OUTRE
Campagne toujours méfiants du progrès, préférant
continner à utiliser « les remèdes simples tels que le bois amer, l'alun, le gland, le suif et la graisse, ne
voulant faire usage d'aucun autre remède, s’imagi-
nant qu'on veut les égorger quand on parle de les saigner ».
La maladie de Brest apparaît en 1757, apportée par l’escadre du comte du Bois de la Motte. Les malades sont versés dans treize hôpitaux différents.
« Les malades sont pris de frissons entre les épaules, d’une douleur aiguë à l’orifice cardiaque et l’estomac, la langue devient sèche comme si on l’avait graissée sur des charbons ardents, d’une douleur insupportable de la tête, de vomissements de bile poracée, de toux convulsives, de douleurs aiguës aux jambes et
aux reins. Tous ceux qui sont secourus à temps, res-
sentent des soulagements des saignées aux bras et
aux pieds, de même que des effets des eaux de casse
avec la manne et le sel de Glauber et quelquefois
aiguisées de quelques grains de tartre stibié, le tout secondé d’une boisson légèrement aciduleuse, soit d'une décoction de tamaris, de gelée de groseille ou de limonade. Par l'ouverture des malades, on trouve des poumons gangrénés de même que l'estomac et les
intestins, un sang dissout et sans nulle consistance ;
à quelques-uns le velouté de l’estomac est détruit ».
Cette épidémie, terminée en février 1758, avait tué en trois mois 933 habitants de Brest, où elle s’apaise pour s'étendre dans la presqu'île de Crozon, décimant
MTS
les paroisses d’Argol, Crozon, Camaret, Roscanvel. Elle n'attaque que les pauvres gens, et plus les femmes que les hommes. La subdélégation du Faou est tou chée au début de mars, et l’on compte 73 morts et 100 malades à Plonévez-Porzay, 117 morts et 127 malades à Plomodiern. Le 26 juin, il y a 600 malades à Quimper, Pont-Croix et Pont-l’Abbé ne sont pas épargnés. “ |
Cette épidémie, reconnue depuis pour être de la fièvre typhoïde, maladie à laquelle Bretonneau donna
par la suite le nom de dothiénentérite, était appelée par
Monsieur de Courcelles, Médecin de la Marine Royale : « fièvre inflammatoire putride et venimeuse », et par le sieur Leclerc : « une fièvre putride bien caractérisée, toujours compliquée aux uns d’inflammation légère le plus souvent au bas- ventre, et aux autres compliquée de dysentérie ».
Après une brève réapparition aux environs de Quimper en 1761, la même fièvre se montre de nou-
veau en 1768, dans la région du Cap. En r97n elle
enlève 74 personnes dans la paroisse d'Elliant qui compte 1.800 habitants. En 1773, elle ae sur différents points de la région. |
A Poullan près de Pont- Croix, ciln ya presque pas de jours que le Saint-Sacrement ne sorte deux ou trois fois ». |
Après plusieurs années pendant lesquelles l’épidémie semble sommeiller, malgré quelques réveils
imprévus de sa violence, il arrive « qu’elle renouvelle
ses ravages et se répande avec fureur dans les cam-
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AT ES pagnes voisines» : c’est le cas de Kerlouan en 1775. Elle touche alors Kerlouan même où l’on compte 88 cas de maladie, 84 à Plouider, 65 à Plounéour- Trez, 83 à Plabennec, 86 à Lesneven, 114 à Guinévez, et « l’on regarde l'épidémie comme une suite de celle qui désola Brest en 1758.
En 1777, l'épidémie redevient plus meurtrière en Kerlouan et Guissény. De là, elle passe dans la paroisse de Guiquellau qui en avait été préservée jusqu’alors.
En 1776 à 1789, elle reparaît encore une fois à Kerlouan. En 1772, l’Intendant Dupleix écrit au sujet de Morlaix « les fièvres malignes et putrides qui circulent dans cette paroisse et qui y ont déjà fait des ravages viennent de se répandre dans les environs de Morlaix et ont enlevé beaucoup de gens dans la région de Ploujean, Plouigneau, Plourin et Plougonven. Comme la cause de ces maladies est toujours l'extrême misère ce n’est pas seulement avec des remèdes qu'on pourra les guérir. Il faudra y joindre les jus de viande qui en fortifiant les malades, donnent plus de facilité aux remèdes de produire leur effet ».
En 1776, la maladie atteint la paroisse de Kerlouan et l’année suivante celle de Lesneven où il y a 119 malades, tous des pauvres.
Une autre épidémie apparaît autour de Quimper dans les paroisses de Briec et Ergué-Gabéric « où une moitié des habitants se trouve sur le grabat » ; puis se répand dans la subdélégation de Concarneau, Un médecin de Tréguier, envoyé à cette époque à la