‹ La Fievre typhoideChapitre 64 sur 121 · C. — MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX · texte numérisé non relu

C. — MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX

1. Méningite. — Comme dans le typhus, les symptômes cérébraux de la fièvre typhoïde sont indépendants de l'inflammation, mais la vraie méningite résulte parfois de la pyohémie, d'une ma-

(1) Stewart, 1857.

(2) Begbie, 1872.

(3) Begbie, 1872.

(4) Patry, 18G3.

(5) Gaz. hebdomad., 18G7, p. C51 ; Med. Times a?id Gnz., 18GG, II, 521; Verhandt. der Phys. Med. Gesellschaft in Wùrtzbourg, 18G8, I, 18.

COMPLICATIONS ET SUITES

ladie de l'oreille interne (Observation XXI), de tubercules, et dans des cas très-rares, elle existe indépendamment de ces causes. Des exemples de ce genre ont été rapportés par Griesinger (1), et Trousseau a cité un cas intéressant de fièvre typhoïde compliqué de méningite tuberculeuse (2).

Observation XXI. Fièvre typhoïde suivie d'une maladie de l'os temporal et d'attaques de méningite. — Anne W..., âgée de 16 ans, admise au, Middlesex hospital le 14 janvier 1867, le quatrième jour d'une attaque de fièvre typhoïde. Pendant l'attaque, il y eut des taches rosées caractéristiques, et une diarrhée considérable. La langue était sèche, rouge et unie, et la température était celle de la fièvre typhoïde. Dans la première période, la céphalalgie était d'une intensité inusitée, et il y eut ensuite beaucoup de délire et de stupeur, accompagnés de tremblements et de soubresauts, de .congestion pulmonaire et d'albuminurie. La convalescence commença le 28e jour, la température ayant été normale pendant toute cette journée. Pendant la convalescence, le moral resta faible.

Le 34e jour, il y eut un retour de pyrexie qui ne dura qu'un jour, mais qui fut suivi de douleurs et de surdité dans l'oreille gauche, symptômes qui cessèrent à la suite d'un écoulement purulent qui survint par l'oreille, le 39e jour.

Le 48e jour elle put se lever, et le 77e jour, le 28 mars, elle alla à l'hôpital des convalescents de Walton, l'otorrhée persistant.

Aussitôt son arrivée à Walton, elle commença à se plaindre de douleurs dans le côté gauche de la tête, douleurs qui devinrent très-pénibles le 7 avril et qui furent accompagnées de pyrexie, de douleurs aiguës de l'oreille et de vomissements.

Le 11 avril, elle fut admise de nouveau au Middlesex hospital, présentant ces mêmes symptômes, qui diminuèrent le 13 avril à la suite d'un copieux écoulement de pus fétide par l'oreille.

Le 24 avril elle eut encore des frissons, de la céphalalgie et des vomissements, quoique l'otorrhée continuât à être très-intense.

Le 1er mai, on nota un gonflement considérable sur l'apophyse mastoïde gauche. On y pratiqua une incision qui alla jusqu'à l'os.

Le 11 juin, elle quittait de nouveau l'hôpital; l'écoulement de l'oreille persistait, et la plaie de l'apophyse mastoïde n'était pas cicatrisée, et communiquait avec l'os. Quinze jours après, les symptômes cérébraux reparurent, et plusieurs petits fragments osseux sortirent du sinus mastoïdien. Elle revint à l'hôpital du 10 au 30 juillet, et pendant l'automne et l'hiver suivants, elle eut de fréquents maux de tête et des vomissements.

Le 7 mars 1868, elle fut admise pour la quatrième fois à l'hôpital avec

(1) Griesinger, 18(54, p. 224.

(2) Union médicale, G août 185!).

les mêmes symptômes, auxquels vinrent s'ajouter des soubresauts des extrémités et la perte de connaissance.

Elle quitta l'hôpital le 29 mars, et alla bien pendant près d'une année, mais en février 1869 elle eut une autre attaque qui débuta par de la céphalalgie et des vomissements.

Elle se présenta pour la dernière fois le 1er juin 1869 ; elle était en I bonne santé et n'avait pas d'otorrhée, mais elle était complètement sourde du côté gauche. Les attaques étaient ordinairement précédées d'un arrêt dans l'écoulement de l'oreille, et les symptômes cérébraux cessaient quand l'écoulement recommençait. Le traitement qui a toujours réussi consistait en sangsues, vésicatoires, sétons derrière l'oreille, cataplasmes sur l'oreille ; fréquentes injections d'eau chaude ; purgatifs et iodure de potassium.

2. Imbécillité et manie. — Après des cas graves cl prolongés, on observe parfois un certain degré d'imbécillité pendant la convalescence. Le malade affecte des manières enfantines, manque de mémoire et est sujet aux hallucinations. Une petite fille, qui était dans mon service, croyait que la garde était sa tante; d'autres la prenaient pour leur sœur. Un autre pensait qu'il avait hérité d'une fortune avec laquelle il avait l'intention d'enrichir l'hôpital; un troisième devenait très-excité chaque soir, et désirait être conduit dans un hospice d'aliénés. Bartleft cite le cas d'un jeune homme qui, ayant d'abord un bon caractère, avait une grande propension à jurer à la suite d'une grave attaque de fièvre typhoïde (1). Dans plusieurs circonstances, j'ai vu des malades, après ■ ;ue la convalescence était complètement établie, être saisis subitement d'un délire maniaque violent sans aucune élévation de température. Des cas analogues ont été observés par Griesinger (2), H. Weber (3), Handfied Jones (4), Ogle (5), etc. Ces symptômes ne proviennent pas d'inflammalion, mais bien d'un état anémique ou atrophié du cerveau. En général, la manie cède bientôt à un traitement approprié; quant aux autres formes d'aliénation mentale, elles peuvent durer pendant des mois, mais je n'ai jamais rencontré aucun cas que l'on ne pût guérir.

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