‹ La Fièvre Récurrente Hispano-Africaine: À Spirochaeta HispanicumChapitre 7 sur 21 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les fièvres récurrentes, caractérisées par lalternance d’accès fébriles et de périodes apyrétiques, reconnaissent pour agent pathogène un Spirochète normalement transmis à l’homme par un Arthropode.

La nature de cet Arthropode vecteur a servi de base à une première classification comme en témoignent les dénominations de fièvres récurrentes à Poux et fièvres récurrentes à Tiques. Le Pou, dont l’existence est signalée sur toute la surface du globe, devait naturellement avoir une zone d'influence beaucoup plus étendue que celle des Tiques dont les différentes espèces semblent liées à une région assez bien délimitée. Aussi, la classification primitive s’est-elle modifiée : la fièvre récurrente à Poux est devenue la récurrente mondiale ou cosmopolite; les infections qui reconnaissent les Tiques comme hôte intermédiaire, se sont démembrées et, selon l’habitat de l’Ornithodore incriminé, on a parlé de fièvre récurrente africaine, asiatique, espagnole, russe, du Turkestan, d'Amérique du Sud, etc.

Actuellement, sans vouloir diminuer en rien la valeur des dénominations précédentes, on a plutôt tendance à faire intervenir le nom de l’agent pathogène en cause. En effet, la répartition géographique des Tiques ne s’est pas révélée aussi stricte qu’on Pavait tout d’abord supposé et la coexistence de deux espèces différentes en un même endroit n’est pas une rareté ; aussi, est-il plus exact et plus scientifique d'utiliser les termes : fièvre récurrente à Spirochæta recurrentis d'Obermeter, fièvre récurrente à Spirochæta duttoni, venezuelensis, normandi, sogdianum, hispanicum, etc...

La fièvre récurrente à Spirochæta hispanicum est d'apparition encore récente ; cependant, tout médecin appelé à exercer dans notre empire nord-africain, non seulement, ne doit plus en ignorer l’existence, mais encore doit être suffisamment éclairé pour y acheminer son diagnostic le cas échéant.

L’afflux des réfugiés espagnols, la fréquence et la facilité des communications entre la France et l'Afrique du Nord ne semblent pas mettre la métropole à la merci d’une épidémie. S'il est vrai que lOrnithodorus erraticus ne fait pas partie de notre faune, il n’en reste pas moins que la Tique du chien

- Rhipicephalus sanguineus — fréquemment rencontrée dans la région méridionale et même le bassin parisien, peut à l’occasion servir d'hôte intermédiaire. Mais son rôle est absolument accessoire et l’éventualité d’une propagation en France de récurrente hispano-africaine ne mérite pas, jusqu’à preuve du contraire, d’être retenue.

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Mais, en Afrique du Nord, toutes les fièvres récurrentes ne sont pas dues au Spirochæta hispanicum : l’endémicité de la récurrente cosmopolite y a été longtemps signalée, et là, comme partout ailleurs, il a été curieux d’en constater la disparition progressive depuis une dizaine d’années. De plus, en 1937, M. Balthazard a fait connaître l’existence dans le Sud Marocain d’une troisième récurrente dont le Spirochète s’est montré doué des mêmes propriétés biologiques que le Spirochæta duttoni.

Trois fièvres récurrentes existent donc actuellement en Afrique du Nord, et un diagnostic ne sera exact que dans la mesure où il pourra préciser dans quelle catégorie il convient de ranger le cas observé.

Pour ce qui concerne la récurrente hispano-africaine, nous rappellerons par quelles étapes sont passés les épidémiologistes avant d’établir l’existence de cette affection, nous rechercherons les propriétés morphologiques et biologiques du Spirochète causal, les caractéristiques de l’Ornithodore vecteur et les réservoirs du virus dans la nature. Nous esquisserons ensuite le tableau clinique réalisé par cette nouvelle spirochétose sanguine, nous étudierons les complications susceptibles d’en modifier l’évolution et en terminant, nous envisagerons les mesures prophylactiques et les moyens thérapeutiques susceptibles d’être mis en œuvre pour juguler les progrès d’une épidémie

menaçante.

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