‹ La Fièvre Typhoïde Dans Le FinistèreChapitre 19 sur 45 · AE 2 ER · texte numérisé non relu

AE 2 ER

La situation des marins et pêcheurs de la côte n’est

pas plus enviable que celle des gens de l’intérieur. Les habitants, en effet, n’y vivent que des produits de leur pêche ; faute de bois, ils brûlent de la fiente de vache desséchée.

Les malheureux paysans habitués à leur misère ne savent se modérer lors des années d’abondance, et se gorgent de cidre et d’eau-de-vie, ce qui n’est pas fait . pour accroître leur résistance à la maladie ; et pendant de longues années de disette ils ne connaîtront plus que le pain d’orge, l’eau et pendant leur maladie même «ils font acheter en ville du pain blanc qui est presque toujours mal cuit et mal boulangé. Un tel remède rend souvent le mal incurable malgré les soins du médecin ». :

LES MALADIES AU XVIIIe SIÈCLE

D’après cette description que nous venons de faire il est aisé de comprendre pourquoi le Finistère a été si cruellement éprouvé au xvuire siècle.

Ce sont les familles les plus indigentes qui sont le plus souvent fra ppées. Les épidémies sont aussi nombreuses que cruelles. Elles apparaissent surtout dans la seconde moitié du siècle, et l’on ne compte guère avant cela que celle de 1741 qui débuta dans la région de Lesneven où elle causa 128 décès en quatre mois ; à Landerneau où elle fit 300 morts, à Plougastel 700, à Crozon 420 et à Pont-Croix 753. On y comptait en moyenne ro à 15 morts par jour. Cette épidémie s’est terminée en fin 1741, après avoir coûté à la Bretagne tout entière 80.000 habitants. Devant cette catastrophe le gouvernement s’émeut et tente d'aider les populations dé-

cimées. L’intendant invita les Seigneurs et les corps

de ville à intervenir auprès des plus indigents. Et sur

l'avis d’Helvétius, consulté sur les épidémies et les

moyens d'y parer, il fut envoyé aux subdélégués des instructions pour les chirurgiens de campagne et des médicaments gratuits. Pas plus que les instructions, les remèdes n’eurent de succès. Les gens de

Page 1