‹ La Fièvre Typhoïde Dans Le FinistèreChapitre 42 sur 45 · TES AE · texte numérisé non relu

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quépée arrivant à faire disparaître tout bacille d’Eberth d'une huître plongeant dans l’eau de mer et ceci d'autant plus vite que le renouvellement de l'eau se

fait plus fréquemment, Mosny rapproche ces consta-

tations bactériologiques et l'observation des cas de transmission ostréaire de la fièvre typhoïde, et insiste sur ce fait que « les risques de transmission sont directement proportionnels, sinon à la fraîcheur des huîtres ingérées, du moins à leur récente extraction des parcs d'origine ». On peut supposer, en effet, que « l’huître épure, puis absorbe l’eau contenue dans sa coquille » et l'on comprend ainsi que l'huître qui a séjourné dans des eaux contaminées, ne soit nuisible pour la santé des consommateurs que pendant les quelques jours qui suivent sa sortie des parcs.

En réalité, si tout se passe encore de cette façon, il ne faut pas oublier qu'actuellement les mesures prophylactiques vigoureuses, la surveillance des parcs, les procédés modernes d'épuration de leurs eaux, la réglementation de la vente des huîtres font que les risques de contamination de ces dernières par le bacille d'Eberth se trouvent sinon totalementsupprimés, du moins singulièrements réduits. |

Cependant, malgré toutes les précautions prises, tous les parcs ne sont pas encore à même d'assurer,

lors du retrait de la mer aux grandes marées, une arrivée d’eau de mer suffisante pour éviter la trop grande concentration de l’eau du parc en eau douce souvent souillée.

Mais, si les mesures strictes d'hygiène des parcs

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surveillés permettent de ne pas incriminer les huîtres dans la transmission de la fièvre typhoïde, il n’en est pas moins vrai que de tels parcs soumis à une surveillance sévère ne sont pas seuls en cause. Pour les parcs abandonnés, pour les huîtres vivant en dehors de toute enceinte, en rivières en particulier, et qu’il est permis de draguer en certaines périodes de l’année, pour celles qui y sont recueillies en dehors de ces dates autorisées et qui sont déposées en attendant la vente dans des parcs clandestins mal irrigués que la mer n atteint que lors des grandes marées, les faits tendant à montrer leur rôle dans l’étiologie de la fièvre typhoïde gardent toute leur valeur.

Il est de même pour les autres mollusques. Il serait vain en effet, de limiter à l’huître ces considérations. N'a-t-on pas cité des cas de fièvre typhoïde se développant à la faveur de la consommation de coquillages

tels que les patelles, les moules, les bigorneaux, les clovisses (tous vivant sur les côtes du Finistère) et dont la culture n’est nullement surveillée, ni la vente réglementée. |

Ces différents coquillages, tout commeles huîtres, souvent ramassés à l'embouchure des rivières, sont eux aussi soumis aux mêmes facteurs. À basse mer, lors des grandes marées, ils sont découverts en partie etnesont plus baignés que par l’eau douce des rivières ; c'est à ce moment qu'ils sont péchés alors qu'ils ont le plus de chance d’avoir été contaminés.

Que ces mollusques soient ramassés à l’'embouchure des rivières ou au fond des rades (là où l’on

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trouve les plus gros et dont la vente est la plus lucrative) voNà qui explique la répartition des gros points de fièvre thyphoïde sur la carte : les villes ou bourgs situés à la tête des rivières, ou sur ces rivières même où la mer fait sentirses marées, aux estuaires, au fond des rades, seront toujours des centres où l’on trou— vera la fièvre thyphoïde. Tels, Brest au fond d’une rade polluée, maisricheen coquilläges. où l’onnote, en 1939, : 20 cas en juin pour 3 en janvier ; Quimper qui reçoit les mollusques de l'embouchure même de l'Odet où 16 cas sont signalés en octobre 1941, 10 en novembre pour 2 en janvier ; Concarneau où les coquillages s’engraissent des débris de la ville où l’on note pour 1941, 2 cas en janvier, 17 en avril, en août : et g en novembre. | |

C’est bien souvent, parce qu’on mange des coquillages en toute saison (car, pour la plupart des gens, le danger des mollusques pendant les mois «sans R» s'applique exclusivement aux huîtres) que l’on voit

le nombre des cas de fièvre thyphoïde rester aussi

élevé et parfois plus, pendant les mois d’été ‘10e lors de la grande marée de Mars.

Les Services de la Santé du Finistère n’ont pas été à sans remarquer cette recrudescence des cas de fièvre typhoïde lors des grandes marées. M. le D: Tuset, médecin départemental de la Santé a d'ailleurs établi, il y a plusieurs années déjà, un calendrier nosologique

du Finistère, faisant ressortir en particulier cette

augmentation des cas de maladie au moment des grandes marées. Partant de ces faits, M. le Préfet

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du Finistère fait tenir lors des marées d’équinoxe la note que nous reproduisons ici :

« Le Préfet du Finistère : «A Messieurs les Maires du Département NEO (communes côtières).

€ A l’approchée de la grande marée d’équinoxe de mars, __ «je crois devoir attirer votre attention sur la surveillance

« de la pêche aux coquillages.

« Ceux-ci récoltés généralement à marée basse peuvent « être dangereux, surtout lorsqu'ils sont consommés crus, « selon l’endroit où ils sont recueillis; les eaux polluées « des ruisseaux où sont vidées des matières peuvent, en « effet, se trouver à leur contact du fait du retrait des « eaux.

« Il y aurait lieu, dans l'intérêt général de vos adminis- « très de leur signaler ce fait, à titre de mesure préventive « particulièrement importante dans notre département.

« Une recrudescence des cas de typhoïde est en effet « constatée chaque année au mois de mars et il est permis « de conclure qu’ils sont pour une bonne part imputables « aux coquillages recueillis dans des zones non salubres. »

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