Autres désignations
Miliary Fever (Pringle et de Haen, 1760). .
Le terme typhoïde, communément appliqué à cette fièvre, est impropre à beaucoup d'égards. D'abord, il veut dire semblable au
(1) Beaucoup dès cas décrits par Cullen et ses successeurs, comme Enteritis erysipelatosa, étaient probablement des exemples de cette fièvre. (En voir la description par Alison, 1844 (n° 2), p. 323.)
typhus, et conséquemment il est en désaccord avec toutes les règles généralement adoptées dans la science pour la nomenclature des espèces. En second lieu, ce mot est constamment employé adjectivement pour désigner un groupe de symptômes qui peuvent apparaître dans le cours de toute maladie. Et, troisièmement, une grande partie des cas, désignés sous le nom de fièvre typhoïde, ne présentent aucun caractère typhoïde, c'est-à-dire semblable au typhus. Il s'ensuit que l'usage du terme typhoïde appliqué à une fièvre spécifique tend à créer une confusion ; et il est très-probable que ce nom a contribué à faire supposer que cette fièvre n'est qu'une variété du typhus. On peut également douter que les nombreux synonymes, par lesquels la maladie a été désignée, lui soient plus appropriés. Par exemple, je demanderais volontiers pourquoi l'on emploie un nom dérivant d'une lésion abdominale, quand la plupart de ces dénominations tendraient à faire revivre les doctrines de Broussais, aujourd'hui condamnées. Même le terme de fièvre entérique, adopté par le Collège médical de Londres dans sa nomenclature des maladies, est de nature à don- * ner l'impulsion erronée que cette fièvre résulte d'une lésion intestinale, ce qui, en pratique, entraînerait à des erreurs dans le diagnostic et le traitement. Les médecins refusent souvent de donner le nom de fièvre entérique à une affection dans laquelle, ainsi qu'il arrive souvent, on ne remarque aucun symptôme entérique, d'où il résulte que la lésion intestinale peut passer inaperçue jusqu'au moment où elle peut devenir inopinément une source de danger. C'est ce qui explique simplement cette circonstance que, dans les Rapports du Registrar-General, les décès sont chaque semaine attribuées à une fièvre simple continue (simple continued fever), maladie qui, dans l'espace de vingt-cinq années, n'a pas produit un seul cas de mort à l'hôpital des fiévreux de Londres. Ces considérations m'ont conduit à proposer le nom de fièure pyihogénique, dérivé de ce que j'ai essayé de démontrer comme étant la cause de la fièvre (toGoy^;, de ™Qw [ttuOo'^w, putresco] et yzwdtû) (1). L'accueil fait à ce nom m'engage à le conserver dans cet ouvrage (2).
(1) Voyez Murcliison, 1858 (3). Des objections se sont élevées sur l'étymologie (lu mot TtufloYevïK ; mais dans le Lexique grec de Scapula on trouve une série de mots analogues, comme: 'AUiyevrlç, e mari ortus; 'Açpoyevrl;, e spuma ortus ; nupiYev-ôç, ]9ni genilus. L'affixe anglaise ic, jointe à un adjectif, dénote simplement ce qui appartient à, ce qui est en relation avec, ou ce qui concerne.
(2) Cette désignation a été fréquemment accueillie avec faveur dans les rapports du Registrar-Generat, et a été adoptée dans les rapports de l'hôpital Wieden, à Vionne (Griesinger, 18G4, p. 145).
Ces raisons ne nous paraissent pas suffisantes pour faire proscrire le nom de