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Au cours des multiples manipulations de laboratoire, on s’est vite aperçu que la virulence du parasite s’exaltait vis-à-vis d’un animal donné quand les souches étaient conservées uniquement sur cet animal; par contre, cette virulence s’atténuait fortement vis-à-vis de l’homme. Le même phénomène s’observe également pour les cultures repiquées à de longs intervalles. Pour rendre à ces souches leur virulence primitive envers l’homme, il suffit d'effectuer un passage par les hôtes intermédiaires ordinaires. Ce fait n’est d’ailleurs pas spécial à Spirochaeta hispanicum.
Enfin, débordant le cadre de l’expérimentation, le Spirochète hispano-africain est entré dans le domaine de l'utilisation thérapeutique. Devant les inconvénients et les difficultés de la malariathérapie, de la récurrentothérapie à l’aide des Spirochètes des récurrentes mondiale, africaine ou américaine, divers psychiatres n’ont pas hésité à inoculer à leurs malades l’agent causal de la récurrente hispano-africaine. Talice estime que les premiers résultats obtenus à Montévideo dans le traitement de la paralysie générale, du tabès et de la démence précoce apportent déjà de précieux encouragements.
Avant de clore ce chapitre, signalons que les multiples tentatives, réalisées pour diviser le groupe Spirochaeta hispanicum en différentes espèces, se sont révélées absolument vaines. C’est, en effet, un fait général chez les Spirochètes de tendre à l’individualisation. Si l’on cherchait à les classer en espèces par les réactions d’agglutination ou d’immunité croisée, on obtiendrait autant d’espèces que d’échantillons étudiés.