‹ La Fievre typhoideChapitre 41 sur 121 · QUARTIERS · texte numérisé non relu

QUARTIERS

POPULATION PAIl ACIIE.

TYPHUS et

FIÈYUB nBLAPSE.

FIÙVRIÎ

Ces tue.

Saint-Georges-in-the-East. . . .

Suburbains.

Ilackney

Quartiers excentriques

Paddington et Belgravia sont les deux quartiers les moins po-

(I) J. Harley, 18CG, p. 593; et Med. chir. trans., 1872, vol. LV, 103.

puleux de Londres ; ils sont en même temps habités par les classes les plus élevées de la société. Sur 12 cas de fièvre observés dans le quartier de Belgravia, 10 se rapportaient à la lièvre typhoïde, 1 au typhus, et 1 à la fièvre simple continue. Sur 29 cas observés à Paddington, il y avait 24 fièvres typhoïdes, 3 typhus et 1 fièvre simple continue. La preuve que la fièvre typhoïde domine dans chacun de ces quartiers est également fournie par les cas qui sont admis dans leurs hôpitaux respectifs. Des rapports publiés à l'hôpilal Saint-Georges (1), situé dans Belgravia, il ressort que, dans un epace de trois ans, sur 44 cas de lièvre ayant amené la mort, on a trouvé, à l'autopsie, que 29 présentaient l'ulcération des plaques de Peyer,et que, dans 5 seulement, les intestins étaient intacts.

Pendant cinq années (1833-7), sur 117 cas de fièvre admis à l'hôpital Sainte-Marie de la paroisse de Paddington, 75 appartenaient à la lièvre typhoïde, 38 à des febricula ou à des cas de nature douteuse, et seulement 4 au typhus; dans l'année 1856 on n'eut à admettre que 2 cas de typhus, bien que, dans la môme année, il y en eût 1062 cas d'admis à l'Hôpital des fiévreux de Londres.

Ce fait que la fièvre typhoïde est indépendante de l'agglomération a été un sujet d'observation générale. Pendant bien des années, la plupart des cas admis aux hôpitaux de Glasgow (2) et d'Édimbourg (3) provenaient de différentes campagnes voisines, et non des quartiers populeux de la ville dans lesquels se localisaient les cas de typhus. Bartlett observe qu'il n'y a pas de preuve évidente que l'agglomération prédispose à cette fièvre en Amérique (4); et en ce qui concerne Paris, Louis remarque : « Que le séjour dans les lieux bas et habités par un trop grand nombre de personnes, pendant la nuit, ne peut pas non plus figurer parmi les causes dont il s'agit (5). »

Mais quoique la fièvre typhoïde soit loin d'être limitée à des localités populeuses, une ventilation défectueuse peut favoriser l'action du poison, en empêchant sa diffusion etsa dilution, comme cela arriva à Festiniog, en 1863 (6).

10° BÉS1DENCE DE DATE RÉCENTE DANS UNE LOCALITÉ INFECTEE. —

(1) Voir Bril. and for. med. chir. ÏÏev., 1855 5G. Depuis 1861, de nombreux cas de typhus, provenant des quartiers populeux de Chelsea, ont été admis à l'hôpÈ tal Saint-Georges.

(2) Stewart, 1858.

(3) Reid, 18i2.

(4) Bartlett, 185G, p. 110.

(5) Louis, L841, vol. II, p. 35G.

(G) Buchanan, clans le Gc Rapport of med. Off.of Privy Council, I8G4, p. 787.

ÉTI0L0G1E. 49

vtit et Serres (l) et plus fard Andral (2), Louis (3) et Chomel (4), isistèrent fortement sur la récente résidence comme étant une uusc prédisposante à la fièvre typhoïde. Andral remarquait que

s étudiants en médecine étaient plus exposés à être atteints quelues semaines après leur arrivée à Paris. Sur 129 cas indiqués par ,ouis, dans son ouvrage, 73 malades ne résidaient pas a Paris epuis plus de dix mois, et 102 depuis moins de vingt. Sur 92 cas b lièvre typhoïde ohservés dans le service de Chomel àl'Hôtel-Dieu, i moitié n'avait résidé à Paris qu'un an ou moins. Plus récemi.ient, Trousseau a observé que « les étrangers qui viennent résider .Paris sont bientôt attaqués de cette fièvre. »

La durée de la résidence à Londres, pour tous les cas de fièvre yphoïde, admis à l'Hôpital des fiévreux pendant quatorze ans ■le 1848-61) et que l'on a notés, se divisait comme il suit :

Moins de 8 mois 122 ou G, 17 p. 100

— 6 mois 191 9,05 —

1 an 318 10,07 —

— 2 ans 432 21,8'. —

— 10 ans 771 38,98 -

Plus de 10 ans, mais non toute la vie 149 7,53 —

La vie entiùre 1,05S 53,49 —

Total 1,978 ou 100,00 —

Plus de 6 p. 100 des malades n'avaient pas résidé à Londres plus e trois mois avant la date de leur admission à l'hôpital. Cette rconstance ne s'explique pas de la même manière que dans le cas e la fièvre relapse. Il a déjà été noté que les malades nouvellement arrivés ne venaient pas d'Irlande. Presque tous venaient des rovinces de l'Angleterre, et étaient enbonne santé au moment de ur arrivée à Londres, et même quelques temps après. Beaucoup entre eux étaient domestiques dans des maisons particulières, e plus, les tableaux ci-dessus n'indiquent pas, dans toute son endue, l'influence du changement de résidence comme cause l 'édisposante de la fièvre typhoïde. Une grande partie des raades étaients atteints dans les quelques semaines qui suivaient | ur changement de résidence d'un quartier de Londres à l'aue. Beaucoup d'exemples de ce même fait ont passé sous mes

(1) Petit et Serres, 1813, p. 127.

(2) Andral, 1823, éd. 1834, vol. I, 484.

(3) Louis, 1811, vol. II, 357.

(4) Chomel, 1834.

MuncuisoN. 4

so

TRAITÉ DE LA FIÈVRIî TYPHOÏDE.

yeux dans ma clientèle, et j'ai vu plusieurs fois que des personnes venant successivement habiter la môme maison, à des intervalles de mois ou même d'années, étaient prises de la fièvre typhoïde ou de diarrhée peu de temps après leur arrivée, alors que celles qui l'habitaient toujours en étaient exemptes. Ces considérations indiquent que la fièvre typhoïde dépend de quelque cause locale à l'influence de laquelle on cesse d'être soumis en y étant sans cesse exposé; et, dans ce cas, la fièvre typhoïde ressemble à la dyssenterie, à la fièvre intermittente ou à d'autres fièvres miasmatiques.

Un grand nombre d'observations m'ont confirmé dans cette idée que le privilège dont jouissent les habitants permanents ne doit pas être attribué à une attaque antérieure de la maladie, comme l'ont dit Parkes et Maclagan.

•11° Genre du profession. — La première édition de cet ouvrage contenait un tableau indiquant les occupations de 5095 malades admis à L'Hôpital des fiévreux de Londres, dont 1457 étaient atteints de la lièvre typhoïde. Il n'est pas probable qu'aucune des profession spécifiées dans ces tableaux prédispose à la maladie, et c'est pour celte raison que nous ne les avons pas reproduits. On dôitcependant faire remarquer que près d'un tiers des malades étaient des domestiques femmes dont la plupart avaient été dans des situations assez confortables et qui tombaient malades peu de temps après leur changement de résidence. Plusieurs, qui indiquent en entrant la profession de journalier, avaient été employés dans les égouts publics peu de temps avant d'être atteints. Sur 64 vagabonds, 44 avaient le typhus, 12 la fièvre relapse, et 8 la febricula; mais aucun n'avait la fièvre typhoïde. Sur 247 colporteurs et musiciens des rues, 136 avaient le typhus, 54 la fièvre relapse et seulement 24 la fièvre typhoïde. D'un autre côté, sur45policemen, '30 avaient la lièvre typhoïde, 10 le typhus, et 5 la febricula; mais aucun la fièvre relapse.

12° Position sociale, misère. — La misère ne pré.dispose pas ?i la fièvre typhoïde. On pourrait même se demander si les personnes vivant dans de bonnes conditions n'y sont pas plus sujettes que les pauvres. Tandis que les épidémies du typhus et de la fièvre relapse commencent invariablement parmi les plus pauvres de la population et restent presque exclusivement confinées dans cette classe, il a été observé, dans presque toutes les épidémies de fièvre typhoïde, que les riches n'en sont pas exempts, et même, dans beaucoup de cas, la maladie a commencé dans les classes élevées. A Nottingham, en 1846, le docteur Sibson remarqua qu' « un grand nombre de

ÉÏIOLOGIE.

jeux qui furent attaqués étaient dans de bonnes positions (1) ; » à roydon, en 1852, on nous dit «que les victimes n'étaient pas parmi les pauvres, mais dans la bourgeoisie et les principaux négociants de la ville (2); » à "Windsor, en 1838, la fièvre fut circonscrite dans les classes supérieures et dans les moyennes. Les habitants plus pauvres et vivant dans la plus mauvaise partie de la trille furent en grande partie épargnés (3). En fait, la fièvre typhoïde est loin d'être une maladie inconnue dans les hautes classes m Angleterre, et môme les positions les plus élevées n'offrent aucune garantie contre elle. Depuis que la fièvre typhoïde est ap- 3arue à Édimbourg, on l'a rencontrée « chez des gens ayant une position aisée, et dans les meilleures maisons de la ville (4). » Des observations du même genre ont été faites en AmériqueparBartlett(5) ;t en France par Andral (6), Louis (7), Piedvache (8) et autres 'observateurs. L'évidence, sur ce point, est vraiment frappante. La îonnaissance du contraste qui existe à cet égard entre la fièvre typhoïde, le typhus et la fièvre relapse, est démontrée par l'ex- Dérience acquise à l'Hôpital des fiévreux. Les malades admis dans .-.et établissement peuvent être divisés en trois classes, savoir : .° les domestiques des souscripteurs (9), les agents de police et les naïades payants; 2° les malades libres, qui ne reçoivent auun secours delà paroisse. Ceci est une classe mélangée : quelquesuns ont été dans la misère, tandis que d'autres ont été clans une position aisée avant leur maladie; 3° les malades pour lesquels >ayent les paroisses, et dont un sixième environ ont été pensionnaires desztwA7<ot<ses( 10). Ces classes représentent trois degrés bien lislincts dans le genre de vie, et le tableau suivant montre la proiortion des diverses fièvres, dans chaque classe, pendant vingt-trois n s (1848-70).

! (I) Sibson, 1846.

! (2) Voir Croydon, ïïib., 1852.

I (3) Murchison, 1859 (n° 3). (4) Christison, 1863.

(b) BartJett, I85G, p. 1 10.

(G) Andral, 1823, éd. 1834, vol. I, 484. I (1) Louis, 1841, vol. H, 356.

I (8) Piedvache, 1850, p. 21.

I (!)) On sait que les hôpitaux anglais sont entretenus par des souscriptions publi- * ues et que les souscripteurs ont le privilège de faire admettre avec facilité les I alades auxquels ils s'intéressent particulièrement. (Trad.)

I (10) Le workhouse est une maison de charitéqui reçoit les indigents de chaque ■ iroisse. (Trad.)

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