‹ La fiancée. L'officier de FortuneChapitre 17 sur 96 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Qaand le cor, aux chasseurs annonçant le signal, Fait aux iiôles des bois entendre un son fatal. Quiconque est animé du feu de la jeunesse Sent tressaillir son cœur, s'arrache à la ninllessc. Se livre avec transport au plus noble plaisir. JoANNA Baillie. Elltwald, acte I, scène i.

rj^V^pjtri NE nourriture légère procure , dit-on , un léger sommeil j '^Ir^^^rl ^' ^^"^ ^^^^ rappelons le repas que la conscience de '^'''"M'^ili' i Cl^'fil^ ? ou plutôt la nécessité , qui emprunte souvent ce ]u:^^^^^'§ nom pour se déguiser, avait destiné aux habitants de •-s '/■'=" f r' Volfcrag , nous ne serons pas surpris de voir Bucklaw déjà levé et habillé dès la pointe du jour.

— Debout! debout! s'écria-t-il en se précipitant dans la chamt)re fie son hôte , et en poussant des cris qui auraient pu réveiller les morts ; levez-vous, levez-vous vite, au nom du ciel! les chasseurs sont dans la plaine; c'est la seule partie de chasse que j'aie aperçue depni»^ un [nois... Allons, allons, vous ne devez pas regretter beaucoup un Ut

qui n'a d'autre mérite que d'être un peu plus doux que la pierre du caveau de vos ancêtres.

— J'aurais été charmé, monsieur Bucklaw, dit Ravenswood en levant la tête d'un air d'humeur, que vous eussiez remis à un autre moment vos plaisanteries; il n'est pas très-agréable de perdre un instant de sommeil que je commençais à peine à goûter, après une nuit consacrée à réfléchir sur ma cruelle position.

— Bah! bah! reprit son hôte, allons, levez-vous; j'ai sellé moimême nos chevaux ; car le vieux Caleb s'époumonait à appeler des palefreniers et des laquais ; et avant de pouvoir obtenir de lui le moindre service, il m'eût fallu avaler pendant deux heures des excuses interminables sur l'absence d'hommes qui n'ont jamais existé... Allons, je vous répète que les meutes sont lancées; la chasse commence !

Et Bucklaw disparut comme un éclair.

— Et je vous répète aussi que rien ne peut m'être plus indifférent. Quel est donc le seigneur qui vient chasser si près de la tour?

— C'est l'honorable lord Littlebrain*, répondit Caleb, qui avait suivi Bucklaw dans la chambre de son maître; et je voudrais bien savoir à quel titre il se permet de venir chasser sur les terres et dans les propres domaines de Votre Seigneurie !

— A quel titre, Caleb? Oh ! par une raison toute simple ; c'est qu'il a acheté les terres et les domaines, et qu'il se croit autorisé à exercer des droits qui lui ont été vendus, et à chasser sur des propriétés qui maintenant sont les siennes.

— Cela se peut, Milord; mais je n'en dirai pas moins que ce n'est pas agir en gentilhomme et en brave et digne seigneur, que de venir exercer ici de pareils droits, lorsque Votre Seigneurie est dans son château de Volfcrag. Lord Littlebrain ferait bien de se rappeler ce que ses ancêtres étaient autrefois.

— Et nous ce que nous sommes aujourd'hui, dit son maître en s'efforçant, mais en vain , de sourire. Mais donnez-moi mon manteau, mon cher Caleb, je vais contenter Bucklaw, et voir avec lui cette chasse. II y aurait par trop d'égoïsme à sacrifier le plaisir de mon hôte à mon inclination.

— Sacrifier! répéta Caleb, indigné que son maître dérogeât à sa dignité au point de faire le moindre sacrifice par égard pour qui que ce fût; sacrifier, en effet!.... Mais pardon, quel habillement vous plaît-il de porter aujourd'hui?

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