DE LA FIÈVRE CONTINUE OU FÉBHICULE
3° De Vabsence de symptômes putrides ou typhoïdes. — Synochus imputris? (Galien); febris continua non putrida (Lemmius, 1563; Boerhaave, 1738; Quarin, 1781); synocha sine putredine (Sennertus, 16-14); senocha non putris (Bellini, 1732).
4° De sa durée. — Febres septimanaria (Platerius, 1656; Speng'el, 1814); epbemera plurium dierum (Sennertus, 1641; Juncker, 1736) ; synocha septirao die soluta (Hoffmann, 1700).
Febris ephemera (Rivière, 1623; Sennertus, 1641; Sauvages 1760; diary fever (Strother, 1728) ; Epbemera simplex; Boerbaavê, 1738); febris diara (Juncker, 1736; Linnœus, 1763) ; fièvre éphémère (Davasse, 1847); febricula (divers; Jenner, 1849) (pour la febricula de Manningham, voyez p. 423). Das entâgige fieber (auteurs allemands) ; efflmero (auteurs italiens) ; efemera (auteurs espagnols).
5° De ses causes. — Ephemera a frigore et Ephemera a calore (Sauvages, 1760); Sun fever (Scriven, 1867).
§ 3. Historique. — Étiologie. — La fièvre simple continue a été signalée par un grand nombre d'auteurs depuis. Hippocrate jusqu'à nos jours. C'est ainsi que Rivière décrit plusieurs variétés d'une lièvre simple qui se développe à la suite de causes non spécifiques. En parlant de l'une d'elles, la fièvre éphémère, il dit : «Ephemera plerumque generatur a causis externis : intra viginti quatuor horas plerumque solet terminari.» De celle-ci il distingue la fièvre synoque simple (synochus simplex) qui reconnaît les mêmes causes et présente les mêmes symptômes, mais dont la durée varie de quatre à sept jours. Sennertus établit également une distinction entre la fièvre éphémère et la fièvre éphémère plurium dierum. En Angleterre Strother a décrit une fièvre quotidienne (diary fever) qu'il distinguait de la fièvre à taches (spotlled fever) ou typhus et de la fièvre lente (slow fever) ou fièvre typhoïde. « La fièvre quotidienne, dit-il, résulte d'excès de boissons, d'une exposition au soleil ou d'un refroidissement; elle ne demande que des soins de peu d'importance et ne dure pas plus de trois ou quatre jours.»
Contrairement aux affections fébriles que nous avons décrites dans cet ouvrage, la fièvre simple continue est indépendante de tout poison spécifique et n'est par conséquent pas contagieuse. Ses causes ordinaires sont : l'exposition à une grande chaleur ou au froid, l'ivresse, les désordres gastriques, les troubles dans les foncions excrétoires et les fatigues mentales et physiques. Un grand nombre de cas désignés sous le nom de febricula ou de fièvre simple ne sont en réalité que des cas peu graves de typhus, de fièvre typhoïde, de fièvre relapse ou d'affection catarrbale accompagnée de symptômes fébriles.
TRAITÉ DE LA FIÈVRE TYPHOÏOJi.
Il arrive quelquefois que les poisons du lyphus ou de la fièvre typhoïde donnent naissance à des symptômes si bénins, si peu définis et d'une durée tellement courte qu'il est impossible de faire un diagnostic précis si d'autres cas plus accusés ne se sont pas rencontrés dans la môme maison ou à la même époque (Voy. p. 156). C'est ce qui fait que le terme de fièvre simple est devenu un refuge pour toutes les phlegmasiesd'un caractère incertain. Cette circonstance jointe à ce fait que la fièvre simple n'est caractérisée par aucune éruption ni lésion anatomique spéciale et qu'elle est rarement fatale dans nos contrées (à moins de complications exceptionnelles) a conduit quelques observateurs à douter de l'existence propre de la fièvre simple comme maladie distincte des autres fièvres que nous avons déjà décrites. C'est ainsi que le DrTiveedie, dans ses Lumleian lectures (1), exprime l'opinion que tous les cas de febricula n'étaient autre chose que des cas bénins de typhus ou de lièvre relapse, et qu'il n'était pas nécessaire de consacrer un terme spécial à leur dénomination. Mais, d'aprèsce que nous avons exposé, il est facile de voir que la reconnaissance des fièvres continues n'est pas une innovation, et j'ai pu me convaincre moi-môme que ces maladies, indépendantes de tout poison spécifique, se rencontraient parfois dans nos contrées et que, dans certaines parties du monde où le typhus et la fièvre relapse sont inconnus, la fièvre simple continue est une affection commune. Les observations que j'ai recueillies dans l'Inde m'ont prouvé que la fièvre commune continue, la fièvre ardente et la fièvre solaire (sun fever) des tropiques ne sont autre chose que des formes graves de la fébricule ou fièvre simple continue de nos pays. On trouvera d'autres preuves concernant l'existence de la fièvre simple continue dans l'excellente monographie de Davasse (2) qui, de même que Rivière et Sennertus, établit une distinction entre la fièvre éphémère et la fièvre synoque, distinction basée principalement sur la durée de la maladie. On en trouvera également dans les leçons de sir W. Jenner (3), de Lyons (4) et dans plusieus traités des maladies tropicales, particulièrement dans ceux de Morehead (5) et de sir Ranald Martin (6). La fièvre simple continue est une affection sporadique et ne se
(1) Leçons professées au Collège royal des médecins^de Londres à la suit» d'une fondation du Dr Lumly. (Note du traducteur.)
(•>) Davasse, 1847.
(3) Jenner, 1850, XXIII, 312, et 1S53, p. 117.
(4) Lyons, 18G1, p. 53.
(5) Clinicnl resenrehes on diseases in I/idia, 2e éd. 18G0, p. 1C2. (0) Influences of tropical climaks, 1856, p. 204.