ACTE DEUXIEME
WULFF.
Simple propos d'enfant !
Quand nous n'y serons plus, morbleu !
Le mort prendra-t-il soin de toi?
GUDULE
Frée est un brave et bon jeune homme... Honnête, tranquille et doux. Consens :
Ton père a son bateau.
Nous sommes tous sauvés !
Plus d'une d'un tel mari Serait heureuse et fière...
KERLIN , avec obstination.
Arry eut mon serment î
WULFF, en colère.
Toujours le vieux refrain !
Morbleu î Brisons là !
Est-ce là ton dernier mot?
kerlîn'.
Je tiendrai le serment Juré devant la Vierge !
GUDULE
La Vierge ne peut permettre Qu'on tienne un tel serment !
kerlîn'.
Tous deux l'avons juré...
WULFF, au paroxysme de la colère.
Est-ce là ton dernier mot?
GUDULE, effrayée.
Wulff!...
kerlîn'.
« Fidèles jusqu'en Ja mort ! »
WULFF, hors de lui.
Consens, ou gare à toi !
Consens, te dis-je !..
GUDULE
Wulff !
KERLIN , pleine de sentiment-
Je voudrais obéir...
Mon cœur ne le peut pas...
WULFF, la saisissant rudement
Tu ne veux pas? Tu ne veux pas?
Il la secoue.
Tu ne veux pas ? Malheur à toi
Il la jette brutalement sur le sol. — Il lève le pied comme pour en porter un coup î sa fille, mais Gudule le tire en arrière et le saisit à bras-le-corps.
GUDULE
Wulff! Wulff! Non! Non!
Wulff se tord, les bras et ferme les poings. Kerlin' se relève, s'approche de son père, dont la rage se calme peu à peu.
KERLIN , les mains jointes.
Mon père!... o mon père!...
Je voudrais... c'est impossible!
Elle se laisse tomber en sanglotant sur une chaise. GUDULE, larmoyant.
Ah ! fille, c'est mal !
Que pouvons-nous attendre encor ?
"Wulff se calme de plus en plus; il se -passe la main sur le front.