort prendra-t-il soin de toi?

GUDULE

Frée est un brave et bon jeune homme... Honnête, tranquille et doux. Consens :

Ton père a son bateau.

Nous sommes tous sauvés !

Plus d'une d'un tel mari Serait heureuse et fière...

KERLIN , avec obstination.

Arry eut mon serment î

WULFF, en colère.

Toujours le vieux refrain !

Morbleu î Brisons là !

Est-ce là ton dernier mot?

kerlîn'.

Je tiendrai le serment Juré devant la Vierge !

GUDULE

La Vierge ne peut permettre Qu'on tienne un tel serment !

kerlîn'.

Tous deux l'avons juré...

WULFF, au paroxysme de la colère.

Est-ce là ton dernier mot?

GUDULE, effrayée.

Wulff!...

kerlîn'.

« Fidèles jusqu'en Ja mort ! »

WULFF, hors de lui.

Consens, ou gare à toi !

Consens, te dis-je !..

GUDULE

Wulff !

KERLIN , pleine de sentiment-

Je voudrais obéir...

Mon cœur ne le peut pas...

WULFF, la saisissant rudement

Tu ne veux pas? Tu ne veux pas?

Il la secoue.

Tu ne veux pas ? Malheur à toi

Il la jette brutalement sur le sol. — Il lève le pied comme pour en porter un coup î sa fille, mais Gudule le tire en arrière et le saisit à bras-le-corps.

GUDULE

Wulff! Wulff! Non! Non!

Wulff se tord, les bras et ferme les poings. Kerlin' se relève, s'approche de son père, dont la rage se calme peu à peu.

KERLIN , les mains jointes.

Mon père!... o mon père!...

Je voudrais... c'est impossible!

Elle se laisse tomber en sanglotant sur une chaise. GUDULE, larmoyant.

Ah ! fille, c'est mal !

Que pouvons-nous attendre encor ?

"Wulff se calme de plus en plus; il se -passe la main sur le front.

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