TO TAUX
Hôpital des dé-
Il ressort de ce tableau qu'une personne a contracté le typhus pour chaque groupe de 5 lyphiques admis dans les hôpitaux généraux, mais qu'un cas de contagion seulement a été observé pour 67 admis à l'hôpital des fiévreux; et qu'une personne est morte du typhus sur 14 admises dans les hôpitaux généraux, et seulement une sur 326 admises dans l'hôpital des fiévreux. Celte différence aurait été plus grande si les dispositions prises dans ce dernier établissement avaient été plus perfectionnées (Voir page 324). La question se résout d'elle-même. Étant donné un certain nombre de cas de typhus à traiter, où ce traitement pourrait-il être appliqué avec plus d'avantage pour les malades et moins de danger pour les médecins ou les gardes ? D'après ce qui a été établi, je crois juste d'en tirer cette conséquence : que, en adoptant l'isolement, pourvu qu'il y ait une ample ventilation, les malades peuvent être traités avec un égal avantage pour eux-mêmes, et avec beaucoup
moins de danger pour les médecins et les gardes, en proportion du nombre des cas traités. Que les médecins et les gardes courent un plus grand danger dans un hôpital spécial que dans les hôpitaux généraux, cela ne fait aucun doute ; mais ce danger est dû non pas nécessairement à la concentration du poison, mais à ce que les foyers de contagion sont plus nombreux. Si 2,000 pieds cubes d'espace sont alloués à chaque malade (1), et s'il y a une ventilation parfaite, il n'y a pas une plus grande concentration du poison dans un hôpital spécial pour la fièvre que dans des salles générales où il y a quelques cas de fièvre disséminés.
III. Les maladies pour lesquelles les malades sont admis dans les hôpitaux généraux les prédisposent à contracter le typhus s'ils sont exposés à la contagion, et à l'avoir d'une façon grave et même mortelle.
Dans l'épidémie de typhus qui eut lieu à l'hôpital Guy vers la fin de 1861, 7 malades contractèrent la maladie dans une salle et 5 en moururent. Parmi ceux-ci, deux qui avaient le diabète moururent le troisième jour de la fièvre, un troisième qui avait une maladie de l'épine dorsale mourut aussi le troisième jour, et les deux autres, le cinquième jour. En 1869, 4 malades qui avaient contracté le typhus à l'Hôpital de Londres furent transférés à l'Hôpital des fiévreux; 3 d'entre eux moururent : un qui avait souffert d'une maladie du foie et des reins, un second d'une néphrite aiguë, et un troisième d'hémiplégie. Beaucoup de faits analogues ont passé sous mes yeux, et du reste, les maladies des reins, dont souffrent une grande partie des malades admis dans les hôpitaux généraux, sont bien connues pour être une des plus formidables complications du typhus. Il me paraît inexcusable d'exposer les malades admis dans un hôpital général au danger possible de contracter une maladie aussi sérieuse que le typhus.
IV. La ventilation qui est universellement reconnue nécessaire pour empêcher le typhus de se propager dans une salle générale, est dangereuse pour les malades ayant d'autres maladies, telles que les néphrites, les rhumatismes aigus, les bronchites, etc. (2).
V. Dans un hôpital spécial ou dans des salles spéciales à la fièvre, il sera toujours possible d'obtenir des médecins et des employés protégés par une attaque antérieure de typhus, ou d'un âge auquel il est rarement mortel, ce qui serait impossible à trouver pour les hôpitaux généraux.
Quand cela est possible, aucune garde ne devrait être prise pour soignerleslyphiquessi elle a plus detrenteans (au-dessous de cet âge la mortalité est faible) ou si elle n'a pas passé elle-même par une
(1) C'est ce qui est alloué à chaque malade h l'Hôpital des fiévreux de Londres.
(2) Murcliison, 18G4.
attaque de la maladie. Si celte règle avait été généralement observée à l'hôpital des fiévreux, les résultats comparés à ceux des hôpitaux généraux auraient été encore plus favorables qu'ils ne l'ont été.
Mon expérience m'a conduit aux conclusions suivantes en ce qui concerne la distribution des fiévreux.
1. Les cas de fièvre typhoïde peuvent être distribués impunément dans les salles d'un hôpital général.
2. Les cas de typhus et de fièvre relapse ne devraient jamais être traités dans une salle avec d'autres malades ; même dans la proportion de un sur six, il y a danger de voir ces maladies se répandre.
3. Il n'y a aucune preuve que dans un hôpital spécial bien ventilé, la mortalité dans les fièvres continues soit plus grande que dans un hôpital général.
4. Selon la proportion du nombre de cas de typhus le danger de voir la maladie se répandre est beaucoup moins grand en isolant les malades qu'en les mélangeant.
5. Les hôpitaux spéciaux pour la fièvre sont absolument nécessaires dans toutes les grandes villes sujettes aux épidémies de typhus, et ils devraient être pourvus de rapides moyens d'extension en construisant des bâliments temporaires en bois ou en 1er pour le cas où une épidémie viendrait à éclater.
6. Dans tous les hôpitaux généraux, on devrait,, quand cela est possible, prendre des dispositions particulières pour le traitement des fièvres contagieuses. Autrement, beaucoup de maladies aiguës non contagieuses sont exclues en pratique. Mais les cas contagieux ne devraient pas être disséminés dans les salles générales ; ils devraient être isolés dans des salles séparées (1) ou mieux encore dans un bâtiment distinct.
7. Dans chaque hôpital pour la fièvre, le typhus, la fièvre relapse, la fièvre typhoïde et la scarlatine devraient être traités dans des salles séparées ; mais il n'y a aucune objection à faire pour traiter dans les mêmes salles que la fièvre typhoïde les nombreux cas de maladies aiguës non contagieuses envoyés constamment par erreur dans les hôpitaux deslinés spécialement au traitement des fièvres.
(I) L'expérience de l'hôpital des fiévreux de Londres a prouvé que si les cas de typhus ont été rigoureusement isolés dans des salles distinctes, la maladie s'est rarement étendue aux malades des autres salles ; au Bath United Hospital, 12 cas de typhus furent admis, en 18G4, en deux mois. Ils furent uniformém-mi placés dans des salles séparées des autres malades généraux, et il n'y a pas eu un seul exemple que la maladie se fût propayée parmi eux. (Med. Times and Gaz., 18G5, I. 291.) D'un autre côté, il no serait pas difficile de réunir des cas dans lesquels le typhus s'est propagé des salles spéciales dans un hôpital général; mais dans tous ceux que j'ai connus, l'isolement n'était pas complétât dans beaucoup il manquait d'espace ou de ventilation dan3 les sallos de fiévreux.