QUELQUES CONSIDÉRATIONS SUR LES MOYENS PROPHYLACTIQUES
' Comme certaines contagions par excellence ont
pour cause prochaine ou pour contagient un être organisé parasitaire, ne serait-il pas permis de supposer que d'autres êtres organisés, d'une espèce donnée , sont aussi les agens des autres contagions? (M. Bouillaud, Bull, de l'Acacl. de méd.)
Le livre dont nous publions la traduction n'a pas besoin d'être recommandé au public médical. Son importance est depuis longtemps connue en France. Les extraits et les citations qui en ont été donnés, jusque dans ces derniers temps, n'ont fait qu'augmenter le désir d'en avoir le texte complet. 11 y a trois ans que mon ami le docteur Murchison a bien voulu me confier le soin de faire une édition française de son ouvrage. Je ne me pardonnerais pas de n'avoir pas répondu plus tôt à sa confiance, si le retard avait dépendu de ma volonté.
Les raisons qui en ont été la cause n'ont pas d'intérêt pour le lecteur. Aujourd'hui encore je regrette de ne lui offrir qu'une portion de l'œuvre de Murchison. Cette portion, il est vrai, est celle qui présente le plus d'intérêt aux Français. Le titre anglais porte : Traité des fièvres continues de la Grande-Bretagne , etcomprend les quatre espèces de fièvres qui sévissent habituelle- MuncinsoN. a
II Uli LA FIÈVltli TYPHOÏDE.
ment dans la patrie de l'auteur : le typhus, la fièvre relapse, la fièvre typhoïde et la fièvre continue simple, ou fièvre éphémère. Les deux premièresdeces affections ne sont que hien rarement et accidentellement observées chez nous; les monographies qui les concernent ne seront publiées que plus tard. Toutefois quand nous avons rencontré dans l'histoire de la fièvre typhoïde des allusions à quelques passages de ces monographies, nous avons eu soin de les reproduire. J'emploie ici le pluriel, je me demande si j'en ai le droit. Le travail de la traduction appartient exclusivement à mon jeune et excellent confrère. Aussi compétent dans la connaissance des langues que dans la science de la médecine, il a accompli cette tache, entreprise à ma sollicitation, de manière à conserver à ce beau livre les mérites qui font reconnaître l'auteur, en Angleterre, comme la plus haute autorité en matière de pyrétologie. C'est sir Thomas Watson, salué lui-même par tout le corps médical de son pays comme son plus noble représentant, qui fait ce glorieux compliment au docteur Murchison dont, toutefois, il ne partage pas complètement l'opinion en matière d'étiologie.
On peut bien avancer sans exagération, que jamais la ques^ tion des maladies virulentes et contagieuses, celle de la lièvre typhoïde en particulier, n'a, autant qu'aujourd'hui, occupé les esprits. Les prodigieux résultats obtenus par les investigations des savants de notre temps dans le champ des recherches étiologiques, deviennent eux-mêmes d'efficaces encouragements à de nouveaux travaux. Dans les grandes découvertes auxquelles on assiste, on veut trouver la promesse de découvertes plus grandes encore. Aussi voyons-nous les sociétés, comme les congrès scientifiques, mettre partout au premier rang de leur programme la recherche des causes de la fièvre typhoïde. Les recherches, en tant qu'antérieures à 1873, sont discutées dans le livre du docteur Murchison.
Depuis lors la science a poursuivi ses investigations. De nouvelles discussions ont été engagées sur la question, et je ne crois pas qu'il soit hors de propos de résumer ici les diverses expressions de l'opinion sur un sujet que nul autre ne surpasse en importance.
Ce n'est pas d'aujourd'hui que les observateurs des faits de