‹ La fièvre typhoïdeChapitre 26 sur 29 · PROPHYLAXIE · texte numérisé non relu

PROPHYLAXIE

Une source pure perd d'autre pari toutes ses qualités si elleesl polluée à sou émergence par des infiltrations de fumiers, de fosses d'aisances, des irrigations malencontreuses, etc. ; el si la conduite qui la mène à l'agglomération el la distribue n'esl pas aBsolumenl étanche, et par conséquent défend mal l'eau contre les souillures dangereuses.

Une source est — qu'on nous permette l'expression — une saignée naturelle à une nappe souterraine : on comprend donc qu'une saignée artificielle, l'aile dans de bonnes conditions à une nappe pure, ait la même valeur que la source : un bon puits sur nappe profonde, un puits artésien encore, constituent donc d'excellents modes d'alimentation en eau potable, sous la réserve naturellement que les conditions ultérieures de conduite de cette eau au verre de l'habitant soient irréprochables.

Toutes les agglomérations ne peuvent disposer d'eau de source : il est des contrées peu favorisées où ce mode d'alimentation ne peut être utilisé, les sources manquant.

Force est alors d'utiliser une eau de qualité contestable ou même notoirement dangereuse ; c'est un pis-aller auquel on doit remédier dans les mesures du possible, en purifiant en grand cette eau polluée. Celle purification se fait soit mécaniquement sur des filtres à sable — c'est la méthode usitée dans des grandes villes comme Berlin, etc. — soit au moyen d'appareils de purification chimique, comme l'appareil Anderson, établi à Anvers et dont l'application doit être tentée pour l'eau de Seine desservant la banlieue de Paris, etc.

Bien d'autres solutions encore ont cours, ou ont été préconisées pour l'alimentation en eau d'agglomérations dépourvues de sources : telles les galeries filtrantes, les puits filtrants, etc.

Nous ne pouvons entrer dans les détails à ce sujet, ni discuter la valeur, d'ailleurs contestable, des eaux de ces provenances ; nous avons dû nous contenter d'esquisser les formules générales de la protection urbaine contre la fièvre typhoïde.

< '.. Protection des agglomérations restreintes. — Si nous sommes amenés à traiter à part la protection de ce groupe formé par les casernes, les établissements d'instruction, les prisons, les hôpitaux, etc., c'est qu'il existe des moyens de purification des eaux s'adressant spécialement à lui. Ici la filtration par les appareils <|ui peuvent servir à un ménage, à un individu isolé, ne suffi! pas : la quantité d'eau fournie serait trop restreinte : ici la pratique de l'eau bouillie est difficile à mettre en œuvre, étant donnée la quantité relativement considérable à fournil-. Mais nous disposons de deux moyens perfectionnés qui trouvent ici leur emploi : à savoir la Gltration en grand par batteries de filtres et les appareils stérilisateurs fournissant quotidiennement plusieurs centaines de litres d'une eau

portée sons pression à la température de ! 15 à 120B, c'est-à-dire absolument privée de tous ses germes, mais ayant, grâce à la pression, gardé la majeure partie de ses gaz.

Telles sont les lignes générales de la prophylaxie de la fièvre typhoïde. Elles se résumenl en deux termes qui doivent être gravés dans l'esprit de tout médecin : détruire le germe typhoïdique où qu'il puisse se rencontrer; n'ingérer que del'eaupure ou débarrassée de toul germe typhoïgône.

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